État civil: Koundara face à une grave crise d’extraits de naissance biométriques
BOKÉ – Dans la préfecture de Koundara, le service de l’état civil de la mairie est confronté à une rupture prolongée d’extraits de naissance biométriques. Malgré les démarches entreprises par les autorités locales, la situation perdure, privant de nombreux citoyens de leurs droits fondamentaux.
Au service de la biométrie, cela fait plus de deux mois que l’état civil manque de matériels indispensables à la délivrance des extraits de naissance, notamment les reçus de paiement bancaire. L’information a été confirmée par Ibrahima Bandja, officier délégué de l’état civil de la commune urbaine de Koundara.
« Depuis plus de deux mois, nous n’enrôlons plus. C’est très inquiétant, car la population vient demander des extraits de naissance biométriques, mais nous sommes en manque de matériel », a-t-il confié.
Selon ce responsable, les préoccupations ont été remontées aussi bien au superviseur de la biométrie qu’au ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD). Le maire de la commune est également intervenu, sans succès.

« Jusqu’à présent, nous n’avons toujours pas reçu les matériels nécessaires. Nous essayons de calmer et de sensibiliser la population, mais elle prend le mal en patience », a-t-il ajouté.
Pour Ibrahima Bandja, cette situation est d’autant plus préoccupante que le pays s’engage dans un vaste processus de numérisation et d’identification biométrique.
« Aujourd’hui, chacun veut disposer de ses documents d’état civil, même s’il n’est pas fonctionnaire. L’état civil est un service très stratégique qui contribue directement au développement du pays », a-t-il souligné.
Faute d’extraits de naissance, l’état civil de Koundara a momentanément suspendu l’enrôlement des nouveaux demandeurs. Le service se limite désormais à la restitution des dossiers déjà traités.

« Ceux dont les dossiers sont déjà prêts, nous les remettons. Mais pour le moment, nous avons arrêté l’enrôlement à cause du manque de matériel », a-t-il précisé.
Toutefois, rassure-t-il, l’enregistrement des nouvelles naissances dans les registres se poursuit normalement. Le manque d’extraits de naissance biométriques a des conséquences directes sur l’obtention de la carte nationale d’identité biométrique. Selon l’officier délégué, les délais s’allongent dangereusement.
« Certains citoyens attendent trois à six mois avant d’obtenir leur carte d’identité. Or, aujourd’hui, pour traverser les frontières vers la Guinée-Bissau ou le Sénégal, l’absence de pièce d’identité expose à de grandes difficultés et parfois à des tracasseries financières », a-t-il dénoncé.
Tout en saluant les efforts des autorités, notamment à travers les audiences foraines lancées en décembre 2024, Ibrahima Bandja lance un nouvel appel au gouvernement.
« Beaucoup d’efforts ont été faits, mais nous demandons encore l’appui des autorités pour que les matériels manquants soient rapidement mis à disposition, afin de satisfaire la population en matière d’extraits de naissance biométriques. »
Un cadre “fantôme” à l’état civil de Koundara
Outre la pénurie de documents, l’état civil de la commune urbaine de Koundara fait face à une autre difficulté : l’absence prolongée d’un cadre officiellement nommé, dont les avantages continuent pourtant d’être perçus en son nom.
Selon Ibrahima Bandja, deux officiers de l’état civil ont été nommés en décembre 2024 : un titulaire et un adjoint. Le titulaire, Ousmane Dalanda Diallo, ne se serait jamais présenté à Koundara.

« Depuis sa nomination, il n’est jamais venu. Il n’a même pas prêté serment. Pourtant, toutes les activités sont menées par moi et mon équipe. Mais quand il s’agit du paiement des primes, c’est son nom qui apparaît », déplore-t-il.
Il affirme avoir été privé de plusieurs primes, notamment lors des préparatifs électoraux et du référendum, faute de figurer sur les listes officielles.
« Nous demandons aux autorités compétentes de clarifier cette situation. C’est un cadre que nous n’avons jamais vu, dont nous n’avons même pas le contact », a-t-il conclu au micro d’Africaguinee.com.
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
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