Déguerpissement à Kindia : Le désarroi des riverains du camp Kémé Bouréma…

KINDIA- Dans le cadre de la récupération des domaines de l’Etat, le camp militaire Kémébouréma situé dans les quartiers Fissa école et Tafory dans la commune Urbaine de Kindia a été délimité par les autorités de la transition. Objectif, déguerpir les riverains du camp pour construire la clôture de cette caserne. Cette opération fait de nombreux mécontents dans la cité des agrumes.

Plusieurs riverains de ce camp militaire jadis délimité par le feu général Lansana Conté vivent dans un désarroi total. Ils dénoncent une action injuste de la part des autorités, qui selon eux, veulent les spolier de leur terre légalement acquise. Reportage.

C’est la semaine dernière que les habitants de certains secteurs de Tafory et de Fissa école ont été victimes du déguerpissement enclenché par le gouvernement de transition pour construire la clôture du camp de la deuxième région militaire de Kindia. Dans les secteurs poudrière, Bibane, Abattoir Pompiboungni, les occupants sont dans la désolation, la délimitation du camp, faite par le feu général Lansana Conté, n’est plus respecté, selon les habitants.

A date, plusieurs concessions sont concernées. Les occupants de ces lieux qui ont été déguerpies ne savent plus à quel saint se vouer. Ils tirent la sonnette d’alarme.

« Nous nous n’étions pas informés, nous avons juste vu les militaires en train de faire tomber des murs soi-disant qu’ils veulent clôturer le camp. Alors que pour nous, le camp a été clôturé depuis au temps du feu général Lansana Conté. A l’époque, il avait délimité le camp, mais cette fois-ci on a vu des gens qui sont en train de faire tomber les murs sans même nous informer », témoigne Bafodé Sylla, l’une des victimes.

Selon les victimes de ce déguerpissement, plus de neuf mille (9.000) habitants et trois mille concessions sont concernées par ces opérations de déguerpissement entamées par le CNRD, acronyme de la junte militaire au Pouvoir. Pourtant selon eux, c’est un domaine qui aurait été légué aux militaires par les autochtones de ces localités ciblées. Ils se sentent victimes de la générosité de leurs ancêtres.

« Ils (autorités) avaient tant parlé du problème de ce camp mais cette année la douleur que nous avons subie est inimaginable parce que nous avons vu les militaires venir agir dans la brutalité, en disant qu’ils veulent faire la clôture. Selon eux, tous ces domaines leur appartiennent et jusqu’à chez nous. Mais avant, les sages nous avaient expliqué l´histoire d´ici. On nous avait dit que le premier occupant d´ici était à Sambaya, mais là-bas, le diable qui y était n´était pas d´accord avec les militaires, certains militaires mouraient là-bas, donc c’est ainsi que les sages de Tafory ont pris cette partie et leur a remis pour que ça soit érigé en un camp militaire. Partout ils font les exercices pratiques ils ont pris les lieux comme leur appartenance », explique Seydouba Camara un habitant victime de la localité.

Désemparée, cette dame trouvée dans le foyer de son mari dit se remettre de la volonté divine. Elle lance tout de même un appel à l´endroit des autorités de la transition dirigées par le Colonel Mamadi Doumbouya.

« Nous nous en remettons à Dieu, c’est lui qui a donné cette partie à notre mari, il a construit et nous a laissé ici tout en nous disant : tu as le plein droit d´y rester jusqu’à la fin de ta vie. Mais si on nous dit de quitter et que mon mari est décédé, un ancien militaire aussi, il est parti à Madagascar, en Indochine en mer et repousser les corps pour pouvoir boire de l’eau et c´est cet argent qui lui a permis d’acheter ce domaine. Là-bas c´est le camp mais le reste, c’est le quartier et c´est grâce donc à ses missions au front qu’il a acheté ici. Il n´a pas acheté parce qu’il est militaire et resté à côté du camp parce que je suis militaire « non ». On ne lui a pas octroyé et il ne s’est pas endetté, il a acheté avec l’argent qu’il a eu à la sueur de son front. C’est pour cela nous nous nous confions au tout puissant Allah. L´appel que je peux lancer à l’endroit des autorités, nos yeux sont rivés sur l´État parce qu´on ne sait pas où aller », lance Safiatou Camara, veuve et habitante au secteur Bibane.

De son côté, Ibrahima Condé une des victimes de cette action du gouvernement tire aussi la sonnette d’alarme.  « L’annonce de la casse d’ici est tombée par surprise, on n’était même pas là. On nous a appelés, de venir voir ce qu´il faut, nous sommes venus, on a trouvé les militaires en grand nombre sur les lieux, ils ont montré la borne et ils ont dit qu’ils vont déguerpir cette partie. C’est ainsi qu’ils ont dévié sans prendre la borne ce que j´avais montré, ils ont dépassé leur borne. Sinon, dans les conditions normales, le camp se trouve derrière notre maison depuis au temps des colons », précise-t-il tout en rappelant que « nous nous sommes nés ici, on a trouvé ce camp, là, et nos parents disent que le camp est venu les trouver parce que leur papier c’est un papier français qu´il détenait mais comme c’est des militaires, ils sont venus directement déguerpir. Nous vivons dans un état critique parce qu’on n’a pas de maison, ni douche vraiment nous vivons dans les difficultés », se désole-t-il.

« Nous demandons aux autorités de nous aider à avoir où habiter, nous n´avions pas où aller, nous n´avons pas les moyens, nous demandons les autorités de Kindia et les personnes de bonne volonté de nous venir au secours sinon nous n´avons pas d´abri », a lancé cette autre victime dans le quartier Abattoir secteur pompiboungni.

Selon nos informations, le recensement des familles victimes a déjà débuté afin que celles-ci soient rétablies dans leur droit.

 

Chérif Keïta

Correspondant régional d’Africaguinee.com 

À Kindia

Créé le 12 juin 2023 19:48

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