Kérouané : Banakoro, entre diamant disparu et détresse agricole, les producteurs interpellent…

KÉROUANÉ- Située à plus de 45 kilomètres de la préfecture de Kérouané, et à près de 200 kilomètres de Kankan, chef-lieu de la région, la sous-préfecture de Banakoro est une localité autrefois connue pour l’exploitation minière, notamment le diamant. Aujourd’hui, cette commune rurale s’oriente principalement vers les activités agro-pastorales.

Cependant, sur le terrain, les agriculteurs font face à de nombreuses contraintes qui freinent le développement de leurs activités. Parmi les principales difficultés évoquées figurent l’enclavement des pistes rurales, l’insuffisance d’intrants agricoles ainsi que le manque d’équipements adaptés.

Pour Saran Diawa, agricultrice, les conditions de travail restent particulièrement difficiles. « Nous sommes des femmes et des hommes qui vivons essentiellement de l’agriculture ici à Banakoro, mais les conditions deviennent de plus en plus difficiles. Nous avons du matériel de travail pour l’agriculture, mais nous manquons également de routes.

Nous avons des intrants agricoles, mais tout ce que nous faisons, c’est avec le dos et la main. Nous ne bénéficions pas d’aide ici. Tout ce qui peut nous faciliter l’agriculture, nous n’en disposons pas », a-t-elle expliqué.

De son côté, Sidiki Kourouma met en avant la problématique de l’accès aux engrais et les effets des feux de brousse sur les cultures :

« La situation est vraiment préoccupante ici à Banakoro. Nous faisons face à un sérieux problème d’engrais et de matériel agricole. Chaque année, nous travaillons dans des difficultés, sans accompagnement suffisant. À cela s’ajoutent les feux de brousse qui détruisent nos plantations pendant la saison sèche. Malgré nos efforts, les rendements restent faibles. Nous déplorons ce manque d’appui et demandons aux autorités et aux structures agricoles de nous venir en aide rapidement afin de sauver nos cultures et améliorer nos conditions de travail », lance cet autre agriculteur.

Cette autre productrice plaide la clémence des autorités en ces termes : « Nous lançons un appel aux autorités et aux partenaires : nous avons besoin d’accompagnement, de matériel agricole, d’engrais et surtout de pistes rurales praticables. Sans cela, nos efforts risquent de ne pas porter les fruits attendus. Nous voulons travailler, mais il faut qu’on nous aide. »

Au-delà de ces témoignages, plusieurs autres producteurs rencontrés sur place ont également exprimé leurs préoccupations, notamment le manque d’encadrement technique, la faible mécanisation agricole et l’absence de solutions durables pour la protection des cultures.

Facély Sanoh

Correspondant régional d’Africaguinee.com

À Kankan

Créé le 12 avril 2026 13:16

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