Kaloum : immersion à Coronthie, deux ans après l’explosion du dépôt d’hydrocarbures
CONAKRY – Ce jeudi 18 décembre 2025, cela fait exactement deux ans depuis la violente explosion du dépôt d’hydrocarbures de Kaloum, un drame qui avait endeuillé plusieurs familles et causé d’importants dégâts matériels dans les quartiers environnants, notamment à Coronthie.
413,2 millions de dollars américains, c’est le bilan chiffré des pertes dues à cette catastrophe sans précédent. L’incendie du dépôt avait fait 24 morts, 454 blessés. 2.141 ménages avaient été affectés à Kaloum. Deux ans après, comment les familles vivent-elles? Entre espoir, résilence et attente, les sinistrés se relèvent peu à peu. Reportage.

Mercredi 17 décembre 2025, nous sommes à Coronthie, à la rencontre de sinistrés de cette tragédie. Dans ce quartier fortement touché par l’explosion, le souvenir du drame reste vivace. Toutefois, deux ans après, les populations tentent progressivement de se relever, grâce notamment à l’appui des autorités.
Hadja Fatoumata Barry, citoyenne de Coronthie, témoigne des difficultés traversées depuis l’explosion :« Le début a été très difficile pour nous. L’explosion nous a causé énormément de souffrances. Mais aujourd’hui, la situation commence à s’améliorer, surtout grâce à l’aide du gouvernement. Récemment encore, nous avons reçu de l’argent pour reconstruire nos maisons. Certaines familles ont déjà terminé, d’autres attendent la fin de la saison des pluies pour commencer. »

Malgré ces avancées, plusieurs défis demeurent. Selon elle, de nombreuses femmes n’ont pas encore pu reprendre leurs activités économiques, certaines personnes souffrent encore de maladies sans moyens pour se soigner, et des enfants confiés à des proches refusent de revenir, traumatisés par le drame.
« Il faut reconnaître que le gouvernement a fait beaucoup pour nous, mais il reste encore des choses à faire », ajoute-t-elle, tout en exprimant sa reconnaissance au président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya, et au Premier ministre Amadou Oury Bah.

Même son de cloche chez Fatoumata Diakité, sinistrée de Coronthie 1, qui souligne à la fois les efforts accomplis et les pertes humaines irréparables. « Nous avons perdu des proches et des amis lors de cette explosion. Que Dieu ait pitié de leurs âmes. Nos maisons ont été reconstruites, même si des retouches sont encore en cours », témoigne-t-elle.

Elle rappelle que chaque année, un sacrifice est organisé à la mémoire des disparus, avec l’appui des autorités, notamment du Premier ministre et de la Gouverneure de la ville de Conakry. Toutefois, elle appelle à une prise en charge complète de tous les sinistrés.

« Certains bénéficiaires, propriétaires comme locataires, ont reçu leur aide, mais d’autres attendent toujours. Nous avons également reçu des sacs de riz et d’autres vivres », explique-t-elle.
Pour Camara Morlaye, citoyen de Coronthie (secteur Momo Camara), l’amélioration de la situation est indéniable comparée à l’année précédente. Il note une nette évolution dans la reconstruction des habitations, rendue possible par les aides financières accordées par l’État.

Néanmoins, il souligne une répartition inégale des fonds, notamment l’octroi d’une première aide de 60 millions de francs guinéens à certaines concessions seulement. Il appelle les autorités à poursuivre leur accompagnement en faveur des ménages encore en attente.
De son côté, Soumah Karamoko Yaya, chef de secteur adjoint de Coronthie 1, se montre rassurant :« Aujourd’hui, la situation est globalement stable. La cohabitation avec les citoyens se passe bien, contrairement aux moments difficiles qui ont suivi l’explosion. »

Il exprime sa gratitude au Général Président Mamadi Doumbouya et au Premier ministre Amadou Oury Bah pour leur soutien constant aux sinistrés. « Les difficultés existent toujours, mais il n’y a pas de problèmes majeurs à signaler pour le moment », affrime-t-il.

Deux ans après le drame de Kaloum, Coronthie avance lentement mais sûrement vers la reconstruction. Si les efforts des autorités sont salués par les populations, les sinistrés appellent néanmoins à un accompagnement continu afin de tourner définitivement la page de cette tragédie.
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 18 décembre 2025 15:10Nous vous proposons aussi
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