Kaloum : Coronthie 2 déclare publiquement l’abandon des Mutilations Génitales Féminines et les Mariages des Enfants

CONAKRY- Après de nombreuses campagnes de sensibilisation et des séances de formations, avec l’appui technique et financier de l’UNICEF et du comité national Suisse, les populations du quartier Coronthie 2 (commune de Kaloum) ont publiquement déclaré l’abandon des Mutilations Génitales Féminines et les Mariages d’Enfants. C’était ce samedi 26 Octobre 2024, à la faveur d’une cérémonie officielle organisée par la Mairie de Kaloum, à laquelle ont pris part les autorités politiques, administratives et sectorielles, des leaders religieux et de chefs de familles.

C’est le nouveau chef du quartier de Coronthie 2, Mohamed Lamine Conté qui a lu publiquement cette Déclaration au nom de la population de son quartier.

« Nous, Maire de la Commune de Kaloum, Président de CLPE, Président du CLEF de Coronthie Il d’une part, Chefs secteurs, et Femmes leaders mandatés par les Sages, les Leaders Religieux, les Femmes, les Jeunes et les populations des 2 Secteurs/quartier. Réunis en ce jour solennel du Samedi 26 Octobre 2024, Déclarons solennellement et suivant un consensus communautaire partagé, l’abandon définitif de la pratique de l’excision et du Mariage d’enfant dans notre communauté.

Par conséquent, nous nous engageons à mettre en œuvre ce qui suit dans notre communauté :

  • Protéger 100% des filles non excisées et non mariées ;
  • Dénoncer toute tentative d’excision et/ou de mariage de filles avant 18 ans requis à travers un mécanisme de surveillance communautaire ;
  • Veiller à l’interdiction de la médicalisation de l’excision
  • Progressivement, scolariser 100 % de nos enfants en général, des filles en particulier afin de les protéger des mariages d’enfants ;
  • Veiller à la prise en compte de la Protection dans le Plan de Développement Local (PDL) de notre collectivité ;
  • Nous nous engageons à veiller à l’application stricte des présents engagements dans notre communauté », a lu M. Mohamed Lamine Conté.

Pour sa part, l’Inspectrice Régionale de la Promotion Féminine, de l’Enfance et des Personnes Vulnérables de la ville de Conakry a expliqué dans son discours que l’organisation de cette journée mettra autorités politiques et acteurs sociaux à tous les niveaux devant leurs responsabilités pour une prise de conscience collective afin de mettre fin aux pratiques des MGF et les mariages d’enfants.

La Cheffe section régionale de l’enfance de Conakry a, de son côté, fait part de ses attentes auprès de la population de Coronthie 2 à partir d’aujourd’hui.

« Je m’attends à ce que cette communauté qui s’est engagée à travers cette déclaration publique d’abandon des mutilations génitales et mariages d’enfants puisse respecter cet engagement, afin que nous puissions promouvoir le droit des femmes et des filles au niveau de Coronthie 2. Aujourd’hui, la communauté de ce quartier a tiré des leçons à travers tout ce qu’elle a vu et entendu lors de cette cérémonie et je pense qu’elle va appliquer cet engagement sans problème », a indiqué Madame Fofana Finie Sylla.

Camara Fadima Condé, 38 ans est une femme victime de cette pratique. Venue assister à cette cérémonie de Déclaration, elle a accepté de témoigner et de promettre qu’à partir de cette date elle s’engage en tant que victime à lutter contre l’excision et les mariages des enfants.

« Aujourd’hui, les femmes de Coronthie ont accepté d’abandonner les Mutilations génitales féminines et les mariages des enfants. A partir de maintenant nous allons refuser de pratiquer l’excision et le mariage précoce. En plus, dès notre retour dans le quartier nous allons partager les informations qu’on a reçues ici avec les autres citoyens qui n’ont pas eu le temps de participer à cette rencontre », a fait savoir cette femme avant de témoigner sur les problèmes de santé qu’elle a eus à rencontrer à cause de l’excision.

« Moi-même, là où je suis comme ça, mes menstrues sont bloquées. J’ai 38 ans, j’ai quatre enfants et je ne vois plus mes menstrues. J’ai beaucoup dépensé dans les hôpitaux mais jusqu’à présent je n’arrive pas à me faire soigner. Donc c’est pour cela qu’à partir d’aujourd’hui, on a interdit l’excision et le mariage précoce chez nous parce que ce n’est pas bon pour notre santé. Moi-même, j’ai vu que ce n’est pas bon pour nous les femmes », a témoigné Camara Fadima Condé.

 

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 666 134 023

Créé le 29 octobre 2024 13:30

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