« Je tire chapeau aux autorités » : la croisade contre l’alcool au volant saluée par les usagers
CONAKRY – Alors que l’année 2025 a été particulièrement meurtrière en matière d’accidents de la circulation, les autorités déploient de nouveaux moyens pour limiter ce fléau qui continue d’endeuiller des familles en Guinée.
Dans le cadre de la lutte contre l’insécurité routière, la police guinéenne, avec l’appui de l’Agence guinéenne de sécurité routière (AGUISER), a introduit l’alcootest dans la circulation. Ce dispositif vise à réduire les accidents de la circulation liés à la consommation d’alcool au volant, a appris Africaguinee.com.

L’initiative lancée sur le terrain ce mardi 3 février 2026, est accueillie favorablement par de nombreux acteurs du secteur des transports, qui y voient une avancée majeure pour la protection des usagers de la route. Selon le bilan du ministère des Transports, plus de 3 305 accidents de la circulation ont été enregistrés en 2025, soit une hausse de 33,5 % par rapport à l’année précédente.
Pour Condé Adama, chauffeur de taxi à Conakry, cette mesure arrive à point nommé. « C’est une très bonne initiative. Beaucoup d’accidents sont causés par l’alcool. Si les chauffeurs savent qu’ils peuvent être contrôlés à tout moment, ils feront plus attention. Franchement, je tire chapeau aux autorités », a-t-il salué.

Même réaction chez des conducteurs de taxi-motos. À la Tannerie, Mamadou Yéro Diallo estime que l’alcootest contribuera à assainir le secteur, tout en appelant à plus de sensibilisation. « Nous sommes d’accord avec cette décision, mais il faut aussi informer et sensibiliser les chauffeurs. Beaucoup ne connaissent pas encore le danger lié à l’alcool au guidon, ni la manière dont les contrôles vont être faits pour éviter les incompréhensions », a-t-il indiqué.
Sur l’axe Conakry–Labé, les chauffeurs se montrent également favorables à la mesure. Pour Lamarana Sow, conducteur, l’alcootest renforcera la confiance des passagers.

« Quand on transporte des personnes sur de longues distances, la responsabilité est énorme. Ce contrôle va protéger les passagers et valoriser les chauffeurs sérieux. Il faut multiplier ces appareils dans les gares routières et sur les différents barrages à travers le pays, car certains chauffeurs consomment de l’alcool ou des stupéfiants en cours de route », a-t-il plaidé.
Chez les syndicats, l’initiative est soutenue, mais sous certaines conditions. Ibrahima Konaté, syndicaliste à Matoto, appelle à une application équitable de la mesure. « Nous saluons cette décision, mais elle doit être appliquée de manière transparente. Il ne faut pas que l’alcootest devienne un moyen de pression ou d’abus contre les chauffeurs », a-t-il prévenu.

Présent lors du lancement de l’opération, Thierno Mamadou Barry, directeur général de l’AGUISER a expliqué les objectifs de cette nouvelle stratégie. « La consommation d’alcool au volant est à l’origine de nombreux accidents. Notre présence sur le terrain vise avant tout la prévention et la dissuasion. Il s’agit de faire comprendre aux conducteurs les dangers liés à l’alcool et de réduire significativement les accidents de la circulation », a-t-il déclaré.
À travers l’introduction de l’alcootest, la police guinéenne et ses partenaires réaffirment ainsi leur engagement en faveur du renforcement de la sécurité routière et de la protection des usagers sur l’ensemble du territoire national.
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 3 février 2026 16:11









