« J’ai versé 113 millions GNF »: Quand le rêve de la Fonction publique vire au cauchemar

NZEREKORE-« J’ai versé 113 millions de francs guinéens pour 11 personnes… après vérification, nous avons compris que c’était des faux numéros matricules. » C’est par cet aveu « douloureux » que Dame L.L. a glacé l’audience du Tribunal de Première Instance de N’zérékoré ce jeudi15 janvier 2026

Le rêve d’une carrière dans l’administration s’est transformé en cauchemar financier pour dame L.L. et ses proches. En croyant saisir une opportunité d’intégration à la Fonction publique, onze victimes ont vu s’envoler plus de 110 millions de francs guinéens. À la barre, le principal suspect passe aux aveux mais tente de plaider la bonne foi.

Le tribunal de première instance (TPI) de N’zérékoré a ouvert, ce jeudi 15 janvier 2026, une audience relative à une affaire d’escroquerie portant sur la somme de cent millions de francs guinéens. Au cœur de la présumée affaire, un citoyen guinéen se réclamant du ministère de la Justice.  Le prévenu, identifié sous les initiales P.T, est poursuivi pour avoir extorqué d’importantes sommes d’argent à une femme et à plusieurs autres personnes sous prétexte de les faire intégrer à la fonction publique.

L’affaire oppose P.T, qui affirme avoir été intégré à la fonction publique en 2024, à dame L.L, agent technique de santé. Selon les débats à l’audience, les deux protagonistes sont originaires du même village.

D’après le témoignage de la plaignante, c’est lors d’un séjour au village que le prévenu est entré en contact avec elle. Présenté comme un ami de son mari, P.T l’aurait interrogée sur sa participation au concours d’accès à la fonction publique. Ayant appris qu’elle n’avait pas été retenue, il lui aurait demandé de rester en contact avec lui.

« Un jour, vers 4 heures du matin, il m’a écrit pour me dire qu’il avait trouvé un canal par lequel je pouvais intégrer la fonction publique. Il m’avait dit que dix places étaient disponibles. Il m’a dit d’informer mes proches. La condition était de payer 15 millions de francs guinéens par personne », a déclaré dame L.L à la barre.

Toujours selon la victime, le prévenu aurait d’abord exigé un versement initial de 5 millions de francs, le reste devant être payé au fur et à mesure de l’évolution de la procédure. Convaincue, elle aurait collecté l’argent et les dossiers de plusieurs proches et connaissances et les a transmis à P.T.

« Il nous a même envoyé des matricules, mais après vérification, nous avons compris que c’était des faux numéros matricules. Au total, j’ai versé 113 millions de francs guinéens pour 11 personnes », a-t-elle précisé, détaillant les montants versés par chaque victime.

Le prévenu a reconnu les faits, tout en contestant le montant avancé par la plaignante. Il affirme n’avoir reçu que 94 millions 500 mille francs guinéens. Selon sa version, il aurait été lui-même induit en erreur par un individu se présentant comme agent du ministère de la Santé, à qui il aurait reversé la totalité de la somme perçue.

« C’est un monsieur qui m’a dit qu’il travaille au ministère de la Santé. C’est à lui que j’ai remis tout l’argent. Après un accident et un déplacement à l’intérieur du pays, il m’a envoyé des matricules. J’ai constaté des erreurs et je lui ai fait part de mes inquiétudes. Il m’a demandé de patienter », a-t-il expliqué devant le tribunal.

P.T a par ailleurs déclaré son intention de vendre un domaine lui appartenant afin de rembourser les 94 millions 500 mille francs guinéens aux victimes.

À l’issue de cette première audience, le tribunal a renvoyé l’affaire au 22 janvier 2026 pour les réquisitions du ministère public.

A suivre !

Paul Foromo SAKOUVOGUI,

Correspondant Régional d’Africaguinee.com

En Guinée Forestière.

Tél. (00224) 628 80 17 43

Créé le 15 janvier 2026 20:39

Nous vous proposons aussi

TAGS

étiquettes: , ,