Industrie navale: « La Guinée construira ses supertankers dans 5 ans », promet Ousmane Gaoual Diallo

CONAKRY- La Guinée pourrait bien être à l’aube d’une révolution économique et industrielle majeure dans le secteur maritime. Le ministre des Transports et porte-parole du gouvernement, vient de dévoiler un projet d’envergure qui, selon lui, positionnera la Guinée comme un hub du commerce maritime mondial.

Selon Ousmane Gaoual Diallo, « dans cinq ans, la Guinée pourra construire, réparer et assurer la maintenance de supertankers (bateaux) », ces géants des mers capables de transporter plusieurs centaines de milliers de tonnes de marchandises.

« Géographiquement, on a un avantage qui est très fort, c’est que la Guinée est à mi-chemin entre l’Amérique et l’Asie. La route de l’Atlantique, c’est une route qui peut être concurrente au Canal de Suez. Pour ça, il faut qu’en Guinée qu’on puisse avoir un endroit où on peut s’occuper des bateaux avariés et où on pourrait accoster des super tankers », affirme Ousmane Gaoual Diallo.

Les autorités guinéennes misent sur les îles de Gonzalez et de Bali, situées au large de la Kamsar (une localité située au nord-ouest de Guinée, à plus de 270 km de Conakry, dans l’estuaire du Rio Nunez, sur l’océan Atlantique), pour accueillir les futurs chantiers navals. Ces sites présentent une caractéristique rare : des profondeurs naturelles de 18 mètres, idéales pour accueillir les plus grands navires du monde, notamment les supertankers de 400 mètres de long et transportant jusqu’à 400 000 tonnes.

Maintenance dès 2027, construction à l’horizon 2030

Le projet se décline en deux phases. Dès 2027, les installations permettront la réparation et la maintenance des navires, un service stratégique que la Guinée ne propose pas encore aujourd’hui selon le porte-parole du gouvernement.

« Vous savez, quand un bateau arrive ici, avant de reprendre la mer pour faire 11 000 miles, il est obligé de faire de la maintenance. Peut-être qu’il y a des avaries de rouille de coque qu’il faut souder. Peut-être qu’il y a des problèmes de moteur qu’il faut vider, qu’il faut changer des filtres. Donc toute la maintenance nécessaire, il faut la faire ici avant. Sinon, ils sont obligés d’aller faire ça à Freetown ou au Sénégal, parce qu’ils ont des petites cales pour faire la réparation là avant de revenir charger ici et continuer. Donc nous, ce qu’on est en train d’offrir là-bas.

Donc en conséquence, tous les bateaux qui vont rallier l’Argentine, le Mexique, le Brésil, les Etats-Unis, au lieu de passer, contourner l’Afrique pour aller jusqu’en Chine pour faire leur maintenance, vont s’arrêter ici. Parce qu’on est à 15 jours de l’Argentine, on est à 15 jours du Brésil, on est à 15 jours de New York. Alors qu’ils ont besoin de 45, 50 jours pour aller en Chine. Ils contournent complètement l’Afrique et ils vont en Chine pour faire des réparations et revenir.

Si on offre les mêmes compétences ici avec l’industrie chinoise, ils ne passeront plus ici. Ils vont s’arrêter là, faire leur maintenance, les réparations. Tous les bateaux et les yachts qui sont sous les mers, qui naviguent plusieurs mois dans l’année dans les côtes, vont s’arrêter ici en Guinée pour reprendre de la forme avant reprendre la mer », a expliqué Ousmane Gaoual Diallo.

D’après Ousmane Gaoual Diallo, d’ici 2030, la Guinée ambitionne de construire ses propres navires, notamment pour accompagner la croissance attendue du trafic maritime lié à l’exploitation du Simandou, le plus grand projet minier du pays. À terme, jusqu’à 6000 navires par an pourraient transiter par les côtes guinéennes affirme-t-il.

« Le deuxième volet du projet c’est la construction. Donc ils vont construire ces navires ici en Guinée. Vous savez, à terme, quand le Simandou sera en pleine exploitation, on s’attend quand même à une fréquentation de 6000 bateaux par an ici. Et on voudrait demain offrir la capacité à ces exportateurs miniers d’acheter leurs bateaux directement ici. Des super tankers vont être assemblés sur les chantiers navals d’ici. Et ça, c’est très important. Ça, c’est dans l’horizon de 5 ans. Donc la construction, c’est dans l’horizon de 5 ans. La réparation et la maintenance, c’est dans l’horizon de 2 ans », a annoncé le porte-parole du gouvernement.

Des retombées économiques et sociales colossales

Selon Ousmane Gaoual Diallo, ce projet va bien au-delà de l’infrastructure maritime : il représente un levier majeur de transformation économique pour la Guinée. Les retombées attendues sont spectaculaires : plus de 120 000 emplois directs et indirects dans les secteurs de la construction navale, de la mécanique marine, de la soudure, de la peinture industrielle et bien d’autres encore. « C’est des villes entières qui vont se créer dans cet environnement-là. Et ça, c’est à Boké. Nous avons été visiter les sites qui sont extraordinaires », précise Ousmane Gaoual Diallo.

Un appel aux jeunes et aux ingénieurs guinéens

Face à cette opportunité, le ministre des transports lance un appel à la jeunesse guinéenne : se former aux métiers de la mer. « Ce sont les métiers de demain. Nous avons besoin d’ingénieurs, de techniciens, de soudeurs, de peintres navals… Ce chantier est aussi celui de la jeunesse guinéenne », affirme-t-il avec insistance.

Si le projet semble titanesque, Ousmane Gaoual Diallo assure que les discussions avec les partenaires techniques, notamment chinois, sont déjà très avancées. La volonté politique est là, tout comme l’engouement stratégique à l’échelle régionale et internationale, assure-t-il.

A suivre!

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 20 octobre 2025 17:05

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