Incendie dans une clinique à Cosa : Quand des voleurs « dépouillent » des malades en détresse

CONAKRY- Un incendie s’est déclaré dans la nuit du jeudi 8 au vendredi 9 octobre 2026 au sein de la clinique G3S, située dans le quartier Cosa (commune de Lambanyi, Conakry). Si le sinistre n’a fait aucune victime humaine, il a causé d’importants dégâts matériels et fortement perturbé la prise en charge des patients, notamment les soins chirurgicaux.

Une nuit de frayeur et une évacuation d’urgence

La nuit a été éprouvante pour le personnel soignant et les hospitalisés de cet établissement spécialisé en orthopédie-traumatologie et en diabétologie. Le feu s’est déclenché aux premières heures de la matinée du vendredi 9 octobre, plongeant la structure de cinq étages dans une urgence absolue.

Dr Bah Ibrahima, médecin au service d’orthopédie-traumatologie et de garde au moment des faits, témoigne :

« C’était aux environs de 3 heures du matin lorsque l’incendie s’est déclaré. Nous avons d’abord entendu des explosions. Sur le moment, nous pensions qu’il s’agissait d’un patient qui frappait à la porte. Mais, à notre grande surprise, nous nous sommes retrouvés confrontés à la propagation de la fumée et des flammes dans les salles et dans le bâtiment. Nous avons immédiatement appelé au secours. »

Actes de vols durant le sinistre

Profitant du chaos et du mouvement de panique lors de l’évacuation, des individus ont commis des vols au sein de l’établissement. Des téléphones portables, ordinateurs portables et sommes d’argent liquide ont été dérobés. Membres du personnel, patients et la clinique elle-même, en sont les principales victimes

Le Dr Bah Ibrahima a confirmé ces faits, précisant que des déclarations ont été faites aux autorités compétentes en vue du chiffrage exact des pertes. “Je confirme qu’il y a eu des vols. Plusieurs personnes ont perdu leurs biens, notamment des téléphones, des ordinateurs et de l’argent. La clinique a également enregistré des pertes. Pour le moment, je ne peux pas dresser une liste exhaustive de tout ce qui a disparu”, a-t-il confié.

Mobilisation des secours : aucune perte en vie humaine

Face au péril, les secours ont été rapidement alertés. L’intervention conjuguée des sapeurs-pompiers, de la police et de la gendarmerie a permis d’endiguer la propagation du feu et de procéder à l’évacuation sécurisée des lieux.

Aucune victime mortelle ni blessé grave n’est à déplorer. Toutefois des pertes matérielles ont été enregistrées.

« Heureusement, les secouristes et les forces de l’ordre se sont mobilisés. Nous avions beaucoup de malades qui avaient été opérés, mais aussi des patients qui devaient passer au bloc opératoire. Malgré la complexité d’un bâtiment à cinq étages, nous n’avons enregistré aucune perte en vie humaine », a rassuré le Dr Bah Ibrahima.

Continuité des soins compromise : le cas critique des urgences

L’incendie a entraîné l’interruption immédiate des activités médicales, impactant directement les programmations chirurgicales.

Parmi les cas les plus préoccupants figure celui d’un patient souffrant d’une gangrène post-traumatique, dont l’amputation programmée ce vendredi matin a dû être suspendue :

« Ce malade avait déjà parcouru plusieurs structures avant d’arriver chez nous. Son état nécessitait une intervention majeure, notamment une amputation, qui était prévue ce matin. En raison des circonstances, nous ne pouvons pas réaliser l’opération. C’est une situation alarmante, car ce type d’infection évolue rapidement et le patient souffre énormément. »

Réorganisation des services : tri, sorties et transferts

Pour faire face à la crise, l’équipe médicale s’est organisée afin d’évaluer la situation de chaque hospitalisé. Après examens de contrôle (notamment radiographiques) et confirmation de leur état, les patients sont progressivement libérés avec un suivi à domicile.

Selon le médecin, les cas graves ont  été référés vers d’autres structures sanitaires de la capitale pour garantir la continuité de leurs soins.

L’hypothèse d’un court-circuit électrique

Bien qu’une enquête officielle reste nécessaire pour établir les causes exactes du sinistre, la piste d’une défaillance électrique est privilégiée par l’équipe médicale. Des travaux d’entretien ou de réparation avaient été effectués la veille dans la partie inférieure du bâtiment, zone exacte d’où sont parties les premières émanations de fumée.

Mamadou Yaya Bah

Pour Africaguinee.com

Créé le 9 octobre 2026 10:09

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