« Nous ne dormons plus » : À Télimélé, la peur des incendies mystérieux paralyse un village entier

TÉLIMÉLÉ- Plusieurs familles du village de Kobolet Missidé, dans le district de Guémé Sangan, relevant de la commune rurale de Sinta, préfecture de Télimélé, sont confrontées à une série d’incendies dont l’origine demeure inconnue. Plus de sept cases ont été réduites en cendres ces derniers jours, plongeant de nombreux habitants dans une situation de grande précarité. Les sinistrés lancent un appel à l’aide aux autorités, aux organisations humanitaires et aux personnes de bonne volonté.

Dans cette localité située au pied d’une montagne et habitée depuis plus de 80 ans, les populations vivent principalement de l’agriculture et de l’élevage. Mais depuis quelque temps, une série d’incendies vient perturber leur quotidien.

Selon les témoignages recueillis sur place, plusieurs cases, cuisines et greniers ont été entièrement consumés par les flammes. Des vêtements, ustensiles de cuisine, lits, marmites et réserves alimentaires sont également partis en fumée.

Pour Karamoko Mohamadou Oury Koukouta Bah, sage de Kobolet Missidé, la situation devient particulièrement préoccupante.

« Chaque année maintenant, nos cases sont ravagées par un incendie. Toutes nos maisons couvertes de paille sont presque finies dans notre village. Certains sont sans abri, tandis que d’autres sont hébergés par les propriétaires des bâtiments en tôle », témoigne-t-il.

Le sage souligne que plusieurs familles se retrouvent aujourd’hui sans nourriture ni biens essentiels.  « Nous avons perdu nos nourritures, nos biens. Il n’y a plus à manger. Nous demandons une assistance à tous les niveaux pour soulager les sinistrés », plaide-t-il.

Des incendies qui se répètent

La deuxième vice-maire de la commune rurale de Sinta, Néné Oumou Bah, confirme la répétition de ces incendies dans le secteur. Elle affirme qu’aucune cause précise n’a, pour l’instant, été identifiée.  Elle raconte notamment avoir été alertée le dimanche 15 août dernier de l’incendie de la case de sa mère.

« Le dimanche 15 août dernier, on m’a appelée pour me dire que la case de ma mère avait pris feu à 20 heures. Le lendemain, je suis venue. Nous étions assis en train de veiller lorsque d’un seul coup, j’ai aperçu cette case qui avait pris feu. C’était leur cuisine », explique-t-elle.

Selon l’élue locale, d’autres incendies se sont ensuite déclarés dans le village, malgré l’intervention des habitants.

« Le surlendemain, nous étions assis à la terrasse d’un bâtiment lorsque nous avons vu encore la case de notre marâtre prendre feu. Les gens sont venus au secours, mais ils n’ont rien pu faire. La case de mon oncle paternel et celle de son épouse ont été calcinées », poursuit-elle.

Au total, plus de sept cases auraient été détruites ces derniers jours. Une situation qui rappelle des épisodes similaires enregistrés en 2024, à la même période.

Des populations désormais dans la peur

Le chef secteur de Kobolet, Thierno Madiou Bah, décrit une situation particulièrement difficile pour les habitants.  Selon lui, depuis la reprise du phénomène le 16 août dernier, la peur s’est installée dans le village. Certains habitants hésitent désormais à se rendre aux champs, craignant de retrouver leurs habitations détruites à leur retour.

« Les citoyens ne dorment plus et ne vont plus aux champs par peur que leurs cases ne prennent feu en leur absence. Nos champs sont abandonnés à eux-mêmes », déplore-t-il.

La situation alimentaire est également préoccupante. Les greniers ayant été touchés par les incendies, les réserves disponibles s’amenuisent.

« Nos greniers sont épuisés et il n’y a pas eu de nouvelles récoltes. Les habitants n’ont pas où faire la cuisine ni où se coucher. Les bâtiments sur place sont surpeuplés et il n’y a plus d’abri », alerte le chef secteur.

Face à l’absence de moyens adéquats de lutte contre les flammes, les habitants tentent de s’organiser avec les moyens du bord. « Nous ne savons plus que faire, sinon préparer des récipients pour arroser en cas d’incendie », ajoute Thierno Madiou Bah.

Un appel à l’aide lancé aux autorités

Au-delà de l’urgence liée aux incendies, les habitants de Kobolet Missidé souhaitent également bénéficier d’un accompagnement durable pour améliorer leurs conditions de vie.

La localité qui compte plus de 300 habitants selon les responsables locaux, dispose notamment de terres agricoles jugées fertiles. Un cours d’eau appelé Kobolewol est également utilisé pour les activités maraîchères.

Les femmes se sont organisées en groupements pour pratiquer la culture de l’arachide et du riz ainsi que l’élevage. Mais les incendies successifs risquent de fragiliser davantage les activités économiques des ménages.

Les habitants demandent au gouvernement, aux institutions humanitaires, aux ressortissants de Sinta, de Télimélé et de Kobolet, ainsi qu’aux personnes de bonne volonté, de leur venir en aide. Ils sollicitent notamment des vivres, des vêtements, des ustensiles de cuisine et des matériaux pour reconstruire les habitations détruites.  

Autre revendication soulevée, la construction d’un pont moderne sur le cours d’eau Kobolewol afin de faciliter l’accès à la localité et de désenclaver cette importante agglomération de la commune rurale de Sinta.

De retour de Kolet, Chérif Kéita

Correspondant régional d’ Africaguinee.com 

À Kindia

Créé le 7 septembre 2026 13:36

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