« Il ne s’agit pas de développer une belligérance avec le gouvernement »: Dansa Kourouma fixe le cap du nouveau Parlement

CONAKRY- Fraîchement porté à la présidence de l’Assemblée Nationale, Dr. Dansa Kourouma n’a pas perdu de temps pour fixer le cap. Devant un hémicycle élargi, le nouveau président de la 10ème légilsature a décliné une feuille de route axée sur la refondation institutionnelle, le contrôle rigoureux mais constructif de l’action gouvernementale, et une obligation de résultats ancrée dans le quotidien des Guinéens.

C’est une assemblée profondément transformée dans sa composition qui s’apprête à siéger sous la direction de Dansa Kourouma. Premier constat fort dressé par le nouveau président : le saut quantitatif et qualitatif de la représentation. « Nous avons commencé avec 114 députés, et aujourd’hui nous nous retrouvons avec 147 députés élus, représentant toutes les couches sociales, politiques et les territoires de notre pays », a-t-il souligné.

Rompre avec « l’inflation juridique »

Pour l’honorable Dansa Kourouma, le travail législatif ne doit plus être une course à la quantité, mais une quête de pertinence. Le président de l’Assemblée nationale affiche une volonté de rupture avec les pratiques passées, en insistant sur la qualité des textes à voter.

« Nous avons un objectif commun : poursuivre la refondation par la construction d’institutions solides, des institutions qui résistent au temps et à la tentation des hommes ; voter des lois qui tiennent compte des aspirations profondes du peuple de Guinée ; lutter contre l’inflation juridique — les lois pour les lois, non ! — mais des lois qui méritent d’être votées… », a-t-il martelé.

Ces textes, a-t-il précisé, devront s’aligner sur la vision du Chef de l’État et la politique du gouvernement, avec une seule boussole : « Le bien-être de la population ».

Évaluer le gouvernement sans belligérance

Abordant les relations avec l’exécutif, Dansa Kourouma a rassuré tout en posant des exigences fermes. Le Parlement jouera pleinement son rôle de contre-pouvoir, mais dans un esprit de responsabilité républicaine, loin des querelles stériles. « Il ne s’agit pas de développer une belligérance ou une adversité avec le gouvernement », a-t-il martelé, rappelant que chaque institution (Assemblée nationale, Sénat…etc.) doit exercer ses prérogatives conformément à la Constitution.

Le contrôle de l’action gouvernementale et l’évaluation des politiques publiques (éducation, santé, infrastructures) s’articuleront autour de quatre critères : la pertinence, l’efficacité, l’efficience et la pérennité. « Le tout, c’est l’impact recherché en termes de transformation du quotidien des Guinéens », a insisté le chef du législatif, prévenant que les politiques jugées impertinentes seront systématiquement amendées.

Rappelant le rôle crucial de la représentation nationale, Dansa Kourouma a renvoyé les élus à leurs devoirs envers leurs circonscriptions respectives, des préfectures aux communes de Conakry. « Nous avons un contrat social avec les populations de ces territoires. Nous devons travailler de telle sorte que ces citoyens se retrouvent dans les décisions que nous prenons à l’Hémicycle », a-t-il lancé.

Le chef du parlement appelle ses pairs à transcender les clivages traditionnels pour incarner l’unité du pays : « La fonction de représentation, c’est aussi représenter la Guinée plurielle, sans tenir compte des considérations ethniques ou identitaires, mais faire en sorte que nous soyons un parlement de conscience, un parlement de renouveau, et que nous soyons un parlement qui travaille dans l’indépendance, la transparence et l’efficacité pour le bien-être de la population », a-t-il formulé.

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 17 juillet 2026 19:13

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