Guinée: Vers le lancement de « e-Services », une solution innovante pour simplifier les démarches administratives

CONAKRY – La Guinée s’apprête à franchir un cap décisif dans la modernisation de son administration. Ce mardi 7 avril 2026, le ministère de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction Publique a annoncé le lancement imminent de la plateforme « e-Services », couplée à un vaste chantier d’« Interopérabilité des Systèmes Publics ».

Chapeauté par le Département dirigé Faya François Bourouno, ce projet ambitieux vise à dématérialiser les procédures pour faciliter la vie des citoyens et centraliser les données de l’État. Aboubacar Kourouma, Secrétaire Général du département, a détaillé les contours de cette révolution numérique.

Une priorité nationale adossée à Simandou 2040

Pour les autorités, la digitalisation ne doit plus être un luxe, mais une nécessité absolue pour répondre aux attentes des usagers et booster les performances de l’État.

« Notre administration publique est aujourd’hui au cœur de tous les enjeux de performance publique. La Guinée est donc à un tournant décisif. Le Président de la République, Son Excellence M. Mamadi Doumbouya, a fait de la transformation numérique de l’État une priorité nationale, inscrite au cœur du pilier 3 du programme Simandou 2040. Cette vision est claire. Le numérique n’est pas une option. C’est le levier de modernisation de notre service public. C’est dans ce cadre que le ministère a engagé, aux côtés du gouvernement, une stratégie ambitieuse de digitalisation dont le projet e-services constitue aujourd’hui l’un des chantiers les plus concrets et les plus structurants », a déclaré M. Kourouma s’exprimant lors de l’ouverture d’un atelier axé le « e-Services » et  » l’Interopérabilité des Systèmes Publics ».

L’interopérabilité pour mettre fin au calvaire des usagers

Le constat actuel est alarmant: si plusieurs départements disposent déjà de plateformes numériques, celles-ci fonctionnent en vase clos, obligeant les citoyens à multiplier les démarches redondantes. Pour illustrer la nécessité de faire communiquer ces systèmes entre eux, le Secrétaire Général a cité un exemple parlant :

« Quand un citoyen doit s’inscrire pour le concours d’intégration à la fonction publique, nous demandons un certain nombre de dossiers : pièce d’identité, photos, certificats de résidence… Or, à travers le PNRAVEC, s’il y a une interconnexion, une interopérabilité, il suffit simplement que le citoyen mette dans la plateforme de concours son numéro d’identification unique pour que toutes les informations dont la fonction publique a besoin remontent dans la plateforme FUGAS. La digitalisation est une chose, mais l’interopérabilité de nos systèmes en est une autre. Elle doit constituer une priorité pour simplifier la vie à nos administrations, mais surtout à nos concitoyens », a ajouté le haut cadre du Ministère de la Modernisation et de la Fonction Publique.

Aboubacar Kourouma, Secrétaire général du ministère de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction Publique

Dans cette dynamique de guichet unique, le ministre François Bourouno a d’ailleurs récemment signé une convention en Azerbaïdjan. L’objectif affiché par le département est d’atteindre un taux de satisfaction des usagers frôlant les 99 %.

Dématérialiser, oui, mais d’abord simplifier

L’exécution technique de ce projet est confiée à l’Agence Nationale de la Digitalisation de l’État (ANDE). Trente services pilotes, dont vingt jugés prioritaires, seront déployés dès cette année. Toutefois, Aboubacar Kourouma insiste sur un préalable indispensable à toute digitalisation réussie : les réformes.

« Moderniser l’administration, ce n’est pas repeindre les façades ou renouveler des bâtiments. C’est surtout transformer en profondeur la manière dont l’État sert ses citoyens. Digitaliser, c’est bien, mais nous devons commencer par les réformes et la simplification des procédures. L’ambition que nous avons, c’est de lancer dans quelques mois la plateforme e-services Guinée. Demain, chaque citoyen, chaque entreprise devra pouvoir accéder à ces démarches administratives en ligne, sans se déplacer, sans formulaire redondant et sans délai injustifié », a-t-il dit.

Un défi collectif pour la paix sociale

Selon M. Kourouma, la réussite de cette transformation numérique exigera l’implication de tous les départements ministériels, qui devront accepter de décloisonner et de partager leurs données de manière sécurisée.

« L’identité du citoyen, ses données fiscales, son statut juridique… ces informations doivent circuler de manière fluide et sécurisée entre les administrations, sans que le citoyen n’ait à fournir des documents à chaque étape. C’est cela l’interopérabilité : faire en sorte que l’État parle d’une seule voix, avec une seule mémoire. […] Ce chantier ne réussira pas par la seule volonté de notre ministère. Il réussira si chaque administration s’approprie sa part de responsabilité, car derrière chaque connexion entre systèmes, il y a une décision humaine de collaborer. Il y va de la stabilité de notre pays, de la paix sociale, et surtout de la satisfaction de nos concitoyens », a-t-il conclu.

Boubacar 1 DIALLO

Pour Africaguinee.com

Créé le 7 avril 2026 13:28

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