Guinée : Validation de la Matrice d’Évaluation du Système de Passation des marchés publics suivant la Méthodologie MAPS II
CONAKRY-Appuyé par la Banque Mondiale, le Projet d’Appui à la Gouvernance Locale 2 (PAGL 2), a organisé ce vendredi 7 novembre 2025, à Conakry, un atelier de validation de la Matrice d’Évaluation du Système de Passation des marchés publics de la République de Guinée suivant la Méthodologie MAPS II.
Cette rencontre est l’aboutissement d’un exercice entamé depuis avril 2024. Il s’agit d’un processus initié avec la formation des différentes parties prenantes. Au mois d’avril 2025, une évaluation a commencé avec la validation de la note conceptuelle.
Selon le coordinateur sous-régional de la Banque mondiale, chargé des marchés publics couvrant la Côte d’Ivoire, le Bénin, la Guinée et le Togo, il s’agit également à travers cette évaluation, de passer en revue l’ensemble du système des marchés publics de la Guinée en utilisant une méthodologie universelle appelée la méthodologie MAPS et qui va permettre de faire un examen suivant quatre piliers essentiels.

« Le pilier 1 va s’intéresser au cadre réglementaire, politique et légal des marchés publics. Le pilier 2, va se concentrer plus sur le cadre institutionnel et les capacités de gestion. Le pilier 3, sur les pratiques ; et enfin le pilier 4, sur l’intégrité du système. Dès le départ, nous avons tenu à faire un mapping de l’ensemble des acteurs des marchés publics en Guinée qui ont été associés également à cet exercice à travers les différents piliers. Nous avons pu constituer les parties prenantes qui ont travaillé sur chacun des piliers.
Ce travail nous a permis aujourd’hui d’avoir une matrice avec une évaluation, une appréciation du système des marchés publics en Guinée à travers des questionnaires qui ont été administrés. Nous nous retrouvons ce matin pour faire un partage de cette évaluation et aboutir à ce qu’on pourrait qualifier de validation« , a expliqué techniquement M. Abdoulaye Keïta.
La méthodologie MAPS est un référentiel universel. L’exercice permet de situer le pays, son système par rapport aux meilleurs standards internationaux. C’est un exercice qui a déjà été fait dans les autres pays, notamment le Bénin, le Togo et la Côte d’Ivoire. Pour la Guinée, c’est la première fois, a déclaré ce technicien du domaine.

« Par la suite, il y aura les étapes suivantes qui vont suivre avec la préparation du rapport final. D’abord son approbation par le secrétariat du MAPS, ensuite son adoption par le PIB. Nous pourrons par la suite faire une dissémination. Donc, je pense que tout ce qui ressortira de cette évaluation en termes de renforcement du système des marchés publics en Guinée, va contribuer à une meilleure mise en œuvre des programmes publics de développement. Parce que les investissements sont essentiels pour le développement, mais pour faire aussi des investissements de façon efficace, nous avons besoin d’avoir des systèmes de marché publics performants« , a fait savoir M. Keita.
La méthodologie MAPS, un exercice de réforme
Dr Mamoudou Touré, Secrétaire général du ministère de l’économie et des finances, a affirmé que pour toute réforme, si l’on veut qu’elle soit efficace, il faut d’abord s’assurer que le cadre réglementaire est sur place.
« Il y a le décret 028 qui couvre le système de passation des marchés de façon globale. Après ce cadre légal et réglementaire, il y a le cadre institutionnel. Et aujourd’hui, on a une direction chargée de contrôle des marchés publics et on a une autorité de régulation qui est le régulateur. En cas de conflit, en cas de contentieux, c’est cette autorité qui intervient pour dire la loi. Et à partir du moment où vous avez le cadre légal, le cadre institutionnel, il vous faut disposer des outils. Et c’est pourquoi il a été instruit de privilégier les outils digitaux. Lorsqu’on a une plateforme numérique de gestion, on gagne en efficacité, on gagne en transparence, on gagne en célérité. Mais on gagne également en termes de fiabilité des informations statistiques par rapport au traitement. Mais il y a aussi un élément important au traitement des dossiers, il y a aussi un élément qui est très important, c’est la transparence et l’accessibilité« , a déclaré Dr Touré.

Selon lui, le timing est excellemment bien, parce qu’il se fait à la suite de la remise officielle du programme de développement Simandou 2040 à la plus haute autorité et dont l’implémentation est en cours.
« Que cela se fasse en utilisant un système de passation des marchés qualifié qui répond aux standards, aux normes internationales, c’est vraiment bien… Et tout ça c’est à mettre à l’actif du président de la république, qui a bien voulu faire aussi de la qualification de la commande publique une priorité essentielle, à cause de son rôle transversal. Quel que soit le département, quel que soit le projet, la passation des marchés a un rôle à jouer, et avoir un système de commande publique qualifié, c’est gage d’efficacité, d’efficience, de transparence« , a-t-il martelé.
Plusieurs personnalités et acteurs importants ont participé à cet atelier. Pour sa part, Lamine Camara, le directeur général de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP), a d’abord expliqué le rôle de sa direction qui consiste à faire une veille juridique.

« En tant qu’institution de régulation, on comprend que l’application stricte au sens réel des textes est très compliquée. Ce qui fait que chaque fois qu’il y a des problèmes dans l’application d’une disposition, on essaie d’identifier et puis les mettre dans une base de données qui nous permet à un certain moment de nous arrêter, faire une revue du système et essayer d’apporter soit des solutions sur le coup ou bien attendre un exercice comme le MAPS qui implique les bailleurs de fonds et tous les acteurs impliqués dans la commande pour pouvoir le faire.
Aujourd’hui, il faut dire que le processus de la commande publique est en maturation. Depuis un certain moment, on a beaucoup travaillé sur le manuel. Aujourd’hui, la dématérialisation est à la mode. On cherche à se mettre au niveau de tous les standards internationaux. Donc les lois pour accompagner cette dématérialisation sont déjà préparées, la mise en œuvre va suivre« , a conclu M. Camara.
Dansa Camara DC
Pour Africaguinee.com
Créé le 7 novembre 2025 19:45Nous vous proposons aussi
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