Guinée : Pourquoi les forces vives ont refusé l’appel des religieux ?

CONAKRY-Après avoir accédé à plusieurs reprises à des doléances formulées par les religieux, cette fois-ci les forces vives de Guinée ont dit niet.


Les membres de cette entité politique ont adressé une fin de non-recevoir à la demande qui leur a été faite par Elhadj Mamadou Saliou Camara et compagnie de sursoir aux manifestations projetées dans le pays.

Pourquoi ce refus ?  Africaguinee.com a interrogé M. Edouard Zotomou Kpoghomou, membre de l’ANAD, une alliance politique affiliée aux forces vives de Guinée.

« Je pense que c’est une demande très difficile, parce que les religieux ont eu toute la latitude, on leur a accordé tout le temps de faire en sorte que le CNRD puisse comprendre que nous ne sommes pas contre eux. Nous sommes contre la façon par laquelle la transition est en train d’être gérée. Donc, il n’y a rien de personnel. Nous avons voulu simplement dire que la Guinée appartient à tous les guinéens. Et que la solution qu’ils préconisent, n’est pas celle qui convient à tout le monde. Sur ce plan, la Cédéao nous a quand même apporté son aide en leur disant que le cadre de dialogue qu’ils ont créé ne devrait pas être fait par décret. C’est un cadre de dialogue qu’on devrait mettre ensemble de façon consensuelle. Cela n’a pas été fait », a évoqué Dr Edouard Zotomou.

Les acteurs réunis au sein des forces vives estiment qu’à l’issue de deux mois de médiation, les leaders religieux n’ont pas ‘’pu’’ faire fléchir le camp d’en face (le gouvernement). Des intentions de manifester ont été également annulées, pour pouvoir donner la chance aux pourparlers mais toujours « que dalle », d’après les acteurs de cette coalition. Déçus, ils ont décidé de se faire entendre dans la rue.

« On ne peut pas dire que nous sommes de mauvaise foi parce que nous avons montré suffisamment que nous avons de très bonne foi. C’est la raison pour laquelle nous avons pu surseoir à deux ou trois manifestations. Ce n’est pas seulement la libération de Foniké Manguè, Ibrahima Diallo, Billo Bah, qui est le problème. Le problème c’est de pouvoir créer un cadre de dialogue consensuel, inclusif…, pas un cadre imposé.

On leur a donné mille et une chance. Les manifestations sont déjà programmées les 17,18 et le 24 et 25. Il faut être franc, tous les espoirs qui avaient été fondés sur l’émergence de cette médiation sont déçus. Ce qui a été dit n’est pas ce qui a été fait. On est en train de mélanger beaucoup de chose dans le cadre de cette transition. Nous avons toujours dit qu’une transition n’est pas faite pour développer un pays. Ce n’est pas que le développement d’un pays est mauvais, mais chaque chose a son temps et chaque chose a son rôle.

Le colonel Mamadi Doumbouya a été de très bonne foi au départ mais à l’heure actuelle, il s’est laissé entouré par des gens qui lui ont fait comprendre que ce sont les partis politiques qui sont plutôt opposés à ce qui se fait. Alors qu’après la transition, il faut bien que les politiques s’occupent de la gestion du pays », martèle l’acteur politique.

Dansa Camara DC

Pour Africaguinee.com    

Créé le 15 mai 2023 18:59

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