Guinée : mobilisation des partenaires à Conakry pour financer le plan stratégique genre et équité en santé 2025-2029
CONAKRY – Une importante table ronde consacrée au financement du Plan stratégique genre et équité en santé 2025-2029 s’est tenue ce jeudi 26 mars 2026 dans un hôtel à Conakry. Initiée par le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique et Expertise France dans le cadre du projet Renforcement des Ressources Humaines en Santé Publique dans l’espace CEDEAO, un projet financé par l’Agence Française de développement et mis en œuvre par Expertise France.

La rencontre a réuni plusieurs partenaires techniques et financiers, comme l’Organisation Mondiale de la Santé, l’UNICEF, l’Agence Française de Développement, le Fond Mondial, Gavi. La table ronde a été co-présidée par la Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, Madame Khaité SALL, et de la Ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités, Madame Patricia Adeline Lamah, venues réaffirmer l’engagement du gouvernement en faveur d’un système de santé plus juste, plus résilient et plus équitable.
Un plan pour corriger les inégalités
Dans son mot de bienvenue, Madame Jeanne Loua, cheffe du service genre et équité au ministère de la santé, a rappelé la vocation de cette initiative.
« Le service genre et équité existe pour faire en sorte que notre système de santé prenne en compte les besoins de chacun, -femmes, hommes, filles et garçons-, de manière équitable », a-t-elle expliqué.

Fruit de plusieurs mois de travail impliquant administrations, société civile et partenaires, ce plan stratégique couvre la période 2025-2029. Il s’articule autour de huit orientations majeures, allant notamment de la production de données désagrégées par sexe à la mise en place de mécanismes de financement durable.
« Ce plan a été conçu pour être opérationnel, avec des activités, des indicateurs et des responsabilités clairement définis », a précisé Mme Loua, avant de souligner que sa mise en œuvre nécessitera un appui financier et technique conséquent.

Le genre, un levier de développement
Prenant la parole, la ministre de la Femme, Patricia Adeline Lamah, a insisté sur la dimension stratégique du document. « La question du genre et de l’équité en santé n’est pas un enjeu sectoriel. Elle est au cœur de notre ambition de développement », a-t-elle affirmé, évoquant les défis persistants en Guinée, notamment la mortalité maternelle, les Violences Basées sur le Genre, les mutilations génitales féminines ou encore les mariages précoces.

« Ces situations ne peuvent plus être considérées comme normales. Elles nous obligent à agir avec méthode, cohérence et responsabilité », a-t-elle martelé. Selon elle, ce plan constitue un levier essentiel pour renforcer la justice sociale et garantir un meilleur accès aux soins pour les populations les plus vulnérables.
Un appel à la mobilisation
Mme Lamah a appelé à un engagement fort des partenaires techniques et financiers pour assurer la mise en œuvre effective du plan. « L’enjeu n’est plus de définir ce qu’il faut faire, mais de le faire », a insisté la ministre de la Femme.

Des avancées, mais encore des défis
De son côté, la ministre de la Santé, Madame Khaité SALL, a reconnu les progrès réalisés ces dernières années dans le secteur sanitaire, tout en appelant à plus d’efforts.
« Le taux d’accouchement assisté est aujourd’hui estimé à 77 %, mais ces avancées ne suffisent pas encore à corriger certaines inégalités profondes », a-t-elle indiqué.

Poursuivant, elle a notamment pointé les facteurs sociaux, culturels et économiques qui limitent l’accès aux soins pour une partie de la population.
« Derrière beaucoup de contre-performances sanitaires, il y a aussi des inégalités qui empêchent certains citoyens de bénéficier pleinement des services de santé », a-t-elle souligné. Pour elle, ce plan stratégique représente « un engagement politique fort » visant à intégrer durablement la dimension genre dans toutes les politiques sanitaires.

L’appui des partenaires internationaux
Intervenant au nom de l’Agence Française de Développement, son directeur en Guinée, Antonin Cœur-Bizot, a salué une initiative ambitieuse.
« Les inégalités de genre demeurent importantes et se traduisent notamment par des difficultés d’accès aux soins pour les femmes et les adolescentes », a-t-il déclaré.

Il a rappelé que le groupe AFD, à travers plusieurs projets mis en œuvre avec Expertise France, accompagne déjà le gouvernement guinéen, notamment dans la production de données sensibles au genre et la promotion de la santé sexuelle et reproductive.
« L’enjeu est d’intégrer durablement le genre dans les politiques publiques pour un impact transformationnel », a-t-il ajouté et a fini par dire que le projet Renforcement des Ressources Humaines en Santé Publique dans l’espace francophone de la CEDEAO, est une réelle opportunité pour réduire substantiellement les inégalités de genre. Le groupe AFD se félicite d’œuvrer auprès du ministère de la santé pour relever ces défis de l’équité et de l’inclusion sociale.

Une dynamique collective saluée
Pour sa part, M. Dionké Fofana, directeur de projet RHSP à Expertise France, s’est félicité de la démarche engagée. « Comme j’ai coutume de le dire, toute chose bien conçue s’énonce clairement. Ce processus est l’occasion de saluer le leadership du ministère de la Santé et le travail accompli pour l’élaboration de ce plan », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de dépasser la simple production de documents.
« Il ne s’agit plus d’élaborer des documents pour les ranger dans des tiroirs, mais de les accompagner et de faire de la pédagogie afin qu’ils soient compris et effectivement mis en œuvre. » Selon lui, la table ronde constitue une étape clé d’un processus plus large, incluant validation technique, validation politique et mobilisation des partenaires. Il a également souligné l’alignement du plan avec les priorités nationales, rappelant les orientations données par le président de la République en faveur des femmes et des jeunes.

Cette table ronde marque ainsi une étape décisive dans la volonté des autorités guinéennes de bâtir un système de santé « plus juste, inclusif et équitable », au bénéfice de l’ensemble des populations.
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 27 mars 2026 14:55
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