Guinée : Mamadou Gando BAH publie un nouvel essai intitulé « Le Défi Guinéen »…

CONAKRY– « LE DÉFI GUINÉEN », c’est le nom du nouvel ouvrage interpellateur de Mamadou Gando BAH, actuel Directeur National du Contrôle Financier au Ministère de l’Économie et des Finances. Il s’agit d’un essai de 135 pages réparti en cinq grands chapitres subdivisés en des sections. Africaguinee.com l’a feuillé.

Dans une démarche pédagogique, l’administrateur soulève une réflexion pointue sur les maux qui ont gangrené l’administration guinéenne et ont empêché le décollage économique du pays, malgré ses ressources abondantes. Ce nouveau livre paru en septembre dernier chez l’imprimeur ILP basé à Dakar et dédicacé cette semaine à Conakry se distingue par son originalité et la pertinence de la problématique abordée.

L’auteur ne fait pas que dénoncer, il propose aussi des pistes de solution. L’écriture de ce livre ne vise non pas à accuser, mais pour exposer les défis, non pas pour critiquer, mais pour proposer des pistes de solution, précise l’essayiste, qui avait déjà d’autres ouvrages dans ses arcannes comme la « La Politisation des Administrations Publiques en Afrique » ou encore « Finances Publiques ».

Mamadou Gando Bah se dit conscient de l’effet que ce livre pourrait engendrer chez certains « chauvins ». Mais loin des préjugés, il précise qu’il ne vise nullement une personne ou une catégorie de personnes ou encore à ouvrir un procès accusatoire. « Ne suis-je pas, moi-même, un haut fonctionnaire de l’Etat… ? », écrit-il.

Pourquoi ce livre ?

« En décidant d’écrire et d’aborder les problématiques de notre pays, j’ai choisi de m’acquitter d’un devoir citoyen pour soumettre aux autorités actuelles et à celles qui viendront après la Transition ainsi qu’aux chercheurs, des pistes de réformes qui, je le crois fortement, pourront contribuer significativement à alimenter la réflexion et à conduire à des prises d’actions fortes pour l’amélioration des conditions de vie de nos compatriotes. Je m’acquitte aussi d’un devoir moral pour que les générations futures sachent réellement ce qui s’est passé dans notre pays. Enfin, je m’acquitte d’une responsabilité face à la Guinée qui m’a tout donné et à laquelle, j’ai l’obligation de servir loyalement en tant que haut commis de l’Etat, mais aussi en tant qu’écrivain », explique l’administrateur dans la partie « INTRODUCTION » de son essai.

Qu’aborde-t-il ?

Dans le chapitre I, l’auteur met le curseur sur l’analyse de l’administration publique, avec en toile de fond, le mode de recrutement baisé des agents publics, le recours aux faux CV, la mauvaise organisation de l’administration publique, la concentration des agents publics dans la capitale, la mauvaise formulation des politiques publiques.

Le chapitre II aborde la reconstruction de l’administration publique, tandis que le chapitre III donne un aperçu sur le secteur des Mines. Sur ce point, il indexe entre autres des contrats mal ficelés, la persistance de la corruption dans le secteur ou encore son maintien dans une économie de rente.

Le chapitre IV est consacré à l’Agriculture avec un focus sur l’industrialisation du secteur et la production abondant du riz. Le chapitre V porte sur une brève analyse d’autres secteurs névralgiques comme la Justice, les routes, les transports, l’énergie, l’eau, l’emploi, l’habitat, la défense, l’éducation, la santé, la diplomatie etc.

Tout au long de la trame de son livre, l’auteur propose des réformes novatrices pour améliorer l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques. Pour Mamadou Gando Bah, le défi de la Guinée est de se doter d’une administration performante au service du développement capable de créer les conditions d’une exploitation rentable du secteur minier et de faire du secteur agricole un grenier pour les Guinéens. Pour y arriver, il mentionne que les intellectuels Guinéens ont l’obligation de prendre conscience du retard de la Guinée.

Devoir de vérité

Les défis actuels de la Guinée sont nombreux et préoccupants et ils méritent qu’on les aborde avec sérieux, rigueur et sincérité pour éviter de se méprendre et de tromper les citoyens, pointe l’auteur à la chute son ouvrage. Pour lui, que l’on soit agents publics, chercheurs, professeurs ou Guinéens tout simplement, chacun a un devoir de dire la vérité.

« Nous devons dire la vérité parce que dire la vérité, c’est reconnaitre que notre administration a besoin d’une remise à niveau, d’une refondation pour l’adapter aux enjeux du moment et d’une modernisation pour qu’elle puisse résister à la concurrence des États et à la fourberie des sociétés multinationales. La Guinée a besoin d’une administration capable de la conduire vers un développement irréversible pour le bonheur des Guinéens (…). Les intellectuels du pays doivent agir et proposer sans nourrir le désespoir de ne pas être entendus.

Pour ma part, j’ose espérer que les pistes de solution avancées dans ce livre contribueront à nourrir la réflexion des chercheurs et à alimenter les réformes engagées par les autorités dans le cadre de la reconstruction de notre État et de l’amorce d’un développement prometteur de la Guinée. En dépit des nombreux goulots d’étranglement relevés, je suis convaincu qu’une prise de conscience des Guinéennes et des Guinéens de tous secteurs confondus et le toute appartenance idéologique, pour un rassemblement autour d’un idéal commun contribuera à coup sûr, à jeter les bases d’un développement solide et durable de la Guinée pour le bonheur de tous », conclut-il.

Boubacar 1 DIALLO

Pour Africaguinee.com

Créé le 24 octobre 2024 16:23

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