Guinée : Des « incertitudes » sur la tenue du référendum avant la fin d’année…
CONAKRY-Le 31 décembre 2023, le président de la transition avait annoncé la tenue du référendum constitutionnel en Guinée, avant fin 2024. Cette promesse sera-t-elle tenue ? Rien n’est moins sûr. Et pour cause, à quatre mois de la fin de l’année en cours, c’est-à-dire à 120 jours de fin 2024, la Constitution sensée être soumise au référendum n’est toujours prête, encore moins le fichier électoral.
De la constitution
Une source proche de l’organe législatif de la transition, jointe par un journaliste de Africaguinee.com, rassure que toutes les démarches menant vers le référendum fin 2024, évoluent. Elle rappelle qu’avant l’élaboration de l’avant-projet de nouvelle constitution, une large consultation, associant la population avait été organisée par le Conseil National de Transition (CNT), afin de prendre ses avis pour la future loi fondamentale.
Une autre série de consultations sera organisée au début du mois d’octobre prochain par l’institution législative de la Transition. Les conseillers nationaux repartiront vers les populations pour leur demander si leurs avis et préoccupations ont été réellement pris en compte. Après cette démarche, un projet de Constitution verra le jour et il sera présenté à la population, nous a-t-elle confié.
« C’est lorsque ce texte est adopté par la population que ça devient une Constitution. En tout cas, au niveau du CNT, nous mettons les bouchées doubles pour tenir ce calendrier du référendum« , nous a confié notre source.
A l’en croire, l’objectif du CNT, consiste à prendre en compte les préoccupations des populations dans la future loi fondamentale. Notre informateur finit par dire que toutes les volontés politiques sont là en vue d’aller au référendum cette année en cours.
Actions dilatoires
Au sein de la classe politique, certains acteurs émettent des doutes et dénoncent des « va-et-vient inutiles » pour perdurer encore davantage la transition. « C’est du dilatoire ! Car c’est la énième fois que le CNT mène de consultations similaires sur ce projet de constitution. Tout est clair maintenant à la tête de tout le monde. Ces fameuses concertations n’ont qu’un seul et unique but : faire perdurer autant que possible le calendrier du retour à l’ordre constitutionnel. Il faut être illusionniste pour croire que le référendum qu’ils ont promis sera tenu avant la fin de l’année. Parce qu’en terme d’actions concrètes rien n’est encore fait pour honorer cette promesse présidentielle », explique un acteur proche des forces vives.
RAVEC…
Sur le terrain et sur un autre pan, en l’occurrence le programme national de recensement administratif à vocation d’état civil (PN-RAVEC) duquel découlera le fichier électoral, il y a eu certes quelques avancées substantielles, mais ce qui reste à faire est immense. Il y a moins de deux semaines, le comité de pilotage de ce programme important a reçu des documents censés être vulgarisés auprès des populations afin qu’elles y adhèrent, a-t-on appris. En plus de cette activité, des audiences foraines sont prévues, en rapport avec certains tribunaux. Une première réunion a eu lieu dans ce sens la semaine écoulée.
Quid de la position du gouvernement ?
Le Gouvernement prévient que le prochain fichier d’état civil ne va pas englober les 100% des guinéens. Il promet toutefois qu’il sera suffisamment représentatif de la population en âge d’être électeur afin que le fichier électoral soit représentatif de la société guinéenne, pour une bonne validation aussi bien du référendum, que des élections ultérieures qui interviendront à la suite.
Dans un entretien accordé à Africaguinee.com en début août, le Premier ministre Amadou Oury Bah avait été clair, déclarant que le Gouvernement doit tout mettre en œuvre pour que le référendum se tienne avant la fin de l’année 2024.
« Tout doit être mis en œuvre pour que cela puisse se faire. C’est un engagement, ce n’est pas un jeu que nous sommes en train de faire. Et tous les ministres et tous les responsables, y compris le CNRD, doivent mobiliser les efforts pour que cet engagement soit tenu. Ce n’est pas pour faire plaisir à la communauté internationale. C’est par rapport à nous-mêmes. C’est par rapport à notre propre responsabilité vis-à-vis de notre pays et de notre peuple. Les changements constitutionnels en vigueur, qui sont en train d’être mis en route, c’est la volonté populaire, qui est de ce point de vue une conséquence de plusieurs décennies d’usurpation, de tricherie, de mauvaise gouvernance et de non-respect des engagements tenus à l’égard du pays.
Le Général Doumbouya l’a dit et l’a répété, c’est l’une des raisons majeures de la prise du pouvoir le 5 septembre 2021. Et, le 31 décembre 2023, il l’a réitéré : tout devra être mis en œuvre pour que le référendum puisse se tenir. Et, en ce qui concerne cela, en tant que Premier ministre, Chef du gouvernement, en relation avec les ministères concernés, nous travaillerons aussi à mobiliser les contributions de la communauté internationale pour nous permettre de passer ce cap qui est certes le plus important dans le processus du retour à l’ordre constitutionnel », avait martelé Bah Oury.
A suivre !
Dansa Camara DC
Pour Africaguinee.com
Créé le 1 septembre 2024 11:50Nous vous proposons aussi
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