Guinée : Alpha Condé a-t-il baillé le Port autonome de Conakry ?

Le Président guinéen, Alpha Condé lors d'une visite au Port de Conakry

CONAKRY-Le Président Alpha Condé a-t-il vendu une partie du Port autonome de Conakry ? Rien n’est moins sûr ! Environs 700 employés du Port, lieu stratégique de l’économie guinéenne ont débrayé ce lundi 13 août. La délégation syndicale des travailleurs dudit  Port conteste, selon eux,  la vente d’un espace portuaire à des turcs.  


Selon nos informations, un contrat de vente d’une partie du port aurait été  signé entre  une entreprise turque et la direction générale du Port Autonome de Conakry depuis le début de ce mois d’août. Ces employés craignent de perdre leur emploi.

Interrogé, le secrétaire général de la délégation syndicale des travailleurs du Port Autonome de Conakry, Cheick Cherif Touré, a exprimé leur refus catégorique de confier la gestion du Port Autonome à des particuliers étrangers.

 « On ne veut pas que le port soit géré par les turcs. C’est un patrimoine national donc quand on attribue un port à un étranger pour gérer,  le pays sera en danger. En 1970, la Guinée a été attaquée par le port. Ce n’est pas pour rien le Président Ahmed Sékou Touré avait mis un camp marin pour sécuriser nos côtes. Cela peut-être la plaque tournante de la drogue. Les turcs parlent d’un partenariat public-privé. Ils veulent faire des concessions. C’est pourquoi nous sommes en grève et nous allons aller  jusqu’à la  satisfaction de nos revendications», s’est exclamé Monsieur Touré Cheick Cherif.

Lundi matin, une forte présence des forces de l’ordre a été remarquée devant le port autonome de Conakry. La raison, maintenir l’ordre, après la guéguerre qui a opposé le syndicat de la manutention portuaire (BMOP) et celle du port autonome. Cette dernière découlerait de la soi-disante « vente » du port par le Président de la République aux Turcs. Ce contrat de bail qui s’étendrait sur trente ans, permettrait à la société turque  de licencier les travailleurs, d’être dispensée du paiement des taxes pour 10 ans. Mais cela ne plait apparemment pas aux syndicalistes qui traitent ce « bail » carrément de « vente ». Munis des copies du contrat décrié, ils se sont rendus à la bourse du travail, où ils sont allés demander soutien auprès de l’inter central. Le délégué adjoint de la section syndicale du port, Sory Magassouba a expliqué les raisons de la fermeture de la porte du port.

« Ça fait six mois que le Président de la République a appelé un cabinet étranger qui était en train de travailler sur le contrat avec les turcs. Quand le contrat a été ficelé, nous avons été informés par des gens qui sont proches de lui. Nous, nous avons compris que le port de Conakry était en vente. Pendant les 30 ans, le port ne va pas appartenir à la Guinée, tel n'est pas le problème. Ce sont les nouvelles concessions au niveau des terminaux portuaires et ce n’est pas le domaine portuaire tout entier. Nous avons pris connaissance de ce contrat, nous l'avons fait rejeter, nous avons cerné et évalué les risques d'incidences environnementales découlant de ce contrat. Nous avons pris des dispositions pour contrer les effets secondaires négatifs découlant de ce projet. Aujourd'hui le Président de la République dit qu'il va aller avec ou sans nous », a expliqué ce syndicaliste.

 Daouda Camara, secrétaire à la négociation de BMOP, Manutention portuaire fustige la démarche des syndicats. « Nous nous avons notre statut particulier, quel que soit que celui qui arrange le port, travaillera avec les dockers, donc il n’est pas question que nous soyons licenciés. Nous luttons parce qu’ils veulent faire une injustice. Tout le monde sait que quand une gare voiture s’agrandi, les chauffeurs y gagnent beaucoup. Nous les Dockers, nous sommes des transporteurs de bagages, 50 kg de 8h à 20h pour avoir de quoi nous nourrir. Quand il ferme ici, nous on sera perdant. Vous avez entendu, vous-même en tant que journaliste que le Président Alpha a vendu Bolloré non ? Alors s’il l’a vendu, ce n’est pas vendu pour nous les Dockers(…) nous ici nous travaillons au nombre 4000 (…) », s’insurge ce docker qui trouve la démarche des grévistes tordue.

Alpha Condé : si vous n’amenez pas les gendarmes, il y aura des morts…

 « Quand on dit le bail, est-ce que c’est vendre? Même au Sénégal, leur aéroport, qui a arrangé ? C’est les turcs qui ont arrangé, si on dit que s’il baille il l’a vendu est-ce que ça c’est vrai ? S’il n’y a pas l’extension du port, est-ce que nous les dockers pouvons vivre ? Ils ont fait la chose sans informer les gens, eux ils sont au nombre de 800 personnes et nous 4000 personnes. Ils ont fermé la porte du port. Nous avons dit que ça n’allait pas rester fermé. Vous ne pouvez pas fermer la porte sans savoir le pourquoi, c’est d’ici que sorte les camions et rentre, donc on ne va pas fermer. Ils prennent des milliards, ça ne marchera pas. Les gendarmes ont trouvé qu’on était en vrai combat. C’est nous qui avons appelé le Président pour lui dire que si tu n’amènes pas les gendarmes, il y aura des morts. Mais avant que les gendarmes n’arrivent on avait déjà ouvert la porte. Ils n’ont aucune force de fermer la porte devant nous, mais ils ont échoué, c’est seulement nous qui pouvons fermer la porte. Si on doit faire quelque chose, il faut que nous nous asseyions ensemble afin d’en discuter. Ils n’ont pas un bon syndicat, ce sont des voleurs. La directrice qui était là-bas, quand il avait un problème, elle leur donnait », fustige ce docker.

Affaire à suivre…

BAH Aissatou et Bah Boubacar Loudah

Pour africaguinee.com

Tél : (+224) 655 31 11 14

 

Créé le 14 août 2018 11:27

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