Grève des magistrats : « On est face à un blocus… », révèle le Secrétaire Exécutif du Conseil supérieur de la magistrature

CONAKRY- En Guinée, depuis le 16 aout 2023, les Cours et Tribunaux guinéens sont partiellement paralysés, à cause de la grève déclenchée par l’association des magistrats. Les dirigeants de cette entité contestent la décision du ministre de la justice suspendant deux magistrats pour manquement à leur profession.

Face à la crise qui affecte le fonctionnement normal de l’appareil judiciaire, le Conseil supérieur de la Magistrature et le bureau de la Cour Suprême ont entrepris des démarches pour tenter de résoudre la crise entre le Garde des sceaux Alphonse Charles Wright et l’association des magistrats dirigée par Mohamed Diawara. Visiblement c’est une patate chaude qui est tombée entre les mains du Conseil supérieur de la Magistrature et du Bureau de la Cour Suprême.

Durant cette semaine, plusieurs réunions ont lieu à la Cour suprême dans le but de faire rapprocher les deux protagonistes. D’un côté, l’association des magistrats maintient sa grève et exige la levée de la sanction prise contre deux magistrats en service au Tribunal de première instance de Labé pour arrêter son débrayage, de l’autre, le ministre de la justice reste campé sur sa position.

Pour éteindre le « feu » qui couve dans la maison des magistrats en Guinée, le bureau de la Cour Suprême en collaboration avec le Conseil Supérieur de la magistrature ainsi que des doyens du corps des magistrats ont rencontré les protagonistes. Les négociations ont commencé.

« Nous sommes en négociations. Celles-ci ont été initiées par la Cour Suprême dont le président a fait appel à des doyens de la magistrature, le conseil supérieur de la magistrature, l’AMG qui a en son sein un comité de crise », a expliqué à Africaguinee.com M. Yaya Boiro, secrétaire exécutif du Conseil Supérieur de la Magistrature.

Le 15 aout dernier, après avoir suspendu les deux magistrats en service au TPI de Labé, le garde des sceaux a saisi le Conseil Supérieur de la Magistrature aux fins d’action disciplinaires contre le juge et substitut ayant fait l’objet de suspension. Une session extraordinaire devrait s’ouvrir au niveau du Conseil Supérieur de la Magistrature afin d’examiner la requête du ministre Charles Wright.

L’association des magistrats était d’accord face à cette démarche, mais le Conseil Supérieur de la Magistrature s’est buté à un obstacle, car les magistrats suspendus ont exprimé le souhait de se faire accompagner par des avocats pour les défendre, conformément à l’article 39 du statut de la magistrature.

« Puisque ces avocats sont en vacances jusqu’à la fin du mois de septembre, ils (magistrats) nous ont demandé d’envoyer l’affaire jusqu’en octobre. Quand leurs avocats reprendront service, en ce moment la session du Conseil Supérieur de la Magistrature devrait se tenir », a précisé le secrétaire exécutif.

Mais en attendant l’ouverture de cette session par le CSM, l’association des Magistrats de Guinée maintient son mot d’ordre. Face à ce mouvement qui affecte le fonctionnement normal de la justice, le corps des magistrats tente d’aplanir les divergences.

« Hier, on (conseil supérieur de la magistrature, le comité de crise de l’AMG, le bureau de la Cour Suprême, ndlr) s’est retrouvé parce qu’on est face à un blocus. C’est un droit pour les magistrats accusés de se défendre ou de prendre des avocats. Nous leur avons demandé de suspendre la grève en attendant la décision du CSM.

Ensuite, nous leur avons demandé de sursoir à la marche qu’ils (membres de l’AMG) projetaient à partir du 15 septembre en attendant que le Conseil Supérieur de la Magistrature examine tranquillement, sans pression et en toute souveraineté, la requête ou les dossiers qui lui ont été soumis dans cette affaire. Quand on siègera, on tranchera en toute indépendance », a révélé Yaya Boiro.

Le conseil Supérieur de la Magistrature voulait organiser une session extraordinaire pour examiner aussitôt l’affaire dont il a été saisi. Car pour suspendre son mouvement de grève, l’association des Magistrats exige la levée de la sanction de leurs confrères de Labé. Mais à la suite de le rencontre d’hier, l’association des magistrats a exprimé le souhait de retourner vers la base avant de décider de suspendre ou non son mot d’ordre de grève, a précisé le secrétaire exécutif du CSM.

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

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Créé le 13 septembre 2023 16:39

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