Grève dans l’Éducation: « Nous sommes en phase avec les syndicats pour une sortie de crise » (MEPU-A)

CONAKRY- Depuis près de quinze jours, l’école guinéenne est à l’arrêt, victime d’une grève qui secoue tout le système éducatif. Face à cette situation délétère, le Ministère de l’Enseignement Pré-universitaire et de l’Alphabétisation réagit. Son porte-parole Mohamed Ansa Diawara, confie à Africaguinee.com l’impact négatif de cette paralysie et réaffirme la volonté de son département d’améliorer simultanément l’enseignement et les conditions de vie des enseignants. Alors que les tractations se poursuivent pour une « sortie de crise » imminente, il revient sur le drame survenu la veille, les menaces de réorganisation du calendrier scolaire par des cours de rattrapage, et lance un appel pressant à l’apaisement et à la responsabilité de tous les acteurs. Entretien!

AFRICAGUINEE.COM: Depuis environ deux semaines, l’école guinéenne est paralysée. Comment le Ministère de l’enseignement Pré-universitaire et de l’Alphabétisatoion vit-il cette situation?

Mohamed Ansa Diawara

MOHAMED ANSA DIAWARA: Quand une seule classe n’étudie pas, ici en Guinée, cela déjà impacte négativement notre processus, notre système d’enseignement. À plus de forte raison, qu’il y ait deux, trois, quatre ou cinq écoles. Tout est impactant. Mais ce qu’il faut marteler ici, c’est que notre ministère tient beaucoup à l’amélioration de l’enseignement apprentissage. Mais cette amélioration aussi ne peut se passer forcément sans que les conditions de vie des enseignants ne soient améliorées. Donc les deux vont de pair. Voilà aujourd’hui ce qui est notre objectif.

Et c’est pourquoi nous prenons à bras le corps la situation qu’il y a dans notre secteur, qui est la grève. Aujourd’hui, nous sommes en phase avec les syndicats. Parce qu’il faut trouver une solution d’apaisement, il faut trouver une solution de sortie de crise. Un premier accord avait été obtenu. Hier, la FSPE et le SNE sont aussi revenus autour de la salle de négociation et des propositions ont été faites. À l’instant où je vous parle, tous les autres syndicats de l’Éducation ont une rencontre qui est prévue à la bourse du travail pour examiner ces propositions et éventuellement, aller vers une sortie de crise. Tous les acteurs du processus attendent à une suspension de la grève.

Hier, il y a eu un cas dramatique, une élève a perdu la vie. Est-ce que vous avez des informations sur les circonstances dans lesquelles ce drame s’est produit?

Nous regrettons ce drame. Nous avons appris que c’est dans une école privée. Notre directeur communal de l’éducation, au nom du département, a été adresser, toutes nos condoléances les plus émues à la famille. Ça a été vraiment regrettable. Évidemment, c’est l’une des conséquences des violences qui ont suivi hier dans beaucoup d’écoles.

Et c’est pourquoi, d’ailleurs, nous avons porté plainte contre X, quand on sait que les syndicats que nous connaissons, les élèves que nous connaissons, de tels mouvements ne peuvent surgir sans qu’il y ait des personnes mal intentionnées derrière. Mais avec les enquêtes, nous saurons qui sont derrière. Une enquête a été lancée et à la police et à la gendarmerie.

Est-ce que ces troubles vont amener le Ministère à réorganiser le calendrier scolaire?

Je crois que nous avons un calendrier. Chaque fois qu’il y a eu des perturbations, le ministère a toujours organisé des cours de rattrapage parce que le programme est entier, le programme doit être terminé, le programme doit être bien enseigné aux enfants. C’est l’un des soucis majeurs. La grève c’est le droit de ne pas aller au travail. Mais ce droit en lui seul a des impacts négatifs (…). L’État perd parce qu’il débourse de l’argent. L’enseignant lui-même est impacté parce que nous allons reprendre les cours. L’enseignant sera obligé d’abandonner ses heures de repos. Les congés vont être écourtés pour que tout ce qui a été perdu soit rattrapé.  Chaque fois que nous avons des perturbations, nous avons eu des cours de rattrapage. Donc c’est inhérent.

Votre Ministre est accusé d’intimider certains enseignants. Que répondez-vous ?

Mohamed Ansa Diawara, Porte-parole du Ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation

Nous n’avons pas cette information. Ce qui est évident, chaque autorité est responsable de ses actes. Le Ministre a demandé à tout le monde d’être responsable. Je pense que chacun agit de façon responsable en son propre nom. Pour le moment, nous n’avons pas ces informations que vous me transmettez.

Si le syndicat ne suspend pas la grève aujourd’hui, est-ce que le ministère pourrait être amené à anticiper les congés de Noël?

Nous souhaitons que l’accord soit trouvé aujourd’hui. Nous ne pensons pas à autre chose, nous ne pensons qu’à l’accord. Et nous pensons qu’il sera trouvé.

Quel appel avez-vous à adresser aux parents d’élèves, aux syndicats mais aussi enseignants?

Le message que nous lançons aux parents d’élèves, c’est appuyer fortement le département dans l’éducation citoyenne des enfants, surtout les enfants qui se mettent naïvement dans les rues, sans qu’ils ne soient concernés.

Lorsqu’il n’y a pas d’enseignants dans une école, l’élève retourne paisiblement à la maison sans se mettre dans un groupe pour aller attaquer d’autres écoles privées, surtout que les écoles privées n’ont rien à avoir là-dedans. Nous leur demandons aussi d’appuyez notre département à suivre les enfants à l’école et après l’école.

Nous sommes un département d’éducation, qui n’enseigne pas la violence. Donc, les négociations qui sont en train d’être entreprises sont souhaitables. Que chacun pense au calme, à la sérénité, au travail dans nos écoles. C’est très important parce qu’après tout, les pertes, se partagent à tous les niveaux : au niveau de l’État, au niveau des parents et au niveau de nos enseignants même.

A suivre!

Dansa Camara

Pour Africaguinee.com

Créé le 10 décembre 2025 15:26

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