Gestion des plaintes en Guinée : Un dispositif national harmonisé bientôt opérationnel dans 375 communes

CONAKRY –Vers la fin de la confusion dans la gestion des plaintes locales en Guinée. Sous l’égide de l’ANAFIC et avec le soutien de la Banque mondiale, un mécanisme national unique vient d’être validé à Conakry. Désormais harmonisé et bientôt digitalisé, ce dispositif sera déployé dans les 375 communes du pays pour offrir aux citoyens un interlocuteur unique, garantissant ainsi plus de transparence, de redevabilité et d’efficacité dans le traitement de leurs réclamations.

Avec l’appui de la Banque mondiale, l’Agence Nationale de Financement des Collectivités locales (ANAFIC) a tenu un atelier national consacré à la validation de deux instruments structurants : le Manuel actualisé du Mécanisme National de Gestion des Réclamations (MNGR) et le manuel de procédures encadrant la collaboration entre l’ANAFIC et les projets financés par l’institution internationale.

Cet atelier qui s’est déroulé les mardi 24 et mercredi 25 février 2026, visait à renforcer la transparence et la redevabilité dans la gestion des réclamations au service des citoyens. Selon le Directeur Général Adjoint de l’ANAFIC, qui a présidé l’ouverture et la clôture des travaux, ce nouveau cadre va instaurer des changements profonds une fois opérationnel.

« La première chose que ce manuel va changer, c’est que les projets ne vont plus évoluer individuellement. Un document unique va nous permettre de centraliser et de coordonner toutes les interventions. L’ANAFIC couvrait déjà l’ensemble des collectivités, mais la principale difficulté résidait dans la coexistence sur le terrain de plusieurs comités de réclamation mis en place par différents projets. Désormais, nous allons consolider ces comités pour disposer d’un seul document de référence que tous les projets utiliseront pour la remontée et le traitement des informations », a expliqué Dr Laye Camara, évoquant une avancée majeure pour l’institution et la Guinée.

Les avantages du nouveau mécanisme

« C’est une étape historique puisque c’est la première fois que nous disposons d’un mécanisme national de gestion des réclamations. C’est extrêmement important », a ajouté Dr Laye Camara. « Avec l’appui de la Banque mondiale, l’ANAFIC assure l’ancrage institutionnel de cette première phase. Cela nous honore, car notre agence intervient dans toutes les collectivités de Guinée bien avant beaucoup de ces projets. Que tout le monde nous rejoigne aujourd’hui est une fierté », s’est-il réjoui.

Le DGA de l’ANAFIC a également précisé le calendrier de mise en œuvre : « Une fois validé, ce document entrera directement dans la sphère opérationnelle. Nous réglons les derniers aspects techniques, notamment l’identification des comités existants via des fiches signalétiques. Cette phase de transition ne prendra pas plus de deux mois avant de rendre les outils pleinement opérationnels avec l’accompagnement d’ONG. »

Vers une mutualisation des ressources

Dans son intervention, le représentant de la Banque mondiale a expliqué que depuis l’entrée en vigueur du Cadre environnemental et social en 2018, chaque projet financé développait son propre mécanisme. Si cette dynamique a amélioré la gestion des plaintes, Mamady Kobélè Keïta reconnaît qu’elle a aussi conduit à une multiplication des comités, à des chevauchements de responsabilités et à une mobilisation importante de ressources.

« C’est dans ce contexte qu’a émergé l’idée de capitaliser sur l’expérience nationale. L’ANAFIC, forte de l’héritage du Programme d’Appui aux Collectivités Villageoises (PACV), dispose déjà de 375 comités opérationnels. Ce dispositif constitue une base solide pour construire une approche harmonisée », a précisé ce spécialiste en sauvegarde environnementale.

Pendant plusieurs mois, l’ANAFIC et onze projets partenaires ont travaillé pour adapter ce mécanisme aux exigences spécifiques, notamment en matière de risques environnementaux et sociaux, de prévention des abus et harcèlements sexuels, ainsi que de traçabilité.

Une ambition de digitalisation

Pour Mamady Kobélè Keïta, ces deux instruments (le manuel MNGR et le manuel de procédures de collaboration) ne sont pas de simples formalités techniques : « Cet atelier marque une étape décisive vers une rationalisation des efforts et une utilisation optimale des ressources publiques. La prochaine étape sera la digitalisation renforcée du mécanisme pour améliorer le partage d’informations et la production de rapports consolidés. »

De son côté, Gisèle Belem, spécialiste principale en développement social à la Banque mondiale, s’est félicitée de l’atteinte des objectifs : « Le document validé clarifie le fonctionnement du mécanisme au niveau des 375 communes urbaines et rurales, tout en définissant les modalités de collaboration entre l’ANAFIC et les 12 projets partenaires en Guinée. »

Enfin, Madame Diallo Fatou Kiridi Bangoura, spécialiste en sauvegarde sociale de l’ANAFIC, a conclu en remerciant les participants : « Jusqu’alors, la multiplicité des mécanismes pouvait porter à confusion au niveau local. À partir d’aujourd’hui, les populations vont avoir un seul interlocuteur, une procédure unique et des mécanismes de retour beaucoup plus performants. »

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 26 février 2026 10:39

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