Gadha-Woundou isolée du reste de la Guinée : l’unique bac, datant de la colonisation, a coulé…

KOUBIA-Les populations de Gadha-Woundou, une localité enclavée située dans la préfecture de Koubia, sont complètement isolées du reste du pays. Et pour cause, l’unique bac qui permet de traverser la rivière Woundouwol a coulé.

Pour arriver à Gadha-Woundou en provenance de Labé (120km) ou de Koubia centre (60km), le seul moyen de franchissement c’est le bac, installé là depuis la période coloniale sur la rivière Woundouwol. C’est ce bac qui a coulé la nuit dernière sous l’effet des fortes pluies.

Depuis ce matin, il n’y aucun moyen de passer et aucune déviation n’est possible actuellement. Gadha-Woundou qui fait frontière avec le Mali Bamako et une partie de la préfecture de Tougué à partir de sa sous-préfecture de Fello-Kondouwa est une zone très misérable. La survie de la contrée dépend du petit marché hebdomadaire et l’apport des ressortissants. L’inquiétude est grande partout depuis l’annonce de cette mauvaise nouvelle.

Il faut un hélicoptère pour porter assistance

Amadou Diouldé DIALLO est marchand vivant à Labé. Il envoie tous les samedis du riz à vendre comme beaucoup d’autres à Gadha Woundou via le bac. Il mesure la galère des populations locales.

« La nouvelle est mauvaise pour Gadha Woundou. Même avec l’existence du Bac, c’est difficile d’y aller vraiment. Aujourd’hui le bac a cédé, c’est la seule route pour y arriver. Derrière Gadha-Woundou c’est le Mali Bamako. Le marché qui se tient les samedis à Gadha Woundou ne peut plus réunir du monde tant que le trafic ne reprend pas. Il ne faut pas être expert des routes pour le savoir. Tout dépend des échanges qui se font dans ce marché.  Chacun venait vendre ses arachides, ses tubercules difficilement obtenues dans les champs pour acheter du riz, de l’huile… je pense qu’ils ont besoin des appuis humanitaires. Et comment acheminer ces vivres aussi ? Il faut un hélicoptère sinon c’est la catastrophe totale parce que l’enclavement est notoire », s’inquiète Diouldé Diallo, diplômé d’université reconverti en marchand.

La rentrée des classes menacée

B.S.D, enseignant contractuel nouvellement engagé à la fonction publique sert dans une localité de Gadha-Woundou. Ce directeur d’école redoute un report de la rentrée des classes à Gadha-Woundou :

« C’est triste ce qui arrive à Gadha-Woundou, même si le bac marche, il arrive des moments où il est impossible de passer, maintenant le petit espoir a cédé. Nous nous apprêtions pour la rentrée des classes le 25 septembre, mais les enseignants sont en ville à Labé, d’autres à Conakry pour les vacances. Pour le moment il n’y a aucun moyen pour retourner. Connaissant l’immobilisme de l’Etat face aux différentes situations d’urgence, nous risquons de rester sans solution avant le 25 septembre. Les eaux sont très élevées, même le Bac était surplombé. Nous sommes inquiets vraiment », observe cet enseignant.

Nous sommes misérables à Gadha-Woundou

Cellou Kanté, l’un des membres de la délégation spéciale de Gadha-Woundou est très affecté depuis qu’il a appris la nouvelle. Il dresse un constat regrettable :

« Toute la soirée d’hier jusqu’à ce matin, il pleut à Gadha-Woundou, le bac et tous les accessoires ont coulé sous l’effet des pluies torrentielles. Les gestionnaires du bac sont partis voir ce matin l’état des lieux comme toujours. Ils trouvent cette fois que le Bac n’est plus là. Les poteaux qui retiennent le Bac sont arrachés par les eaux. Présentement il n’y a aucun recours possible pour traverser la rivière avec ces grandes pluies. En saison sèche, il y a une déviation mais présentement, il n’y a rien. Nous sommes à 60km de Koubia centre et à 120km de Labé. Nous avons informé le préfet de Koubia qui a dit à son tour au gouverneur, le ministère des travaux public est saisi, je pense que l’Etat est informé déjà. Même les images sont jointes.

Nous sommes inquiets de notre situation actuelle. Le marché ne fonctionne pas pour le moment. Nous n’avons que le téléphone pour parler à nos correspondants et à nos parents. Nous faisons frontière avec Tougué à partir de la commune rurale de Fellokoundouwa. Pour contourner, il faut parcourir une distance de 200 km au moins sur une route cabossée. Pour le moment, nous sommes bloqués. Fellokoundouwa et Gadha-Woundou sont des communes rurales très misérables. Le reste nous faisons frontière avec le Mali », explique le vice-président de la délégation spéciale de Gadha-Woundou.

Alpha Ousmane Bah

Pour Africaguinee.com

Tel: (+224) 664 93 45 45

Créé le 10 septembre 2024 14:24

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