Frontière Guinée-Sénégal : le renforcement des contrôles douaniers bloque les taxis, des voyageurs sur le qui-vive
KOUNDARA – La reprise du trafic routier sur l’axe Labé-Koundara-Sénégal, après la grève des transporteurs; se heurte à de nouvelles exigences douanières. Les taxis de transport commun, acheminant d’imposants volumes de marchandises sur leurs toits, font désormais l’objet de contrôles stricts, d’évaluations de charges et du paiement de quittances pour pénétrer sur le territoire guinéen.

Autrefois tolérée ou exemptée, cette formalité a pris de nombreux transporteurs au dépourvu. Depuis plusieurs jours, d’importantes files d’attente de véhicules s’allongent devant les services de douane, provoquant des retards majeurs pour des voyageurs bloqués bien malgré eux.
Une réglementation stricte qui rompt avec les pratiques passées
Un convoyeur de camion témoigne de ce changement brutal d’approche : « Nous, les routiers, n’avons pas de difficulté particulière, à part d’éventuels soucis de réseau lors des règlements électroniques. En revanche, pour les taxis, les débuts sont très difficiles. Auparavant, ils traversaient la frontière sans encombre après une simple vérification d’identité et un contrôle sommaire. Aujourd’hui, plus de quarante taxis sont bloqués. Les marchandises sont soumises à un dédouanement réglementaire. Ceux qui sont prêts à s’en acquitter le font, tandis que les autres attendent. »

Les agents des douanes rappellent en effet que la tolérance observée jusqu’ici n’était qu’une mesure d’assouplissement temporaire. Désormais, l’application de la législation sur le transport marchand s’effectue sans exception : chaque chargement doit être déchargé, inspecté, évalué et quittancé avant toute autorisation de passage.
Des voyageurs pris en otages et financièrement impactés
Cette situation pénalise lourdement les passagers (dont de nombreuses femmes, enfants et personnes âgées) qui ne sont pas propriétaires des marchandises transportées sur les toits des véhicules.
Neene A. Diallo, commerçante itinérante se rendant au marché de Diaoubhè depuis plus de dix ans, exprime sa frustration :

« Tout le conflit se joue entre les chauffeurs, les propriétaires des marchandises et les douaniers, mais ce sont les simples passagers qui subissent le retard. Le problème est que nous avons déjà réglé nos tickets au départ. Les chauffeurs refusent de nous rembourser, même partiellement, ce qui nous empêche de prendre un autre véhicule pour poursuivre notre route vers Labé. Arrivés ici à 11 heures ce jeudi, nous devrons passer la nuit sur place en espérant pouvoir repartir demain. »
Même constat d’impuissance chez H. Kanté, venue rendre visite à sa famille en Guinée :
« Nous souffrons énormément depuis hier à la frontière de Koundara. Les passagers n’ont rien à voir avec ces différends commerciaux, mais se retrouvent coincés. N’ayant pas anticipé une telle immobilisation sur un trajet habituellement court, nous avons déjà épuisé notre argent de poche pour nous nourrir. »
La position de l’administration douanière
Contacté par Africaguinee.com, un officier des douanes confirme l’instauration systématique de ces contrôles et le paiement obligatoire des droits afférents :

« L’obtention d’une quittance est désormais obligatoire pour tous. Le montant est calculé en fonction du volume et de la nature de la charge. Tout le monde est désormais informé : les marchandises sont inspectées, évaluées en bonne et due forme, et les chauffeurs ne peuvent repartir qu’une fois leur dossier et leur quittance régularisés. Il s’agit d’une taxe légale. »
Alpha Ousmane Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 17 septembre 2026 22:44Nous vous proposons aussi
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