Football de rue en Guinée : berceau des talents malgré le manque d’infrastructures

A Conakry, loin des centres de formation, de nombreux jeunes développent leurs talents de footballeurs dans les rues. Dans de nombreux quartiers, ils investissent quotidiennement les artères pour pratiquer cette variante populaire du football, malgré les risques et les conditions précaires.

Sur des terrains improvisés, entre flaques d’eau et grottes, ces passionnés nourrissent un rêve commun : devenir joueurs de classe mondiale. Cette ambition alimente leur détermination et les pousse à braver les difficultés.

« Dans notre quartier, on n’a pas assez de terrains pour nous améliorer. On joue sur ce petit espace. Moi, je suis un grand passionné, je rêve de devenir un grand joueur. Nous avons tous envie d’avoir une chance de jouer ailleurs. Si, nous avions de bonnes infrastructures, nous pourrions progresser et espérer intégrer un club », confie Oumar Sadjo Diallo, attaquant d’un club informel.

La réalité est souvent rude et les conditions de jeu exposent les jeunes à des blessures fréquentes, poursuit-il. « C’est très déplorable de jouer dans les flaques d’eau, sur des cailloux. On peut se blesser à tout moment », regrette-t-il.

Faute d’infrastructures adaptées, le football de rue est parfois banalisé. Les jeunes qui le pratiquent sont, à tort, considérés comme des désœuvrés. Pourtant, l’histoire du football guinéen montre que nombre de talents ont émergé de ces espaces improvisés avant d’embrasser une carrière professionnelle.

Dans un stade de proximité de la haute banlieue de Conakry, Souleymane Bah encadre plusieurs jeunes joueurs. Il rêve de voir ses poulains évoluer un jour dans de grands clubs européens. Pour lui, l’accompagnement institutionnel est indispensable.

« Celui qui passe du temps sur le terrain a moins de risques de se retrouver dans le ghetto. L’État devrait investir pour nous offrir des terrains. Moi, j’ai appris à jouer dans la rue et j’en suis fier. Personne ne peut arrêter le football de rue », soutient-il.

Un avis partagé par l’international guinéen Salam Sow, qui revendique lui aussi ses origines modestes.

« Personne ne peut arrêter le football de rue. Moi, je viens de là-bas et j’en suis fier. Ce n’est pas Saint-Étienne qui a formé un garçon comme Pascal Feindouno. Il a été formé dans les rues », souligne-t-il.

Des dribbles audacieux, des feintes inspirées, des frappes puissantes… C’est dans ces espaces libres que naissent souvent les gestes les plus spectaculaires. Pieds nus ou chaussés. Un ballon suffit pour faire jaillir la magie.

En Guinée, le football de rue demeure ainsi un vivier incontournable de talents. Reste à savoir si les pouvoirs publics saisiront l’opportunité d’accompagner cette passion populaire pour en faire un véritable levier de développement sportif et social.

 

Sayon Camara 

Pour Africaguinee.com 

 

Créé le 15 février 2026 08:12

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