Fonction publique : Le « malaise » de 477 fonctionnaires en attente de leur affectation

CONAKRY- Près de 500 cadres de la promotion 2024, destinés à renforcer les rangs du ministère du Budget, se trouvent aujourd’hui dans une impasse administrative inédite, a appris Africaguinee.com.

Malgré leur statut de fonctionnaires et la perception régulière de leur traitement salarial, ces recrues n’ont, à ce jour, reçu aucune affectation ni fiche de poste, selon des témoignages de certains d’entre eux qui se sont confiés à un de nos journalistes. Un paradoxe qui pèse sur le moral de ces jeunes diplômés passés par l’épreuve de l’induction civilo-militaire.

Un parcours du combattant sans ligne d’arrivée

L’un de ces fonctionnaires, s’exprimant sous le sceau de l’anonymat, ne cache plus son inquiétude face à cette stagnation qui dure depuis des mois. « Nous avons suivi avec rigueur l’induction civilo-militaire telle qu’elle était pré-établie par le programme national de recrutement. C’était un engagement fort de notre part. Et pourtant, depuis cette étape, et alors que nous sommes déjà en mars 2026, nous sommes 477 à n’avoir reçu aucune affectation officielle. C’est ce qui commence à nous inquiéter sérieusement. Jusque-là, personne n’a été affecté à une fonction », explique-t-il.

La situation s’est complexifiée avec la récente mutation institutionnelle, voyant le ministère du Budget fusionner pour devenir le Ministère de l’Économie, des Finances et du Budget. Pour ces cadres, ce changement de configuration a entraîné une perte de repères et d’interlocuteurs directs.

« Vous savez, avec les changements actuels, il n’y a plus de Direction des Ressources Humaines opérationnelle pour nous répondre. Pourtant, lorsque les RH étaient encore en place, ils nous avaient convoqués pour des sessions de formation et d’évaluation au Palais. C’était l’année dernière. On nous avait promis qu’à l’issue de ces tests, la ventilation des effectifs se ferait en fonction des performances de chacun vers les différentes directions. À chaque fois que nous demandons des nouvelles, on nous répond que « c’est prêt », mais c’est toujours la même rengaine. Nous tendons vers le quatrième mois de l’année 2026 et nous percevons des salaires sans aucune fonction réelle », enchaîne notre source.

Pour beaucoup, intégrer la fonction publique était un choix de patriotisme. « Nous avons abandonné des situations professionnelles intéressantes dans l’espoir de servir l’État. Certains d’entre nous ont démissionné de postes où ils touchaient des salaires élevés. Et aujourd’hui, nous nous retrouvons sans bureau, sans mission. C’est comme si nous étions dans une situation de semi-chômage rémunéré, ce qui est frustrant pour des cadres qui ont envie de produire des résultats », martèle-t-il, appelant le Président de la République, à se pencher personnellement sur leur dossier.

Nous faisons partie de ses actions prioritaires. Il avait promis de nous intégrer, il l’a fait, mais la chaîne d’exécution semble grippée. Je reste convaincu que le Président n’est pas au courant de cette situation réelle sur le terrain. Nous voulons attirer son attention : nous sommes des cadres prêts à servir, nous avons accepté de suivre une formation militaire exigeante en nous privant de tout confort pour répondre aux besoins de la nation. Nous ne demandons qu’à travailler”.

Une lueur d’espoir au sommet ?

La nouvelle équipe dirigeante du ministère semble avoir pris la mesure du problème. Interrogée par la rédaction d’Africaguinee.com, le nouveau Secrétaire Général, fraîchement installé, a promis de s’attaquer au dossier prioritairement.

« Ce sont des situations que nous allons régler. Je viens tout juste de prendre mes fonctions. Nous allons travailler activement sur ce dossier », a-t-il promis.

Dansa Camara

Pour Africaguinee.com

Créé le 23 mars 2026 19:04

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