FENAC 2025 : la 20ᵉ édition officiellement lancée, cap sur Koundara
Symbole d’unité et de reconnaissance des cultures minoritaires, la 20ᵉ édition du Festival national des arts et de la culture (FENAC) se tiendra à Koundara. Le ministre Moussa Moïse Sylla a donné le coup d’envoi de cette édition inédite ce samedi à Conakry, plaçant la préfecture du Badiar au centre de la scène culturelle nationale.
La cérémonie de lancement s’est déroulée sous la présidence du ministre de la Culture et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, en présence du préfet de Koundara, le colonel Abdourahmane Keita, du président de la délégation spéciale de la commune de Koundara Abdourahmane Bah, du représentant de l’ambassadeur de France en Guinée, M. Nicolas Huet, ainsi que de plusieurs autres personnalités.

Dans son allocution, le ministre Moussa Moïse Sylla a rappelé que le FENAC demeure « une célébration de l’âme guinéenne » et « une grande école du dialogue et de la transmission », unissant traditions (griots, balafon, masques, contes) et modernité (musique urbaine, arts numériques, cinéma) pour forger un véritable creuset d’unité nationale.
En choisissant la préfecture de Koundara, le ministère de la Culture souhaite rendre un hommage appuyé aux communautés des régions profondes — Bassaris, Badjarankés, Koniaguis et Foulakoundas — décrites comme « des gardiens authentiques de l’identité guinéenne », ayant su préserver leurs traditions face à l’uniformisation culturelle imposée par la mondialisation.

« Notre vision pour cette édition est limpide et ambitieuse : valoriser le patrimoine vivant, les pratiques culturelles et communautaires, notamment celles des minorités locales, tout en numérisant leurs contenus pour les préserver et les partager. Les communautés Bassari, Coniagui, Foulakounda et d’autres gardent l’authenticité de ce que nous sommes en tant que Guinéens. Ils ont résisté à l’acculturation, à l’évolution culturelle, aux assauts liés à l’islamisation et à l’entrée du christianisme. Ce sont eux les vrais Guinéens, et nous voulons leur rendre hommage », a déclaré le ministre.
Poursuivant son intervention, Moussa Moïse Sylla a précisé la mission de son département :
« À travers cette édition, nous voulons créer une passerelle de formation, d’innovation et de coopération entre artistes et institutions de différents pays, renforcer le sentiment d’appartenance nationale chez les jeunes, consolider le partenariat public-privé, et promouvoir l’industrialisation des arts et de la culture. »

Le ministre a également exprimé sa profonde gratitude à tous ceux qui œuvrent pour cette noble ambition :
« Je salue tout particulièrement les organisateurs du Festival des Arts du Badiar (FESTAB) qui ont su maintenir le flambeau. C’est grâce à cette lumière que nous avons découvert toute la richesse et la diversité du patrimoine culturel de Koundara », a-t-il ajouté.
Pour sa part, le préfet de Koundara, le colonel Abdourahmane Keita, a souligné la portée symbolique de cette délocalisation :

« Si cette édition se tient sous le leadership éclairé du ministre Moussa Moïse Sylla, elle revêt pour nous, fils et filles de Koundara, une signification toute particulière : celle d’une reconnaissance nationale d’un territoire qui œuvre sans relâche à la promotion de la culture, de la cohésion et de l’identité guinéenne. »
Il a rappelé la naissance, en 2022, du Festival des Arts du Badiar (FESTAB), initiative pionnière ayant permis de valoriser des patronymes longtemps perçus comme “étrangers”. L’accueil du FENAC, selon lui, est un acte inclusif et réparateur, traduisant la volonté du gouvernement de bâtir une Guinée où « chaque culture compte, chaque nom a sa place, et chaque citoyen voit sa dignité reconnue ».

À travers cette édition, le département entend professionnaliser et innover le secteur culturel. Une quinzaine de compétitions artistiques interrégionales est prévue, couvrant diverses disciplines : musique urbaine, danse patrimoniale, percussions, théâtre, conte et arts visuels.

Le Directeur général des Industries culturelles et créatives (ICC), M. Mamadou Adama Bilia Bah, a pour sa part mis en avant un partenariat stratégique avec Expertise France dans le cadre du projet de Musée virtuel, destiné à numériser et préserver le patrimoine culturel immatériel guinéen.
De son côté, le représentant de l’ambassadeur de France, M. Nicolas Huet, a salué cette dynamique et réaffirmé l’engagement de son agence :

« Le cheminement des événements sera l’occasion de multiples captations de la culture guinéenne, une culture plurielle, vivante et universelle. »
Le Festival national des arts et de la culture (FENAC) s’apprête ainsi à écrire une nouvelle page de son histoire. Pour la toute première fois, sa 20ᵉ édition se tiendra en région, à Koundara, du 5 au 7 décembre 2025.

Aboubacar Siddy Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 26 octobre 2025 15:59









