Exportation de courant : Une « belle affaire » pour la Guinée mais…
CONAKRY-Alors qu’elle était plongée dans une crise d’électricité, la Guinée est passé en un temps record du statut d’importateur de courant à d’exportateur. Le pays dirigé par le Général Mamadi Doumbouya fournit de l’Énergie à ses voisins comme le Sénégal, le Libéria et la Côte d’Ivoire. Ironie du sort, quand la Guinée était en crise, c’est le Sénégal qui l’a dépanné, en déboursant à peu près chaque mois la coquette somme de huit millions de dollars.
Mais la donne a changé et au sein de l’opinion des questions fusent : Pourquoi la Guinée exporte-t-elle de l’électricité alors que certaines de ses villes sont dans le besoin ? Combien va-t-elle récolter de cette exportation ? Et surtout jusqu’à quand va-t-elle durer ? Africaguinee.com lève un coin du voile.
« Aujourd’hui, le Sénégal nous paie la même quantité d’énergie que ce qu’on prenait avec lui. Ce qui revient à dire que le Sénégal va nous payer 8 millions de dollars chaque mois durant cette (période) d’exportation. Le mois passé c’est ce que le Sénégal payé et ce mois-là également c’est le même montant. Le Libéria et la Côte d’Ivoire, le montant va dépasser les 8 millions de dollars », explique à Africaguinee.com une source bien informée.
Elle ajoute : « Certains sont étonnés lorsqu’on dit que le Sénégal prend le courant chez nous alors que dans un passé très récent, il nous donnait l’électricité. Mais ce que les gens doivent savoir, le Sénégal produit de l’électricité thermique qui coûte plus chère que l’hydraulique. Donc le Sénégal s’est dit : on va faire une petite économie chez nous. Comme la Guinée est en surproduction au niveau des barrages, on va éteindre les groupes et on va prendre de l’énergie avec la Guinée. Parce que le kilowattheure coûte 22 cent avec l’énergie thermique alors qu’avec l’hydraulique, ça revient à 16 cent le kilowattheure. Le Sénégal fait une économie d’échelle, et nous on reçoit des dollars. Donc, chaque jour on peut évacuer entre 150 et 160 mégawatts ».
Si la Guinée exporte de l’énergie actuellement, la raison est simple : c’est parce qu’il n’y a pas de ligne de transport pour toucher les villes qui sont dans le besoin.
« La seule ligne de transports qui a été réalisée pendant ces trente années-là, c’est la ligne d’interconnexion de l’OMVG (L’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Gambie). Il y a un grand poste à Linsan. C’est donc cette ligne qui permet d’évacuer le courant vers le Libéria, vers le Sénégal, c’est la même ligne qui permet d’évacuer vers la Côte d’Ivoire. Mais s’il y avait des lignes de transports entre Conakry et Boffa, entre Conakry et Boké, entre Linsan et Faranah, ou entre Linsan et Guéckédou, on n’allait jamais exporter ça vers l’extérieur. Mais mieux vaut exporter cette énergie que de la perdre parce que c’est de l’argent perdu », explique notre source.
Toutefois, d’après elle, cette exportation ne devrait pas durer assez de temps. « Nous sommes en train d’exporter de l’énergie mais cette exportation ne peut pas excéder le mois de décembre à moins qu’il continue de pleuvoir et que le niveau d’eau dans les barrages ne revienne pas à 210 ».
A suivre !
Focus Africaguinee.com
Créé le 11 octobre 2024 07:00Nous vous proposons aussi
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