Exploitation « économique » présumée de mineurs : plusieurs mères de famille devant le TPI de Kaloum
CONAKRY – Le tribunal de première instance (TPI) de Kaloum a poursuivi, ce mardi 9 juin 2026, les audiences dans l’affaire impliquant plusieurs femmes poursuivies pour « exploitation économique de mineurs », « mendicité » et « outrage ».
Détenues depuis près de trois semaines à la Maison centrale de Conakry, une dizaine de femmes guinéennes et sierra-léonaises ont comparu devant le juge pour livrer leur version des faits.
À la barre, les prévenues ont tour à tour rejeté les accusations, affirmant pour la plupart exercer de petits commerces afin de subvenir aux besoins de leurs familles.
« Mon enfant ne revend pas de l’eau »
Parmi elles, Mme Sow a expliqué avoir été arrêtée alors qu’elle revenait d’un achat destiné à sa fille âgée de trois ans.
« Je ne reconnais pas les faits. Je revends de l’eau et je laisse ma fille avec son homonyme pendant que je travaille. Après chaque vente, je viens la voir. Le jour de mon arrestation, j’étais partie lui acheter des chaussures parce qu’elle n’en avait pas », a-t-elle déclaré.
Selon elle, sa fille ne participe à aucune activité commerciale.
« Mon enfant est encore un bébé. Elle ne m’aide pas à revendre de l’eau. Je n’ai personne pour la garder quand je sors travailler », a insisté la prévenue.
« Les gendarmes m’ont embarquée »
Une autre femme, identifiée sous le nom de Sylla, a expliqué avoir été interpellée alors qu’elle se trouvait à proximité de personnes consommant de la chicha.
« Mon bébé de quatre mois était couché non loin de personnes qui fumaient. Les gendarmes sont arrivés et m’ont demandé si l’enfant était le mien. Quand j’ai répondu oui, ils m’ont demandé de monter dans le pick-up », a-t-elle expliqué.
Elle affirme avoir ensuite été conduite à l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs (OPROGEM) avant son transfèrement à la Maison centrale.
« Je demande pardon. Je ne resterai plus à côté des fumeurs de chicha. Moi-même, je ne fume pas », a-t-elle ajouté.
« Je suis venue récupérer une enfant »
Mamata Camara, mère de cinq enfants, soutient quant à elle avoir été arrêtée alors qu’elle tentait de récupérer une mineure interpellée à Bonfi.
« Je suis venue de Kindia pour faire du petit commerce à Conakry afin d’aider ma famille. On m’a informée qu’une fille que je connaissais avait été arrêtée au marché. Quand je me suis rendue à la gendarmerie, on m’a finalement gardée », a-t-elle expliqué.
Très émue, elle a rappelé que ses enfants restés au village dépendaient d’elle.
« Mes enfants sont à l’école et comptent sur moi », a-t-elle déclaré devant le tribunal.
« Mon enfant reste près de moi pendant le commerce »
Une ressortissante sierra-léonaise a également contesté les faits mis à sa charge.
« Je vends des jus à Boulbinet et mon enfant de 10 ans reste toujours à côté de moi pendant le commerce. En Sierra Leone, nous sommes actuellement en vacances », a-t-elle expliqué.
Les auditions se sont poursuivies avec les autres prévenues.
Yayè Aïcha Barry
Pour Africaguinee.com
Créé le 9 juin 2026 16:04









