Expertise France renforce les capacités de 11 formateurs de l’Ecole nationale de Police et de Protection Civile et de l’Ecole nationale de Gendarmerie en Technique d’enquête sur la Traite des êtres humains
CONAKRY – Dans le cadre de la mise en œuvre de la composante 2 du projet d'Appui à la lutte contre la traite des êtres humains dans les pays du Golfe de Guinée (2019-2023) financé par l’Union européenne, Expertise France a formé onze (11) officiers de la police judiciaire guinéens.
Du 28 mars au 1er avril 2022, plusieurs officiers de la police judiciaire ont été formés sur les techniques spécialisées sur la traite des êtres humains, grâce à Expertise France. Pour ce séminaire qui a eu lieu à l'école nationale de la gendarmerie Sonfonia, six (6) militaires de la Gendarmerie et cinq (5) Policiers dont trois (3) femmes ont bénéficié de cette formation.
Plusieurs thèmes ont été abordés lors de ces cinq jours de formation dont entre autres : La traite des êtres humains ; la législation internationale; la traite et le trafic illicite de migrants ; les tendances de la traite en République de Guinée; le blanchiment d'argent ; la protection des victimes et la mise en situation, à travers des cas concrets etc.
A l'occasion d’une cérémonie organisée ce 1er avril 2022, marquant la fin de cette formation, Expertise France a saisi l’occasion pour procéder à la remise des satisfécits aux 11 officiers de la police judiciaire bénéficiaires de ce renforcement de capacités. Ce n’est pas tout. Les modules de formation axés sur la traite des êtres humains, aux écoles de la police et de la gendarmerie ont aussi été remises.
"Nous souhaitons que l'ensemble des bénéficiaires de ces formations s'approprient ces méthodes d'enseignement et mettent à profit les techniques qu'ils ont reçues afin de mieux enseigner le module Traite des êtres humains à nos futurs agents de police, des gendarmerie, OPJ et Directeur d'enquête. Nous souhaitons également que ces modules ajoutés à ceux des magistrats puissent être intégrés dans les curricula de formation des responsables afin qu'ils soient opérationnels", a sollicité Mamadou Bassirou Bah représentant d'Expertise France à cette cérémonie.
Conscient du danger et des conséquences de la traite des êtres humains, le Directeur Général adjoint de l'École Nationale de Police et de la Protection Civile a expliqué que ces modules de formation leur serviront dans le cadre de la formation de leurs agents officiers judiciaires et enquêteurs.
"La Traite des Êtres Humains étant une activité criminelle, clandestine, lucrative et complexe; sa lutte nécessite des connaissances pointues sur les mécanismes de détection et d'identification des suspects ainsi que les techniques spéciales d'enquête. Ce qui de facto implique une formation spécifique des forces d'application de la loi comme l'a établi le rapport diagnostic du fonctionnement de la chaine pénale. A ce titre, ces différents modules de formation serviront de bréviaire pour notre institution dans le cadre de la formation des Agents et Officiers judiciaire d'une part et des Directeurs d'Enquête d'autre part. Soyez rassuré quant à notre détermination à ne ménager aucun effort afin d'intégrer très prochainement ces différents modules dans le curricula de formation de l'École Nationale de Police et de Protection Civile", a expliqué Mohamed Fodé Laye Bangoura.
La vice-présidente du comité national de lutte contre la traite des personnes et des pratiques assimilées, a, quant à elle expliqué que c'est grâce à ces sessions de formation que la Guinée a pu mettre en place des modules pour les agents, pour les Officiers de Police Judiciaire, pour les directeurs d'enquête et pour les magistrats.
"Ces modules sont conformes aux instruments juridiques internationaux auxquels la République de Guinée a ratifié ; aux normes nationales du Code pénal, du Code de Procédure Pénale. Sans oublier les meilleures pratiques mondiales répertoriées comme les indicateurs de Traite de l’ONUDC puis, des pratiques guinéennes comme l'intégration de jurisprudence de la Guinée dans les modules", a expliqué Hadja Mariama Souadou Diallo avant de lancer un appel aux différentes écoles nationales de gendarmerie et de police.
"Aux Écoles de formation concernées, nous sollicitons au nom du Comité national de Lutte contre la Traite des Personnes et Pratiques Assimilées une intégration de ces modules dans vos curricula de formation respectifs afin qu'à moyen et long terme cette pratique alarmante et destructrice des droits humains cesse en Guinée. Et, j'encourage les bénéficiaires de s'approprier ces techniques innovantes d'enquête et aux écoles de s'approprier les modules et de les mettre en application dès maintenant dans leurs différentes enquêtes pour les uns et dans les différents curricula pour les autres", a lancé la vice-présidente du comité national de lutte contre la traite des personnes et des pratiques assimilées.
Avant d'annoncer la mission de ces 11 récipiendaires au sortir de cette formation, le Directeur de l'école des sous-officiers de la gendarmerie nationale, a rappelé que cette formation vise dans un premier temps, à renforcer les capacités opérationnelles du personnel Gendarme et Policier. Et dans un second temps, améliorer les connaissances des Officiers de Police judiciaire (OPJ) sur les techniques d'enquêtes Spécialisées relatives à la traite des êtres humains.
"Chers récipiendaires, vous avez reçu pendant ces cinq (05) jours des enseignements pluridisciplinaires indispensables à l'exercice de vos fonctions d'OPJ. Sachez que vous aurez à l'avenir la lourde responsabilité de restituer ces connaissances acquises aux autres cadres de la Police et de la Gendarmerie sur la lutte contre la traite des êtres humains. La Direction de l'École adresse ses vifs remerciements au Haut Commandant de la Gendarmerie de Nationale et Directeur de la Justice Militaire et son équipe pour les efforts qu'ils fournissent dans le cadre de la professionnalisation du personnel des Forces de Défense et de Sécurité. Nous remercions également la Coopération Française qui a toujours assisté les Écoles dans la conception des programmes et le suivi des stages", a aussi laissé entendre le Lieutenant-Colonel Sidiki Fofana.
Adjudant Ousmane Baldé a au nom des récipiendaires, remercier toutes personnes impliquées dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet qui les a permis à bénéficier de cette formation.
"Au nom de tous les stagiaires, j'exprime notre profonde gratitude à l'endroit de monsieur le Haut commandement de la gendarmerie nationale et directeur de la justice militaire, à monsieur le Directeur National de la police et de la protection civile, à madame la vice-présidente du comité national de lutte contre la traite des personnes et des pratiques assimilées, à nos partenaires de l'union européenne et de Expertise France, à monsieur le Directeur de l'école des officiers de la gendarmerie, à monsieur le Directeur de l'école de la Police et de la protection civile", a remercié ce stagiaire avant d'énumérer les thématiques qui ont été abordés durant les 5 jours de formation.
"Durant ces 5 jours, nous avons appris ce que c'est que la traite des êtres humains, le cadre juridique international de la traite en l'occurrence le protocole de Palerme et nationale à savoir : le code pénal en ses articles 323 et suivants, les techniques d'enquêtes et d'auditions des victimes, la protection des victimes, la distinction entre la traite des êtres humains et le trafic illicite des migrants, la typologie des fraudes et la reconnaissance faciale", a déroulé Adjudant Ousmane Baldé.
Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Tel : (00224) 666 134 023
Créé le 6 avril 2022 18:17Nous vous proposons aussi
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