Évaluation des partis politiques : Des révélations « troublantes »…
CONAKRY-En Guinée le rapport d’évaluation des partis politiques révèle des disfonctionnements « troublants ». Alors que le Gouvernement promet d’assainir l’échiquier politique, certains partis évalués crient au scandale. Que révèlent les premières conclusions de cet examen ? Explications.
Des sièges
Selon madame Zénab Camara, en charge des Partis Politiques au Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), a niveau des sièges, on retrouve trois catégories. Parmi les partis évalués, il y en a qui ont pris une annexe pour en faire un bureau, d’autres ont le siège national dans un salon. Il y en a aussi qui ont le siège national dans un restaurant. « C’est là où nous avons été reçus », explique l’ancienne commissaire de la commission électorale nationale indépendante (CENI).
L’évaluation qui vient d’être bouclée a été déployée à l’échelle nationale. A l’intérieur du pays, le constat est quasiment pareil. Les émissaires du MATD à l’intérieur du pays ont été reçus parfois dans la concession du secrétaire fédéral ou sous un arbre quelque part, révèle madame Zénab Camara. Elle précise que tout a été analysé. Lors de cette évaluation, 122 sièges (ou soi-disant) ont été visités.

Les agréments
Sur ce point les cas diffèrent. Il y a des partis qui ont changé de noms alors que l’agrément comporte les informations initiales de (sa)création.
« Sur l’agrément, on dit que le parti s’appelle parti X, mais en réalité, il a changé de nom. Ou on nous dit que ça a été fait sur la base d’un congrès, sauf que le congrès est constitué de l’ensemble des membres du comité de base, des fédérations, des sections, du bureau politique national, des bureaux régionaux, du comité central, etc. Mais quand vous regardez le procès-verbal de congrès, on ne voit aucune liste jointe au PV pour prouver que tous ces gens ont pris part au congrès. Quand on introduit cela dans le système, il va considérer que vous n’avez pas fait de congrès », révèle madame Camara.
Relevés bancaires
Les partis politiques devraient également être évalués sur leurs états financiers. Là aussi des constats saisissants ont été faits par les évaluateurs. S’il y a de bons élèves, en revanche d’autres n’ont rien pu justifier.
« Nous avons demandé les relevés bancaires de 2021, 2022 et 2023, il y en a qui ont bien fourni (les documents) mais d’autres ne l’ont pas fait. Il y a aussi des partis politiques qui n’avaient pas de comptes bancaires, d’autres ont des comptes qui sont récents, c’est-à-dire que ça a été créé récemment quand on a parlé de l’évaluation. On ne sait pas donc pour ces partis, comment ils reçoivent des cotisations alors qu’ils disent dans leurs statuts que les membres cotisent mensuellement. Il faut, par contre, dire aussi qu’il y a des partis qui ont deux comptes, trois comptes avec de l’argent ou parfois rien », détaille madame Camara.
Suspension et dissolution des partis politiques…
Les partis politiques qui ne sont pas en règle vont avoir 90 jours pour se mettre en règle. S’ils ne parviennent pas pendant ces 90 jours, c’est la suspension du parti qui suivra. Au-delà d’un délai qui leur sera accordé, c’est la dissolution du parti qui va suivre. Pourquoi ? « Parce qu’on va considérer que ce parti n’est pas en mesure de se mettre en règle », explique madame Zénab Camara.
Dossier à suivre !
Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 19 juillet 2024 13:31Nous vous proposons aussi
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