État civil et fichier électoral : la Guinée renforce la base de la démocratie par la modernisation de l’identification

CONAKRY – La Direction Générale des Élections (DGE) et l’Office National de l’État Civil et de l’Identification (ONECI) ont réaffirmé, ce samedi 13 décembre 2025, leur engagement commun en faveur de la modernisation de l’état civil guinéen, à l’occasion d’une cérémonie de remise de gilets et de tee-shirts aux officiers délégués de l’état civil de la Commission de Délivrance des Identités (CDI).

C’était en présence de hauts cadres de l’administration, de responsables techniques, d’officiers d’état civil et de journalistes. Cette rencontre tenue à la Direction Générale des Élections, s’inscrit dans le contexte de refondation institutionnelle engagé par les autorités de la transition.

Dans son intervention, la DGE madame Camara Djenabou Touré, a rappelé que la Guinée a longtemps été confrontée aux limites des recensements électoraux cycliques, marqués par des coûts élevés, des tensions sociales et une défiance récurrente autour de la fiabilité du fichier électoral. « Tous les rapports d’audit du fichier électoral, de 2010 à 2020, ont recommandé de placer l’état civil moderne à la base du fichier électoral », a-t-elle souligné.

La mise en œuvre du Programme National de Recensement Administratif à Vocation d’État Civil (PN-RAVEC) a permis la création du Registre National des Personnes Physiques (RNPP), qui recense aujourd’hui environ 10 millions de personnes, dont 6,7 millions d’électeurs potentiels.

Deux lois structurantes ont ainsi été adoptées :la loi sur l’identification des personnes physiques ;la loi sur l’état civil.

Selon la DGE, l’objectif stratégique est désormais clair : passer d’un recensement électoral ponctuel à une alimentation continue du fichier électoral, à partir des données fiables de l’état civil. « Une personne non identifiée à la naissance est un fantôme pour l’État », a rappelé la  responsable de la DGE, insistant sur la faiblesse persistante du taux d’enregistrement des naissances – et plus encore des décès – dans le pays.

Grâce au RNPP et au Registre National de l’État Civil (RENEC), la Guinée ambitionne de procéder chaque année, au 31 décembre, à une mise à jour automatique du corps électoral, par extraction des citoyens ayant atteint l’âge de 18 ans.

La responsabilité de ce système repose essentiellement sur les officiers d’état civil, légalement chargés à la fois de l’enregistrement des faits d’état civil et de l’identification des personnes physiques.

« Faire la loi est une chose, l’appliquer correctement en est une autre », a-t-elle dit, appelant à une implication totale des agents sur le terrain.

La collaboration entre la DGE et l’ONECI sera formalisée à travers des conventions techniques, juridiques et administratives, afin de baliser le partage des données et les responsabilités institutionnelles.

Au-delà des élections, les responsables ont insisté sur l’importance des statistiques vitales — naissances, décès, mariages, adoptions — pour la planification du développement.

« Sans statistiques réelles et fiables, il n’y a ni planification crédible, ni politiques publiques efficaces », a-t-il été rappelé, citant notamment les besoins en eau, en éducation ou en santé, étroitement liés à la structure démographique.

Les intervenants ont réaffirmé leur adhésion à la vision portée par les autorités :« Un citoyen, une identité juridique et numérique », condition essentielle pour une Guinée stable, démocratique et tournée vers le développement.

La cérémonie s’est achevée par une remise symbolique des équipements aux officiers d’état civil, salués pour leur rôle central dans l’assainissement du fichier électoral et la consolidation de l’État.

Sayon Camara

Pour Africaguinee.com

Créé le 14 décembre 2025 07:49

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