Entag: Sans eau ni route, les sinistrés vivent une situation de « détresse inédite »

CONAKRY-Le quartier Entag Marché2, situé dans la commune de Tombolia, vit depuis quelques jours une situation de détresse inédite. Suite à une inondation d’une rare violence survenue la semaine dernière, les habitants sont plongés dans un calvaire indescriptible. Privés d’eau potable, d’électricité et d’accès routier, ils vivent dans une angoisse permanente, livrés à eux-mêmes.

Aujourd’hui, le quartier ressemble à un village fantôme. La route principale est complètement dégradée, transformée en un parcours d’obstacles par les dernières pluies diluviennes. Les motards sont contraints de s’arrêter bien avant d’atteindre les habitations, obligeant les résidents à marcher prudemment sur un terrain glissant et semé de trous, parfois profonds. Une situation qui fait craindre le pire pour les enfants du quartier.

« Nous n’avons pas de route ici. Dès qu’il pleut, nos maisons sont envahies par l’eau. Comme vous l’avez constaté, il n’y a même plus de débat sur l’état des routes. Ce qui nous inquiète le plus, ce sont nos enfants. Depuis la dernière inondation, nous les gardons à la maison car les trous sont si profonds qu’un enfant pourrait y perdre la vie. Aujourd’hui, nous vivons dans un calvaire total. Ceux qui en ont les moyens quittent le quartier. Nous, nous attendons l’aide de l’État », témoigne Kadiatou Traoré, habitante du quartier.

Crise d’eau potable

En plus du problème d’accès, les habitants sont confrontés à une grave pénurie d’eau potable. Les installations de la Société des Eaux de Guinée (SEG), qui permettaient une distribution minimale deux fois par semaine, ont été arrachées par les inondations. Aujourd’hui, les robinets sont secs. Pour s’approvisionner, les familles parcourent de longues distances jusqu’à un forage rudimentaire.

« Regardez vous-même : les canalisations de la SEG sont détruites. Nos robinets ne fonctionnent plus depuis la semaine dernière. On marche loin, sous la pluie, sur cette route dégradée, pour aller puiser de l’eau. Imaginez vivre sans eau potable ! Nous lançons un appel pressant à la SEG pour qu’elle intervienne rapidement », lance Mariama Conté, mère de famille.

Sinistrés abandonnés ?

Face à cette crise, plusieurs familles ont fui le quartier, se réfugiant chez des proches dans les zones périphériques. Pour ceux qui sont restés, le quotidien est devenu un véritable cauchemar. Mambafo Komara, sinistrée, vit dans la peur permanente.

« Nous avons peur. Dès qu’il pleut, personne ne dort ici. Lors de la dernière inondation, notre maison a été touchée. Nous n’avons plus de toilettes, plus d’eau, rien. La nuit, j’envoie les enfants chez les voisins, mais la journée, c’est un supplice. Nous appelons le Président Mamadi Doumbouya à se pencher personnellement sur notre cas », a-t-elle lancé.

Après la catastrophe, des autorités ont promis la prise en charge médicale des blessés. Mais sur le terrain, la réalité est tout autre. Plusieurs victimes affirment avoir été abandonnées après les premiers soins. Mamoudou Soumah en est un exemple frappant.

« On nous a promis une prise en charge par le gouvernement. Mais quand je suis allé à la structure sanitaire, ils m’ont simplement remis une ordonnance. Je ne travaille pas, mes enfants font ce qu’ils peuvent pour m’aider. Faute de moyens, je me soigne moi-même à la maison. Ce n’est même plus ma santé qui m’inquiète, mais plutôt l’avenir de ma famille. Si on pouvait nous reloger ailleurs, je suis prêt à partir. »

Aujourd’hui, Entag Marché2 lance un cri d’alerte. Le quartier fait face à une double urgence : humanitaire et sanitaire. Les habitants, désemparés, appellent l’État à une réaction rapide, concrète et durable.

Sayon Camara

Pour Africaguinee.com

Créé le 6 août 2025 09:28

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