Enseignement Supérieur : « La rentrée de ce 14 octobre ne nous concerne pas… » dixit le Syndicat
CONAKRY- Le Syndicat National Autonome de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (SENASURS) compte déclencher une grève générale dans le secteur de l’enseignement supérieur pour exiger la satisfaction de ses revendications. Pour parler de cette crise qui pointe à l’horizon, nous avons interrogé Mohamed Soumaoro, le secrétaire administratif du bureau national du SENASURS.
AFRICAGUINEE.COM : Le syndicat national autonome de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (SENASURS), menace d’aller en grève. Pourquoi ?
MOHMED SOUMAORO : La raison est simple : ça fait deux ans et quelques, nous sommes sur ces dossiers de revendications à savoir, celui des homologues enseignants-chercheurs et chercheurs des IES (Instituts d’enseignement Supérieurs), IRS (Instituts de Recherche de Scientifique) et CDI (centres de documentation et d’information) et le dossier des Enseignants-Chercheurs non-reclassés devenu désormais un point de revendication et la Non application effective du Décret de rémunération. Les autorités sont au courant, il n’y a même pas à se poser la question. Le dossier des homologues, ça fait deux ans que nous sommes là-dessus, tous les jours c’est de nouvelles versions. Vous imaginez que des autorités puissent discuter avec des partenaires sociaux de l’éducation, vous vous mettez d’accord sur des points précis qu’ils ne respectent pas, ça énerve. Nous ne pouvons pas évoluer comme ça. L’autorité s’appelle respect des engagements. Quand tu dis, tu le fais, c’est ça la définition de l’autorité. Et si les gens ne le font pas ? On a trop fait de concessions, nous n’irons pas à l’ouverture. La rentrée du 14 octobre ne nous concerne pas.
Est-ce que les autorités sont vraiment au courant de toutes ces revendications ?
Les autorités savent en détails ces revendications qui sont : la signature de l’arrêté d’engagement homologues, l’application effective du Décret de rémunération et il y a le dossier des enseignants non reclassés. On a porté un plaidoyer devant le ministre, ils ont dit qu’ils ne peuvent pas. Il y a de cela quelques mois, avant la fin de l’année universitaire, nous avons envoyé une lettre réponse dans laquelle nous avons demandé une rencontre avec monsieur le ministre mais jusqu’à maintenant-là, nous n’avons pas eu de suite favorable dans ce sens-là.
Nous avons été invités par le Conseil National de la Transition (CNT) avec une commission qui est là-bas, nous avons discuté de cette question, on a donné des détails. On leur a dit ce qu’on voudrait faire, en ce moment c’était un plaidoyer. Là-bas également, depuis qu’on a quitté personne, ne nous a appelés. Ça veut dire que les autorités n’ont pas pris ce problème au sérieux.
Prenons le cas des enseignants non reclassés, ils sont privés des droits bien que certains disent que ce n’est pas leur droit. Parce que le Décret a fait une catégorisation des enseignants-chercheurs, on leur a dit que si vous n’êtes pas reclassés au grade assistant et plus, les primes qui sont données, ils n’en ont pas droit. Pendant ce temps, il y a des gens qui ne sont pas de l’éducation, pas seulement de l’enseignement supérieur, mais ils bénéficient de ces primes-là. Et ceux qui sont en classe on dit que ce n’est pas leur droit parce qu’ils ne sont pas reclassés. A partir du moment où d’autres qui ne sont pas de l’éducation bénéficient ces primes alors que ceux qui sont en classe ne bénéficient pas, la seule appellation qu’on peut attribuer cela, c’est une injustice.
Il y a des militaires qui prennent cette prime, et le Décret dit dans son intitulé : Les fonctionnaires titulaires de grade, alors que le militaire n’est pas fonctionnaire. Alors, en vertu de quoi ils peuvent bénéficier des primes de l’enseignement supérieur ? Nous ne nous opposons pas. Nous sommes tous des guinéens, mais on ne peut pas laisser ceux qui sont en classe, on dit qu’ils n’ont pas droit parce qu’ils ne sont pas reclassés alors que ceux qui ne connaissent même pas la route des salles de classe en bénéficient.
Quelles que soient les raisons sociales, nous syndicats allons-nous laisser nos camarades trainer comme ça ? Ce n’est pas possible. Car on a porté un plaidoyer, on n’a pas été écouté. Nous, nous accordons du sérieux à nos revendications parce que notre devoir, nous sommes en train de le faire, savoir enseigner aux enfants de la République. Le syndicat, c’est de défendre d’abord le travail ensuite le travailleur et ses intérêts. Nous estimons avec conviction et assurance que ce devoir là nous sommes en train de le faire avec honnêteté. Mais si on enlève une catégorie dans ça pour dire qu’elle n’a pas droit à des avantages faute d’être reclassée, alors que ceux qui ne sont pas de l’éducation prennent ces primes, vous voulez qu’on se taise sur ça. Non, soyons raisonnable.
Vous avez adressé une ‘’alerte maximale ‘’ à vos représentants et à la base. Ce qui veut dire que la grève sera effective ?
Ce n’est pas une affaire de si. On a envoyé une mission à la fonction publique. Ce n’était pas pour des négociations, mais c’est pour les informer que, comme on ne nous prend pas au sérieux, nous-mêmes nous allons nous prendre au sérieux. Si rien n’est fait, nous allons déposer notre préavis. La grève n’a été que suspendue, donc nous allons prononcer la levée de la suspension du mot d’ordre de grève si nos revendications ne sont pas réglées.
A suivre !
Entretien réalisé par Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 14 octobre 2024 07:44Nous vous proposons aussi
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