« Elle a bataillé pour conserver son prénom… » : Les confidences de Madifing Diané sur Hadja Andrée Touré
CONAKRY- À l’occasion de la cérémonie de recueillement et de prières organisée ce vendredi 21 août 2026, en hommage à Hadja Andrée Touré, décédée il y a 40 jours, l’ancien ministre et gouverneur de Labé, Madifing Diané, a livré un témoignage sur un épisode méconnu de la vie de l’ancienne Première dame de Guinée.
Dans son intervention, Elhadj Madifing Diané est notamment revenu sur l’attachement de l’épouse du premier président guinéen, Ahmed Sékou Touré, à son prénom de baptême, Andrée, qu’elle aurait refusé d’abandonner malgré les demandes de certaines de ses belles-sœurs.
Née dans une famille catholique et fille d’un médecin français ayant servi dans l’armée coloniale, Hadja Andrée Touré aurait, selon le témoignage de Madifing Diané, conservé son prénom de baptême comme un dernier lien avec son père, après avoir embrassé l’islam, la religion de sa mère.
Pour Madifing Diané, Hadja Andrée Touré incarnait avant tout une femme au foyer, une épouse et une mère, plutôt qu’une Première dame au sens protocolaire du terme.
« Hadja Andrée Touré n’était pas à mes yeux une Première dame de la République. Elle n’était qu’une femme au foyer, dédiée au service de son mari, de son pays et des orphelins qu’elle a élevés. Au-delà de tout cela, c’était une mère », a déclaré Madifing Diané.

L’ancien gouverneur de Labé a également insisté sur l’humilité dont aurait fait preuve l’ancienne Première dame dans sa vie quotidienne. Selon lui, malgré son statut d’épouse du chef de l’État, Hadja Andrée Touré accomplissait les tâches domestiques comme de nombreuses femmes guinéennes.
« Hadja Andrée Touré a cuisiné comme n’importe quelle femme du foyer, fait la lessive comme n’importe quelle femme du foyer, repassé et soufflé sur le feu de bois comme n’importe quelle femme de Guinée. C’est une marque d’humilité exceptionnelle dans sa vie », a témoigné Madifing Diané.
Le combat pour conserver son prénom « Andrée »
C’est toutefois son récit sur le prénom de l’ancienne Première dame qui a particulièrement retenu l’attention. Madifing Diané affirme avoir été témoin d’une scène au cours de laquelle Hadja Andrée Touré aurait été invitée à abandonner son prénom de baptême « Andrée » (à connotation catholique) pour prendre celui de la mère d’Ahmed Sékou Touré « Aminata ».
L’épisode aurait eu lieu à son retour du pèlerinage à La Mecque en 1981, selon le témoignage de l’ancien ministre.
« Elle a été baptisée Andrée. Elle a chéri son nom, elle a embrassé notre religion (l’islam), elle a emboîté le pas à son mari. J’ose dire aujourd’hui pourquoi elle a conservé ce prénom, car j’en ai été le témoin. Elle a effectué le pèlerinage et j’en faisais partie, le 18 octobre 1981 », a-t-il relaté.
À son retour, poursuit-il, ses belles-sœurs lui auraient demandé de changer de prénom afin d’adopter celui de leur mère, Hadja Aminata Fofana. Une demande à laquelle l’ancienne Première dame aurait opposé un refus catégorique.

Face à cette résistance, ses belles-sœurs auraient alors porté l’affaire devant Ahmed Sékou Touré, président de la République de Guinée à l’époque des faits.
« Elle a résisté. Face à son refus, ses belles-sœurs sont allées trouver son époux, le président Ahmed Sékou Touré, pour qu’il lui demande cette grâce. Elle a été convoquée, et j’étais présent », raconte Elhadj Madifing Diané.
« La seule chose qu’il me reste de mon père, c’est mon prénom »
Selon le récit de l’ancien gouverneur de Labé, Ahmed Sékou Touré aurait alors laissé ses sœurs présenter directement leur requête à son épouse. Hadja Andrée Touré aurait ensuite expliqué les raisons profondes de son refus, en évoquant son parcours religieux et surtout le lien affectif qui la rattachait à son père à travers son prénom.
« Je suis née catholique, j’ai été baptisée catholique, j’ai embrassé la religion de ma mère dans mon adolescence et j’ai été mariée à la mosquée de Kankan. Je suis musulmane. La seule chose qu’il me reste de mon père, c’est mon prénom, Andrée. Je vous prie respectueusement de me laisser partir avec ce nom », rapporte Madifing Diané.
D’après son témoignage, cette demande aurait finalement été respectée. « Et elle s’en est allée avec ce prénom Andrée », a conclu Madifing Diané.
Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 21 août 2026 14:42Nous vous proposons aussi
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