Éducation: Pourquoi le statut particulier des enseignants tarde-t-il à voir le jour ?

CONAKRY- Pourquoi le statut particulier des enseignants tarde-t-il à voir le jour en Guinée ? Accusé de « mauvaise volonté » par l’intersyndicale, le gouvernement s’en explique, évoquant notamment une harmonisation globale des corps de métier et un vaste chantier de digitalisation.

Le statut particulier de l’éducation est un ensemble de règles juridiques qui définit le statut des agents du corps de l’éducation, c’est-à-dire les enseignants, les personnels de direction et autres fonctionnaires de l’enseignement. Il précise leurs droits, obligations, conditions de travail, classification, rémunération, ainsi que les procédures de recrutement et d’avancement. Ce statut est distinct pour chaque corps d’appartenance (par exemple, professeurs agrégés, certifiés, etc.). Son objectif est de reconnaître la spécificité des métiers de l’éducation et de garantir un cadre réglementaire clair et équitable pour les professionnels du secteur. La rédaction du statut particulier de l’éducation a toujours été au centre de la lutte syndicale.

Interrogé à ce sujet, le porte-parole du gouvernement a assuré que la réforme se poursuit avec « rigueur ». Cependant, précise-t-il, un statut particulier constitue avant tout une réforme sectorielle qui relève davantage du secteur concerné que de la gestion globale de la Fonction publique.

« Tous les agents publics sont soumis à un statut général. En Guinée, la loi n° 027 portant statut général des agents publics est en vigueur. Cette loi encadre les droits, devoirs, obligations, avantages, ainsi que le déroulement de la carrière, du recrutement jusqu’au départ à la retraite, en passant par le régime disciplinaire et les sanctions. Toutefois, chaque secteur doit adapter la gestion de son personnel aux spécificités de son métier. Par exemple, un médecin obéit à des contraintes horaires et d’organisation particulières (travail de nuit, gardes) qui nécessitent des dispositions spécifiques. C’est dans cette logique que le statut particulier des enseignants, ainsi que neuf autres statuts sectoriels, sont actuellement à l’étude. Conformément aux orientations du chef de l’État sur la refondation de l’administration, nous menons ces réformes avec rigueur« , a expliqué Faya François Bourouno.

Garantir les conditions de vie et de travail

Le travail s’effectue en concertation avec les ministères de l’Éducation pour garantir aux personnels de meilleures conditions de vie et de travail, a rassuré Faya François Bourouno. Il estime qu’il s’agit d’une harmonisation des statuts particuliers.

« Cette démarche ne se limite pas à l’enseignement : la Fonction publique traite l’ensemble des corps d’État équitablement. Des travaux similaires sont en cours pour une dizaine d’autres corps, notamment les professionnels de la santé, le personnel de l’administration pénitentiaire ou encore les greffiers. L’objectif final est d’établir un cadre harmonisé pour la gestion de l’ensemble des statuts particuliers au sein de l’administration guinéenne« , souligne le porte-parole du gouvernement.

Assainissement et digitalisation

Faya François a déclaré qu’avant le 5 septembre 2021, (date d’arrivée du président Doumbouya au pouvoir), la fonction publique ne disposait d’aucune liste en temps réel des effectifs réellement en poste dans le secteur de l’éducation.

Pour y remédier, selon Bourouno, un contrôle physique exhaustif dans toutes les écoles du pays au cours des deux dernières années a été mené. « La suspension des traitements des agents absents a révélé que de nombreux fonctionnaires, recrutés initialement pour enseigner, occupaient en réalité des postes dans d’autres ministères« , a-t-il détaillé.

Le ministre de la modernisation de l’administration révèle que grâce à la mise en place d’un outil numérique de gestion, l’État est désormais en mesure d’identifier, pour chaque établissement de la République de Guinée, l’affectation exacte des enseignants et le niveau pédagogique pris en charge. 

Le ministre estime aussi que ceci est un dispositif qui garantit le respect des droits des agents tout en mettant fin au déséquilibre historique entre les services administratifs et les salles de classe. 

« Il était fréquent de constater une pénurie d’enseignants sur le terrain alors que les Directions Préfectorales de l’Éducation (DPE) enregistrent des effectifs de 200 à 300 agents, pour une norme établie entre 23 et 25 personnes. Afin de résorber ce déficit dans les zones rurales et d’encourager la présence des enseignants à l’intérieur du pays, une prime d’incitation de 1 500 000 GNF par mois a été instaurée pour les agents affectés dans les districts. L’assainissement par la digitalisation a également permis de corriger des anomalies majeures, notamment le versement indu de cette prime à des agents résidant à Conakry au détriment d’enseignants en poste dans des localités reculées« , détaille M. Bourouno. 

Dansa Camara DC

Pour Africaguinee.com

Créé le 24 août 2026 08:32

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