Un ancien consommateur du Kush brise le silence : « j’ai volé, trahi, détruit… pour une dose»
CONAKRY-Alors que la drogue Kush continue de faire des ravages en Guinée, sa consommation demeure préoccupante. Une situation difficile à comprendre pour bon nombre de citoyens, qui estiment que les nombreux cas de décès auraient dû suffire à dissuader les usagers.
Pourtant, l’addiction semble plus forte que la peur. « L’abandonner n’est pas aussi facile que vous l’imaginez », nous confie un ancien consommateur que nous appellerons Mister One, qui a accepté de partager son expérience. (Image d’illustration)
Après plusieurs jours de négociation, Mister One a accepté de nous recevoir dans sa chambre pour évoquer, à visage couvert, cette drogue meurtrière qui endeuille tant de familles. Il commence par décrire les effets immédiats et la composition de cette substance :
Ce qui la rend vraiment dangereuse, c’est le formol
« La drogue Kush n’est pas bonne, pour être clair avec vous. Quand vous voyez la feuille, on dirait du chanvre indien, mais elle est transformée en poudre. Ce qui la rend vraiment dangereuse, c’est le formol qu’on y ajoute — un produit chimique normalement utilisé pour la conservation des cadavres. C’est ce produit qui rend la Kush extrêmement nocive »a-t-il expliqué.

Selon lui, deux types de Kush sont largement consommés en Guinée : la “Frappe” et la “Dort”. « La “Frappe”, c’est la plus dangereuse. Quand tu en consommes, tu as l’impression d’être électrocuté. C’est elle qui fait sortir la langue. La “Dort”, comme son nom l’indique, te plonge dans un sommeil profond. Et quand tu n’en prends pas, tu ressens de fortes douleurs articulaires. L’eau devient même l’ennemi juré des consommateurs : dès que tu la touches, les effets de la drogue s’estompent et tu ressens immédiatement le besoin d’en reprendre. »
L’addiction prend le dessus

Interrogé sur les raisons qui poussent malgré tout les jeunes à consommer cette drogue, Mister One reconnaît que même les usagers ont conscience de sa dangerosité, mais l’addiction prend le dessus :« La Kush est la pire des drogues. Même dans les ghettos, on le sait. Mais seul Dieu peut aider quelqu’un à s’en sortir. L’arrêter n’est pas aussi simple. Moi, c’est en constatant ce que j’étais devenu que j’ai décidé d’arrêter. Quand l’envie te prend, tu es prêt à tout : voler, vendre des objets à bas prix, trahir la confiance des proches… C’était devenu mon quotidien. Heureusement, dans nos ghettos, certains anciens interdisent la Kush aux nouveaux venus. Ils leur expliquent ses conséquences dévastatrices. »

Une drogue qui tue doit être fuie à tout prix
Après plus d’un an de consommation, Mister One a finalement réussi à tourner la page. Aujourd’hui, il profite de notre entretien pour adresser un message fort aux autorités et à la jeunesse :« Ce que je demande à mes frères qui consomment encore, c’est de prendre la décision courageuse d’arrêter. C’est difficile, mais c’est possible. Une drogue qui tue doit être fuie à tout prix. Je demande aussi aux autorités d’interdire totalement la vente de cette drogue en Guinée. Tant qu’elle sera accessible, il y aura toujours des victimes. »
Sayon Camara
Pour Africaguinee.com
Créé le 27 juin 2025 11:00









