Dr Mamoudou Touré, SG du Ministère de l’Économie et des Finances: « Nous allons continuer à créer de la richesse »

CONAKRY- Dans un entretien accordé à Africaguinee.com, Dr. Mamoudou Touré, Secrétaire Général du Ministère de l’Économie et des Finances, a donné des détails sur l’évaluation ce Département névralgique. Il a levé le voile sur les trois axes de performance, explique les facteurs clés et évoque les défis. Dr Touré  livre également le message fort de la Primature concernant la nécessité de maintenir l’élan de réformes pour consolider la note souveraine B+ obtenue par la Guinée.

Comment s’est passée  l’évaluation  de votre Ministère ?

Dr. MAMOUDOU TOURÉ : Conformément à la lettre de mission du Premier ministre, chef du gouvernement, ainsi qu’au contrat de performance signé, le ministère de l’Économie et des Finances, a été évalué. L’exercice s’inscrit dans le cadre de la session d’évaluation des départements sectoriels.

L’objectif de cette évaluation est d’échanger sur l’état de mise en œuvre de la lettre de mission en termes de réalisation des actions et d’atteinte des objectifs stratégiques assignés à notre département. Je rappelle que trois axes ont été retenus pour le ministère de l’Économie et des Finances :

  • le premier axe porte sur la gouvernance et la gestion des finances publiques ;
  • le deuxième axe concerne la gestion des investissements et du partenariat public-privé ;
  • et le troisième axe porte sur le rôle du ministère dans la conception et la mise en œuvre des politiques économiques.

L’occasion a été mise à profit par les cadres du ministère de l’Économie et des Finances pour présenter l’ensemble des réformes initiées, ainsi que les différentes actions et initiatives lancées, qui nous ont permis d’atteindre un niveau de performance globalement très satisfaisant. Parce que nous sommes dans une moyenne de 90 % du taux d’atteinte des indicateurs de résultats initialement ciblés. Ceci est le fruit d’une panoplie de facteurs.

Le premier, c’est la vision du ministre de l’Économie et des Finances, M. Mourana Soumah, pour ce département hautement stratégique.

Le deuxième facteur, c’est la qualité des outils que nous avons élaborés en impliquant tous les cadres du département, de manière méthodique et, je dirais même, scientifique. Cela s’est fait dans un esprit de transparence totale, puisque cet exercice s’inscrit également dans le respect du principe de redevabilité.

Nous sommes des agents publics. À un moment donné, nous sommes investis d’une mission et il est tout à fait normal que nous venions rendre compte. Cette session d’évaluation nous a donc permis de rendre compte de la gestion du ministère de l’Économie et des Finances à travers les trois axes consignés dans la lettre de mission que M. le Premier ministre, chef du gouvernement, a bien voulu nous adresser.

Il faut également rappeler que ces efforts, en termes de réformes et d’initiatives, ont pour objectif final d’améliorer les conditions de vie des populations guinéennes : à travers une mobilisation accrue des ressources, la réalisation de projets d’infrastructures et d’autres projets structurants. Aujourd’hui, il suffit d’observer le paysage guinéen pour s’en rendre compte. De nombreux projets d’infrastructures sont en cours. Et il faut rappeler que le service chargé de la programmation et du suivi de ces infrastructures relève du ministère de l’Économie et des Finances. Et pour les réaliser, il faut bien entendu des financements. Nous avons également des services impliqués dans la mobilisation des ressources de financement.

Et pour terminer, compte tenu de la position stratégique du ministère de l’Économie et des Finances, nous travaillons aussi avec l’ensemble des départements sectoriels. Les résultats obtenus par ces départements portent donc, dans une certaine mesure, le sceau du ministère de l’Économie et des Finances, aussi bien en termes de mobilisation des ressources qu’en matière de gestion des dépenses publiques, notamment à travers la gestion de la chaîne de la dépense.

Quelles sont les recommandations formulées par la Primature à l’endroit votre département ?

Certes, les objectifs n’ont pas été atteints à 100 %, mais presque. Comme je viens de le rappeler, nous sommes en moyenne à plus de 90 %, ce qui est une performance à saluer. La recommandation formulée par la Primature est de poursuivre cet élan de réforme, car les résultats sont visibles et perceptibles. C’est grâce à cette dynamique que nous avons obtenu la première notation inaugurale souveraine de la République de Guinée, avec une note B+, perspective stable.

Vous savez, il est parfois facile d’être premier, mais il est très difficile de le rester. La recommandation forte de la Primature a donc été de continuer dans cette dynamique, afin de maintenir le rythme et la cadence. Et je peux vous assurer que ce message est tombé dans de très bonnes oreilles.

Cela se reflétera dans nos actions quotidiennes, pour permettre à notre pays de se repositionner sur la scène internationale, mais surtout de continuer à créer de la richesse au profit des populations guinéennes. La Primature nous a également exhortés à intensifier la collaboration avec les départements sectoriels, car leur performance dépend, dans une certaine mesure, de la qualité de l’interministérialité que nous entretenons avec eux.

Elle a aussi salué la qualité de la collaboration que nous maintenons à travers les conseillers sectoriels affectés au ministère de l’Économie et des Finances. Je dois avouer que, sous l’instruction du ministre de l’Économie et des Finances, les portes du département sont grandement ouvertes.

À chaque fois que les autres départements ont besoin de nous, nous nous efforçons d’être disponibles. Parce qu’au final, nous appartenons à la même famille et nous travaillons tous pour le même objectif : améliorer les conditions de vie de nos populations en leur permettant d’accéder aux services sociaux de base, à des infrastructures de qualité, à un système éducatif performant et à un système de santé efficace. C’est la raison d’être du ministère de l’Économie et des Finances. C’est dans cette logique que s’inscrivent toutes les actions et initiatives que nous menons au sein du département.

Vous avez parlé de 90 % de réussite. Dans les 10 % restants, qu’est-ce qui n’a pas marché au niveau de votre département ?

Alors, vous savez que dans le cadre de la mise en œuvre des activités, plusieurs facteurs entrent en jeu. Parmi ces facteurs, il peut s’agir de la disponibilité des ressources de financement. La mise en œuvre de certaines activités dépend également du concours d’autres partenaires. Si des retards sont enregistrés au niveau de ces partenaires, cela peut naturellement se répercuter sur nos propres résultats.

Il ne faut pas oublier que la programmation initiale a été faite sur la base du projet de loi de finances initiale, voté et adopté. Mais comme je l’ai dit tantôt, cette programmation reste une projection théorique. Tout dépend de la réalisation des hypothèses qui sous-tendent ce projet et cette loi de finances. Si les ressources prévues ne sont pas mobilisées, il va sans dire que cela aura des incidences sur le niveau d’atteinte des résultats.

Il faut également garder à l’esprit que ce n’est pas forcément parce que nous n’avons pas pu exécuter, mais parfois les délais incompressibles entraînent un glissement de certains indicateurs de performance. L’atteinte de certains résultats glisse donc sur l’année 2026.

Il faut enfin rappeler que la mise en œuvre des activités dépend d’un contexte dynamique, en constante évolution. Si ce contexte n’est pas favorable, cela entraîne inévitablement des retards. À cela s’ajoute le niveau d’implication et de dynamisme des autres parties prenantes dans la réalisation des activités programmées.

Propos recueillis par Siddy Koundara Diallo 

Pour Africaguinee.com

Créé le 21 novembre 2025 08:30

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