Dr Faya promet s’il est élu: « Nous allons nous débarrasser du Sénat et… »
CONAKRY- C’est un programme de rupture radicale que propose le leader du Bloc Libéral (BL). Candidat à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, Dr Faya Millimouno entend, s’il est élu, bouleverser l’architecture institutionnelle de la Guinée. Dans un entretien exclusif accordé à Africaguinee.com, il dévoile certaines de ses priorités : suppression du Sénat, fin du système de commandement territorial hérité de la colonisation et verrouillage des mandats.
Pour Dr Faya Millimouno, le constat est sans appel : l’État guinéen, dans sa forme actuelle, est une réplique du système colonial qui étouffe le développement à la base. S’il accède à la magistrature suprême, il promet de s’attaquer frontalement à ce qu’il qualifie de « pouvoir royal » du Chef de l’État.
La fin des Préfets et Gouverneurs ?
Le candidat du BL mise sur une décentralisation intégrale. Il estime que les élus locaux sont aujourd’hui « asphyxiés » par les représentants de l’État central (sous-préfets, préfets, gouverneurs).
« C’est un système colonial. C’est par ce système que nous étions contrôlés à partir de Paris et qui fait que le président de la République de Guinée n’est que le gouverneur de la colonie… Nous allons couper ce cordon-là parce que nous donnerons une véritable autonomie à nos communes », a-t-il martelé.
Son objectif est de réduire l’administration centrale au « strict minimum » pour transférer les vrais pouvoirs et les ressources vers la base, en démantelant les « tutelles asphyxiantes ».
Suppression du Sénat et du Médiateur de la République
Sur le plan institutionnel, Faya Millimouno prône une cure d’austérité et d’efficacité. Il annonce clairement la suppression de la deuxième chambre du Parlement, le Sénat, qu’il considère comme une « bureaucratie de plus » inutile pour un pays qui peine déjà à gérer une seule chambre.
« On a vu en Guinée des institutions avec un budget de 20, 30, 40 milliards de francs guinéens. Pendant dix ans, on a vu les vieux là-bas prendre un salaire… Mais quel est le bilan ? Zéro. Nous n’allons pas gaspiller les énergies et l’effort des Guinéens », tranche-t-il.
Code électoral
Abordant l’actualité législative, Dr Faya critique sévèrement le code électoral récemment élaboré par le Conseil National de la Transition (CNT). Il pointe une contradiction majeure entre ce texte et la Constitution concernant la présomption d’innocence. Pour illustrer ses propos, il prend l’exemple du président sénégalais.
« Si cette loi était en vigueur au Sénégal, Bassirou Diomaye Faye ne serait jamais candidat. Il était en détention préventive. Djomaye Faye ne serait jamais président s’il était Guinéen en vertu de ce code électoral », analyse-t-il, promettant de revoir cette loi s’il est élu.
« Jamais de troisième mandat »
Le candidat du Bloc Libéral a réitéré son attachement à l’alternance. Prenant à témoin son propre parcours au sein de son parti où il a refusé de briguer un troisième mandat à la tête du BL, il assure que cette éthique s’appliquera à la présidence.
« Je ne demanderai jamais un troisième mandat à la tête de notre pays. Ça, les Guinéens peuvent être à l’aise », réaffirme Dr Faya Millimouno.
Nous y reviendrons!
Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 20 novembre 2025 18:29Nous vous proposons aussi
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