Dr Faya pointe l’UFDG et le RPG : « Lorsque les dialogues deviennent des deals… »

Dr Faya Milimouno, leader du Bloc Libéral

CONAKRY- L'opposant Faya Milimouno vient de s'exprimer sur l'actualité sociopolitique, dominée par le démarrage timide du dialogue et la détention de plusieurs figures de l'opposition. Contrairement à beaucoup d’acteurs politiques, comme Mamadou Sylla, Bah Oury, qui estiment qu’on a mis "la charrue avant les bœufs", le président du Bloc libéral souligne qu’il est trop tôt de juger.

Pour Faya Milimouno, si de par le passé, les accords politiques n’ont pas été respectés c’est, selon lui, parce qu’ils étaient des « deals » entre le RPG et l’UFDG. Cette fois-ci, il ne souhaite pas avoir ces deals, car dit-il, l’intérêt de ces deux formations politiques ne peut pas être confondu à l’intérêt supérieur de la Guinée.

Dans cette première partie de l'interview qu'il nous a accordé, l'ancien candidat à l'élection présidentieelle de 2015, a martelé qu'il ne veut pas que le dialogue amorcé, ressemble  aux précédents qui, selon lui,  n'étaient que des deals passés entre deux ou trois partis politiques.

AFRIAGUINEE.COM : Quelle lecture faites-vous du démarrage du dialogue politique ?

DR FAYA MILIMOUNO : Le dialogue politique a démarré avec le secteur des transports qui est l’un des secteurs qui en souffrent le plus avec la fermeture des frontières. Les acteurs qui sont impliqués ont été entendus. Mon souhait, ce qu’on soit devant une caméra pour dire c’est sur quoi on s’est entendu. Qu’on fasse parler les Guinéens en faisant de va-et-vient vers les différentes entités. J’imagine que c’est ce qui est en train de se faire. Peut-être qu’il est encore trop tôt d’apporter un jugement sur ce qui est en train de se faire.

Le dialogue a démarré bien avant la composition des membres de la plateforme du cadre de dialogue. N’est-ce pas une manière de mettre la charrue avant les bœufs ?

Le choix même des entités devait être dans les préliminaires de ce dialogue à travers les contacts qu’ils faillent organiser avec celles-ci. On ne peut pas de bout en blanc imaginer des noms pour dire tel représente tel. Il faut d’abord rentrer en contact avec les entités, les écouter. Cela nous permet de savoir s’il y a un obstacle à ce que tout le monde participe, les enjeux, la signification que chacun rattache à certaines choses que traverse notre pays. Ces rencontres qui peuvent être faites avec la contribution de certaines personnalités de ce pays, j’ai même imaginé qu’une rencontre comme celle entre le cardinal Robert Sarah avec le président de la République et cette autre rencontre avec le président de l’Ufdg devaient être comprises comme étant dans une logique de ce dialogue. A mon avis, il est trop tôt de juger parce qu’on est en plein dans les préliminaires qui devaient nous permettre de relever un certain nombre de défis : la participation de tout le monde, l’entente autour d’un agenda, d’une méthodologie pour arriver à des accords qui prennent en compte l’intérêt général au lieu que ce soit un deal comme par le passé.

Aujourd’hui, l’opposition est divisée en plusieurs factions. Dans ces conditions, comment choisir ses 2 représentants au sein du cadre permanant du dialogue ?

Pour moi, le choix des personnes n’est pas important, mais chaque entité devait avoir l’opportunité de s’exprimer. Au niveau du Bloc libéral, nous sommes en train d’élaborer un certain nombre de documents pour donner notre point de vue sur les grandes questions qui concernent la vie de notre pays à ce cadre de dialogue. Nous comptons nous impliquer dans le débat pour que ce que nous pensons être pertinent pour notre pays le soit. C’est sur quoi nous allons nous entendre enfin. Pour moi, peu importe qui vont être ces représentants, le cadre doit fonctionner de telle sorte que les différentes entités (Corede, Copede, Cpr, Ufr, Ufdg, Pedn etc) chacune puisse être impliquée, avoir l’opportunité de s’exprimer.

Par le passé, les différents dialogues ont abouti à des accords qui n’ont pas été respectés. Selon vous, quelle est l’opportunité d’aller à ce dialogue ? Est-ce qu’il y a des garanties que les conclusions seront respectées ?

Notre souhait le plus important ce que le dialogue dont on parle ne ressemble en rien des dialogues précédents qui étaient des deals entre deux ou trois partis politiques.

A quels partis faites-vous allusion ?

Nous savons que le Rpg est un grand parti, l’Ufdg l’est également. Mais l’intérêt de l’Ufdg ne peut pas être confondu à l’intérêt supérieur de ce pays tout comme celui du Rpg. Lorsque les dialogues deviennent des deals entre quelques partis politiques comme si en Guinée on se regardait le front pour élaborer les énoncés de nos lois, il faut que nous ayons en tête que la chose la plus importante, c’est l’intérêt général de ce pays. Lorsque cela est pris en compte, je vous assure que nous arriverons, peut-être, à des conclusions qui seront mises en œuvre (…).   

Que pensez-vous du choix de Fodé Bangoura ?

C’est la Constitution qui a prévu un cadre de dialogue permanant sous la direction du Premier ministre qui en est le président. Considérons que le secrétaire reçoit la délégation d’une partie de ses  responsabilités de conduire le dialogue. Pour moi, c’est moins (important) de savoir qui assure le secrétariat permanant ou qui le préside. C'est la capacité collective, en tant qu’acteurs de nous respecter et de respecter les engagements que nous prenons, qui est plus important. Nous avons eu des cadres de dialogue présidés par des envoyés de l’Onu, Saïd Djinnit, Ibn Chambas, des ministres, François Lounceny Fall, Cheick Sako, Bouréma Condé. Au BL, on ne s’est pas attardé au problème du choix du secrétaire permanant. C’est vrai qu’en Guinée, le débat de personne domine, mais il ne nous amène nulle part.

Depuis le lendemain de l'élection présidentielle, certains estiment que Faya Milimouno a changé de ton vis-à-vis du régime d'Alpha Condé et qu'il est devenu moins percutant, moins critiques. Est-ce vraiment le cas ?

Nous sommes toujours critiques.  Nous critiquons de façon très objective et faisons des propositions. C’est vrai que le ton peut changer. Je sais que les Guinéens sont en train d’aller jusqu’à observer le ton que nous utilisons pour nous exprimer. Nous en sommes plutôt flattés. Nous nous félicitons que les Guinéens nous prêtent très attention. Mais, rien n’a changé dans la façon de faire la politique du Bloc libéral.  

A suivre…

Entretien réalisé par Abdoul Malick Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 669 91 96 03

Créé le 9 juillet 2021 10:26

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