Dr. Faya au Général Doumbouya : « Ne donnez pas raison à ceux qui pensent que… la vie n’est plus possible en Guinée »
CONAKRY-Alors qu’il était en partance pour le Libéria, Dr. Faya Milimouno a été « empêché » de franchir la frontière de Pamélap (entre la Guinée et la Sierra Leone), ce mercredi 24 juillet 2024. Joint par Africaguinee.com, le leader du Bloc Libéral a raconté sa « mésaventure ». Au bout du fil, il confie qu’il n’est pas sous le coup d’un contrôle judiciaire. Dans cet entretien, il a lancé un appel au Chef de l’Etat, le Général Mamadi Doumbouya et à son Premier Ministre Bah Oury.
AFRICAGUINEE.COM : Vous auriez été bloqué ce mercredi 24 juillet 2024 à la frontière de Pamelap. Pourquoi ?
DR. FAYA MILIMOUNO : C’est la question que je me pose moi-même. Parce que, depuis le matin quand je suis arrivé à Pamelap, on m’a dit que, habituellement, s’il y a une personnalité, surtout que si c’est un homme politique, on doit chercher à obtenir des instructions. Je me suis donc installé à un bureau pour attendre. Ça a duré 1 heure, ensuite 2 heures, ensuite 3 heures (…). Je me suis approché d’eux pour comprendre ce qui se passe. Je leur ai demandé s’ils n’ont pas eu des instructions…ensuite s’il y a un problème, qu’on me le dise.
Apparemment, l’officier qui était là-bas n’avait pas la réponse. Il a appelé son commandant de la Gendarmerie qui est localement là-bas qui est venu. Lui aussi ne m’a rien dit. Il a simplement dit que, habituellement, quand ils ont à faire à une personnalité, ils doivent appeler la hiérarchie pour recevoir des instructions. Alors, est-ce que le problème est au niveau de la république ? Est-ce que le problème est au niveau local ? Dans tous les cas, je n’ai eu aucune réponse à toutes les questions que j’ai posées.
Et puisque j’ai quitté très tôt le matin pour éviter de dormir à la frontière entre la Sierre Leone et le Libéria, qui ferment la frontière à 19 heures, alors j’ai décidé de rebrousser chemin en attendant de savoir qu’est-ce qu’il y a… Je suis comme ça en train de revenir sur Conakry.
Est-ce que vous aviez reçu une quelconque notification, comme quoi, vous seriez interdit de quitter le territoire ?
A ma connaissance, je ne suis pas sous contrôle judiciaire. Je n’ai aucun dossier avec la justice. Je viens de rentrer de l’extérieur. Je suis passé par l’aéroport Ahmed Sékou Touré. Et puis, j’ai été faire mon séjour, je suis revenu, on ne m’a pas causé un quelconque obstacle. C’est pour cette raison que je me pose des questions, parce que, quand-même, ce n’est pas normal.
Est-ce que vous aviez essayé de joindre un responsable du pouvoir pendant que vous étiez sur place ?
Je n’en voudrais peut-être à pas toutes les personnalités que j’ai appelées ou à qui j’ai envoyé des messages, pour leur dire que j’étais bloqué à la frontière avec la Sierre Leone, à Pamelap. Mais je n’ai pas encore reçu de réponse. Connaissant la distance entre Pamelap et la frontière avec le Libéria, je ne peux plus être là-bas avant 19 heures, alors j’ai décidé donc de rebrousser chemin.
Comment vous voyez ces agissements ?
C’est quand même inquiétant. Je crois que c’est quand-même exagéré que des guinéens, sans qu’il n’y ait un signalement quelconque sur quelque chose de compréhensible, qu’on limite le droit de mouvement aux gens. C’est exagéré et c’est très inquiétant.
Auriez-vous peut-être un appel à lancer au Chef de l’État ou à son Premier ministre ?
Si j’ai un message à lancer au président Mamadi Doumbouya et au premier ministre, c’est de faire en sorte qu’ils ne donnent pas raison à ceux qui pensent que désormais, la vie n’est plus possible en Guinée. Je pense que, à l’arrivée du CNRD, des messages forts ont été donnés, la justice devait être la boussole.
Dansa Camara
Pour Africaguinee.com
Créé le 24 juillet 2024 16:56Nous vous proposons aussi
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