Dr. Diané contre-attaque : « contrairement à ceux qui sont aux affaires en ce moment… »

CONAKRY-Alors qu’il avait gardé le silence lors de son jugement en première instance, Dr. Mohamed Diané, ancien ministre de la Défense du régime d’Alpha Condé a décidé de parler à son procès en appel qui s’est ouvert ce jeudi 6 mars 2025.

Devant la chambre des Appels de la Cour de Répression des Infractions économiques et financières (Crief), cet ancien pilier du régime déchu a clamé son innocence et tenté de balayer d’un revers de la main les graves accusations pour lesquelles il a été condamné à cinq ans de prison en décembre dernier.

Quête de justice

En détention préventive depuis trois ans, Dr. Mohamed Diané a été reconnu coupable de détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. Pour sa défense en appel, il a opté pour la contre-attaque. Explications.

« Ma présence ici ne relève pas seulement de ma défense personnelle, mais également d’une quête pour la justice, pour l’équité et le respect des droits fondamentaux qui doivent prévaloir dans toute société démocratique. Je réaffirme mon innocence face aux accusations portées contre moi, lesquelles ne reposent sur aucune preuve tangible, ni sur une base juridique solide », a attaqué l’ex tout-puissant ministre en charge des Affaires présidentielles.

Irrégularités

Pour sa défense, Dr Mohamed Diané soulève des « irrégularités flagrantes » qui, selon lui, ont entaché cette procédure depuis l’enquête préliminaire jusqu’au verdict final. Selon lui, ces irrégularités « indéniables » soulèvent des questions graves quant à l’intégrité de ce processus judiciaire et au respect des principes fondamentaux du droit.

Concernant l’accusation de détournement de déni public, cet ancien homme fort du régime d’Alpha Condé affirme qu’il est « inconcevable » qu’il soit condamné pour un délit dont les éléments essentiels n’ont jamais été « clairement établis ».

« Aucun montant précis ne m’a été reproché de l’enquête préliminaire et devant les magistrats instructeurs. Sauf curieusement, le jour de la plaidoirie, les avocats de l’agent judiciaire de l’État ont déclaré un montant de 500 000 milliards Gnf détournés, sans aucune preuve documentaire présentée à l’audience. Aucun témoin clé n’a été entendu », a-t-il martelé avant de s’interroger en ces termes :

  • Comment peut-on condamner une personne sans même savoir ce qu’elle est censée avoir détourné ?
  • Comment elle l’a fait ?
  • Et à quelle fin ces fonds auraient été utilisés ?

Allégations vagues et non étayées

Pourtant, explique Dr. Diané, en matière de détournement de deniers publics, la charge de la preuve incombe au ministère public. « C’est à lui de rapporter la preuve de l’infraction », feint-il d’enseigner, ajoutant qu’il est évident que sa condamnation repose sur les allégations vagues et non étayées. « Ce qui constitue une violation flagrante des principes fondamentaux du droit pénal », déclare l’universitaire à la barre.

En ce qui concerne les accusations d’enrichissement illicite, de blanchissement de capitaux, Dr. Mohamed Diané révèle que plusieurs biens qui lui sont attribués n’ont aucun lien avec lui. Mieux, aucune preuve n’a été fournie pour étayer ces allégations, soutient-il, avant d’assener une pique à l’endroit des autorités actuelles.

Omission délibérée de vérifier les faits

« Contrairement à ceux qui sont aux affaires en ce moment, mes déclarations de patrimoine effectuées en toute transparence devant la Cour suprême en 2011 et devant la Cour constitutionnelle en 2016 ont été ignorées », a-t-il martelé.

Selon Dr. Mohamed Diané, cette omission « délibérée » de vérifier des faits aussi sensibles démontre un parti pris évident et une volonté de le condamner « à tout prix, sans égard pour la vérité ou la justice ». Dans la même foulée, il a formulé une doléance à l’endroit des juges en charge d’instruire son dossier en appel.

Opportunité de faire ce qui est juste

« Monsieur le Président, Monsieur les juges, je vous demande de reconsidérer ce dossier avec impartialité et rigueur. Un procès équitable ne peut se fonder sur des allégations non étayées, des preuves absentes et des inégalités procédurales aussi graves. La justice doit être rendue de manière transparente et équitable, sans influence politique ni préjugée. Monsieur le Président, Monsieur les juges, je fais confiance à votre sagesse et à votre engagement envers la justice pour rétablir la vérité et réparer cette injustice. L’histoire jugera, mais c’est aujourd’hui que nous avons l’opportunité de faire ce qui est juste », a-t-il lancé.

Nous y reviendrons !

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 6 mars 2025 13:40

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