Dr. Ben Youssouf Keita, candidat du parti NFD à la Présidentielle: les coulisses d’une alliance inattendue

CONAKRY – Après avoir soulevé des obstacles “infranchissables » pour une candidature indépendante à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, Dr Ben Youssouf Keita, confirme avoir trouvé une voie alternative : il sera le candidat des Nouvelles Forces Démocratiques (NFD). Le parti fondé par l’ex-ministre Mouctar Diallo, qui a décidé de se « retirer de la vie politique pour le moment », aurait accepté de porter la candidature de Dr Keita. Dans cet entretien exclusif accordé à Africaguinee.com, l’homme politique explique les raisons de cette alliance plutôt inattendue.

AFRICAGUINEE.COM : Confirmez-vous l’information selon laquelle vous avez trouvé un parti prêt à vous porter comme candidat à la présidentielle ?

DR BEN YOUSSOUF KEITA : Oui, je vous le confirme. C’est le (parti) NFD (Nouvelles Forces Démocratiques), de l’ancien ministre Dr Mouctar Diallo.

Dans quel contexte avez-vous été désigné?

Par considération, d’abord, à cause des relations personnelles que j’entretiens avec M. Mouctar Diallo. Depuis plus de quinze ans, nous avons côtoyé des partis qui ont collaboré ensemble : c’était l’UFDG et le NFD.
Il vous souviendra que, lors de la coalition qui a porté Cellou Dalein Diallo à la présidentielle de 2010, le NFD de Mouctar Diallo était venu apporter une main forte. C’est à ce moment-là que je l’ai vraiment connu : un garçon intelligent, dynamique, en avance sur son temps. Je l’ai beaucoup apprécié. Depuis, une relation de fraternité et de respect s’est nouée entre nous.

Nous avons évolué dans des contextes différents : parfois adversaires — lorsqu’il était avec le régime précédent et que nous étions dans l’opposition —, parfois alliés. Mais au fond, nous partageons la même ambition : faire de la Guinée une locomotive du développement en Afrique, un pays où il fait bon vivre, où l’unité nationale est sacrée et où les citoyens s’unissent pour valoriser nos ressources naturelles.

Je peux dire que Mouctar Diallo est un visionnaire, un homme de conviction. De la même manière, j’ai moi aussi mes convictions. Nous partageons beaucoup de valeurs : l’humilité, l’amour des autres, la sincérité, la force de nos convictions et la détermination à aller jusqu’au bout.

C’est tout cela qui nous lie. Et comme Mouctar Diallo a décidé, pour le moment, de se retirer de la vie politique, il a trouvé normal de confier à quelqu’un d’autre le soin de faire vivre son parti et de poursuivre son idéal.
C’est ainsi qu’il a accepté ma demande de porter les couleurs du NFD, pour que notre projet de société commun puisse, un jour, accéder au pouvoir.

C’est vous qui êtes allé vers le parti « NFD » ou c’est le contraire? 

C’est nous qui avons souhaité que notre candidature à la magistrature suprême soit portée par leur parti, parce que nous partageons la même vision. Le NFD est un parti solidement implanté en Guinée, présent depuis de nombreuses années et ayant participé à plusieurs élections présidentielles. Il dispose d’une réelle expérience politique.

Et son fondateur, Dr Mouctar Diallo, il faut le dire, possède un carnet d’adresses très intéressant, qui pourrait nous être utile. Voilà tout ce qui fait que Dieu a exaucé notre vœu de trouver un parti digne de ce nom, capable de soutenir notre candidature et, si Dieu le veut, de nous propulser à la tête de ce pays. Je tiens d’ailleurs à remercier le NFD et son fondateur, le docteur Mouctar Diallo.

Vous serez donc candidat à la présidentielle du 28 décembre 2025? 

D’abord, je n’ai jamais retiré ma candidature. Même en tant que candidat indépendant, je ne l’ai jamais retirée. C’est la presse qui l’a dit, mais moi, je ne l’ai jamais affirmé. J’ai simplement expliqué qu’il existait des obstacles très sévères à une candidature indépendante.

Puisque la candidature sous la bannière d’un parti politique est également admise, il suffit, lorsqu’on trouve un parti conforme aux normes, de retirer la candidature indépendante pour se présenter au nom du parti.
C’est ce que nous avons fait. Notre ambition reste la même : participer activement au débat politique et à la gestion du pays. Nous n’avons jamais baissé les bras.

En plus de la régularité de votre candidature, il y a la caution fixée à 900 millions GNF et d’autres dépenses à engager. Comment vous allez faire pour mobiliser un tel montant? 

Vous savez, comme le stipule l’article 271, tout candidat peut être parrainé et bénéficier d’une subvention de l’État, surtout lorsqu’il se présente sous la bannière d’un parti politique.
Cette subvention couvre une partie de la campagne, et s’y ajoutent les dons et les legs autorisés.

Je reste convaincu que, grâce à notre engagement moral, notre patriotisme et ce que nous avons déjà accompli pour ce pays, nous trouverons des Guinéens — je dis bien des Guinéens — disposés à nous soutenir, financièrement et logistiquement. C’est ce à quoi s’attendent tous les candidats.

Dans notre pays, aucun candidat ne peut prétendre compter uniquement sur ses propres ressources pour mener une campagne de bout en bout. Il faut une convergence d’efforts et de contributions pour y parvenir.

Dans ce cas, êtes-vous confiant ?

Inch’Allah, je suis confiant. Je sais que des guinéens, touchés par mon engagement et mes convictions, décideront de m’apporter leur soutien, tant moral que financier. C’est à cela que je m’attends.

Y compris votre ancienne formation politique, l’UFDG (Union des Forces Démocratiques de Guinée) ?

Toute aide qui nous permettra d’avancer est la bienvenue. Que ce soit l’UFDG, l’UFR, le PEDN, le PADES ou d’autres mécènes, tout Guinéen désireux de soutenir notre candidature et de nous accompagner sera le bienvenu. L’argent n’a ni beurre ni couleur spécifique. Lorsqu’il est acquis honnêtement et provient d’une source digne, il est le bienvenu.

A suivre!

 

Entretien réalisé Par Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 27 octobre 2025 08:43

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