Double scrutin du 31 mai : des candidats dénoncent le non-remboursement des cautions et le non-paiement des subventions

CONAKRY – Plusieurs candidats ayant pris part aux élections législatives et communales du 31 mai 2026 dénoncent le “non-remboursement” de leurs cautions ainsi que le “non-versement” des subventions destinées à financer leurs campagnes électorales. De Conakry à l’intérieur du pays, de nombreux représentants politiques affirment n’avoir reçu aucun de ces fonds à ce jour, malgré de multiples démarches auprès des autorités compétentes.

Interrogés par Africaguinee.com, plusieurs responsables politiques ont exprimé leur incompréhension. Certains estiment que l’État leur doit encore plusieurs dizaines, voire centaines de millions de francs guinéens.

Le Bloc Libéral (BL) affirme n’avoir rien reçu

Le président du Parti Bloc Libéral (BL), Oumar Sanoh, déplore une situation générale sur l’ensemble du territoire national : « C’est la même réalité de Conakry à l’intérieur du pays : nous n’avons rien reçu pour l’instant, ni caution ni subvention. Aucune liste n’a perçu de fonds, que ce soit durant la campagne, après le communiqué de la DGE demandant la création d’un compte de campagne, ou même après la proclamation des résultats définitifs.

Pourtant, nous avons accompli toutes les démarches administratives. Lorsque la DGE a prétendu que les dossiers comportaient de simples numéros de compte au lieu de relevés d’identité bancaire (RIB) conformes, nous avons constitué un dossier complet réunissant tous les RIB de nos différentes listes, déposé avec accusé de réception. Malgré cela, nous n’avons eu aucun retour.

Pire encore, pour des cas précis comme nos candidatures à Kissidougou Centre, Guendé ou sur la liste plurinominale à Guékédou, la caution avait été payée et validée par la DGE. Notre candidature n’ayant pas été retenue dans la liste provisoire, j’ai écrit à la DGE pour réclamer la restitution des 170 millions de francs guinéens dus au parti. À ce jour, cette demande est restée sans suite. Il est déplorable que nos courriers restent sans réponse, alors que nous disposons de toutes les preuves de dépôt. »

À N’Zérékoré, un candidat réclame 175 millions de francs guinéens

À N’Zérékoré, le candidat du parti FRONDEG aux législatives, Cécé 1 Délamou, dénonce à son tour ce retard. Selon lui, les subventions auraient dû être versées en priorité pour couvrir les frais de campagne engagés par les candidats.

« Il est anormal de parler de la caution avant de régler la subvention, qui devait être versée pendant ou avant la campagne. À mon niveau, la subvention s’élève à 75 millions GNF et nous n’avons rien perçu. Quant à la caution, bien que j’aie obtenu plus de 20 % des suffrages, elle ne m’a toujours pas été restituée. Cela contrevient aux principes d’équité dans un État de droit.  La contradiction politique est le moteur du développement, mais si l’on pénalise ceux qui expriment des positions divergentes, le principe d’équité est rompu. À ce jour, l’État me doit 175 millions de francs guinéens », a soutenu ce candidat.

Constat similaire à Labé et Conakry

À Labé, un candidat ayant requis l’anonymat confirme n’avoir perçu aucune somme, bien que sa liste ait franchi le seuil requis. « Rien n’a été versé sur notre compte bancaire. La subvention devait intervenir durant la campagne pour amortir nos dépenses. Quant à la caution, c’est de l’argent propre que nous avons mobilisé et que nous n’arrivons pas à récupérer », a-t-il confié.

Dans la capitale, plusieurs candidats joints par Africaguinee.com font état du même blocage, alors même que leurs listes ont, selon eux, obtenu plus de 5 % des suffrages exprimés.

La DGE évoque des procédures administratives en cours

Contactée par Africaguinee.com, une source au sein de la Direction Générale des Élections (DGE), s’exprimant sous couvert d’anonymat, affirme que le versement des subventions aurait déjà été effectué. « En ce qui concerne les subventions, à ma connaissance, la situation a été réglée pour l’ensemble des acteurs. Concernant le remboursement des cautions pour les candidats ayant atteint le seuil des 5 %, les virements sont gérés au niveau du Trésor public et de la Banque centrale dans le cadre des procédures administratives habituelles. Les candidats éligibles seront remboursés », a précisé notre interlocuteur.

Ce que stipule le Code électoral guinéen

Le Titre V du Code électoral (consacré aux dispositions financières et aux pénalités) encadre le versement des subventions et la restitution des cautions. L’Article 274 stipule que les campagnes électorales sont financées par les ressources propres des candidats, les dons, mais aussi par des subventions de l’État accordées de manière équitable.

Les cautions sont versées au Trésor public contre quittance. La caution non remboursée sert à couvrir les frais d’impression des bulletins de vote (Article 277).

Article 278 dit que la caution est intégralement remboursée dans les 70 jours suivant le dépôt des comptes de campagne auprès de la Cour des comptes, notamment pour :

  • Tout candidat ou liste ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés ;
  • Toute liste ayant obtenu au moins un siège ;
  • Tout candidat dont les dépenses n’ont pas dépassé le plafond autorisé.

Les candidats doivent déposer leurs comptes de campagne accompagnés des justificatifs auprès de la Cour des comptes dans les 30 jours suivant la proclamation définitive des résultats (article 282).

Nous y reviendrons !

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 17 août 2026 14:40

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