Djibril Wagué : « Nous voulons faire de l’UNIPOD de Mamou une référence nationale en matière d’innovation et d’entrepreneuriat »
CONAKRY- Nommé récemment à la tête de l’UNIPOD de l’Institut Supérieur de Technologie de Mamou, Djibril Wagué affiche de grandes ambitions pour ce centre d’innovation soutenu par le PNUD. Dans cet entretien accordé à Africaguinee.com, il présente sa vision, ses priorités et les mécanismes qu’il entend mettre en place pour accompagner les jeunes de l’idée à l’entreprise, tout en faisant de l’UNIPOD un acteur majeur de l’innovation et de l’entrepreneuriat en Guinée.
AFRICAGUINEE.COM: Vous venez d’être nommé directeur de l’UNIPOD de Mamou. Quel sentiment vous anime au moment de prendre ces nouvelles fonctions ?
DJIBRIL WAGUE: Je suis animé par un profond sentiment de satisfaction et de gratitude à la suite de cette nomination. Cette responsabilité revêt pour moi une signification particulière, car elle me permet d’évoluer dans un domaine qui me passionne profondément : la transformation des mentalités, la promotion de l’innovation et le développement de l’entrepreneuriat des jeunes en République de Guinée. Diriger l’UNIPOD de Mamou représente à la fois un honneur et une opportunité de contribuer concrètement à l’émergence d’une nouvelle génération de créateurs, d’innovateurs et d’entrepreneurs capables de proposer des solutions aux défis de notre pays. Je mesure pleinement l’importance de cette mission et je l’aborde avec beaucoup d’enthousiasme, de détermination et un fort esprit de service.
Pour les lecteurs qui ne connaissent pas encore cette structure, pouvez-vous nous présenter l’UNIPOD de Mamou et expliquer sa mission ?
L’UNIPOD de Mamou est un centre d’innovation, de prototypage, d’incubation et de transfert de technologies implanté au sein de l’Institut Supérieur de Technologie de Mamou dans le cadre de l’initiative panafricaine timbuktoo, soutenue par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).
Sa mission principale est de permettre aux étudiants, aux jeunes diplômés, aux chercheurs et aux porteurs d’idées de transformer leurs connaissances et leurs idées en solutions concrètes répondant aux défis de la société. L’UNIPOD met à leur disposition un environnement complet comprenant des laboratoires d’innovation, des espaces de fabrication numérique, des programmes de formation en Design Thinking, du mentorat, ainsi qu’un accompagnement à l’entrepreneuriat et à la création de startups.
Plus qu’un simple espace technologique, l’UNIPOD est un véritable catalyseur de talents. Il vise à développer chez les jeunes la créativité, l’esprit d’initiative, la capacité à résoudre des problèmes et la culture de l’innovation. À travers ses programmes, il favorise également la collaboration entre l’université, le secteur privé, les institutions publiques et les partenaires au développement afin de créer un écosystème propice à l’émergence de projets innovants à fort impact économique et social.
Notre ambition est de faire de l’UNIPOD de Mamou une référence nationale en matière d’innovation et d’entrepreneuriat technologique, tout en contribuant à l’émergence d’une nouvelle génération de jeunes créateurs d’emplois et de solutions pour la Guinée et pour l’Afrique.
Vous affirmez vouloir faire de l’UNIPOD de Mamou une référence nationale en matière d’innovation et d’entrepreneuriat. Comment comptez-vous concrétiser cette ambition ?
Faire de l’UNIPOD de Mamou une référence nationale en matière d’innovation et d’entrepreneuriat ne se résume pas à disposer d’infrastructures modernes ou de laboratoires équipés. Il s’agit avant tout de créer un véritable écosystème où les idées se transforment en solutions, les projets en entreprises et les talents en leaders du changement.
Pour concrétiser cette ambition, nous allons agir sur plusieurs axes stratégiques. D’abord, renforcer la culture de l’innovation au sein de l’Institut Supérieur de Technologie de Mamou en sensibilisant massivement les étudiants, les enseignants et les jeunes diplômés aux méthodes de Design Thinking, de prototypage et d’entrepreneuriat innovant.
Ensuite, nous mettrons en œuvre des programmes structurés d’incubation et d’accompagnement, notamment à travers l’initiative « UNIPODBOOST », qui vise à identifier les meilleurs projets de fin de cycle des étudiants et à les accompagner depuis l’idée jusqu’à la phase de commercialisation. Notre objectif est de faire émerger chaque année des startups viables capables de répondre aux défis locaux et nationaux.
Nous allons également renforcer les liens entre l’université, le secteur privé, les collectivités, les partenaires techniques et financiers ainsi que les institutions publiques afin que les innovations développées à l’UNIPOD répondent aux besoins réels du marché et de la société.
Par ailleurs, nous comptons valoriser davantage la recherche appliquée, protéger la propriété intellectuelle des innovateurs et favoriser le transfert de technologies vers les entreprises et les communautés.
Enfin, nous voulons positionner l’UNIPOD de Mamou comme une plateforme ouverte à l’ensemble de l’écosystème d’innovation guinéen. À travers des concours, des hackathons, des démonstrations de produits, des programmes de mentorat et des partenariats nationaux et internationaux, nous créerons des opportunités permettant aux jeunes talents de développer des projets à fort impact.
Notre ambition est qu’à moyen terme, lorsqu’on parlera d’innovation, de prototypage ou de startups technologiques en Guinée, l’UNIPOD de Mamou soit identifié comme un modèle de référence et un moteur de transformation économique et sociale.
Quelles seront vos priorités durant vos premiers mois à la tête de cette institution ?
Mes premières priorités seront avant tout de poser des bases solides pour le développement durable de l’UNIPOD de Mamou. Pour cela, je compte commencer par un diagnostic complet de l’existant afin d’évaluer les infrastructures, les équipements, les ressources humaines, les procédures de gestion ainsi que le niveau d’utilisation actuel des différents espaces et laboratoires. Cet état des lieux nous permettra d’identifier clairement les forces, les insuffisances et les opportunités d’amélioration.
La deuxième priorité sera la mise en fonctionnement optimale des laboratoires et des espaces d’innovation. L’objectif est que chaque laboratoire devienne un véritable outil d’apprentissage pratique, de prototypage et de création de solutions innovantes au service des étudiants, des chercheurs et des jeunes entrepreneurs.
Nous travaillerons également à renforcer les compétences des équipes techniques et à mettre en place un programme de stages pratiques pour les étudiants, afin de leur permettre d’acquérir une expérience concrète sur les équipements et technologies disponibles à l’UNIPOD.
Parallèlement, nous engagerons une dynamique de collaboration avec les enseignants, les entreprises, les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs de l’écosystème entrepreneurial afin de créer des passerelles entre la formation, l’innovation et les besoins réels du marché.
Enfin, nous lancerons progressivement des programmes d’incubation et d’accompagnement des projets innovants, notamment à travers l’initiative UNIPODBOOST, qui vise à transformer les meilleurs projets académiques en opportunités entrepreneuriales concrètes. Mon ambition est que dès les premiers mois, l’UNIPOD soit perçu comme un espace vivant, productif et ouvert, où les jeunes peuvent apprendre, expérimenter, créer et entreprendre.
L’UNIPOD dispose de sept laboratoires d’innovation. Quels types de projets ou de secteurs souhaitez-vous particulièrement encourager ?
L’UNIPOD de Mamou dispose effectivement d’un potentiel exceptionnel à travers ses différents laboratoires d’innovation. Notre ambition est d’encourager en priorité les projets à fort impact économique et social, capables de répondre aux besoins réels de nos communautés.
Nous accorderons une attention particulière aux secteurs de l’agriculture intelligente, des énergies renouvelables, de la fabrication numérique, de l’électronique, de la robotique, et des solutions digitales, ainsi que de la transformation du bois, du textile et des industries créatives.
Notre objectif est que chaque laboratoire devienne un espace où les jeunes passent de l’idée à l’action, puis du prototype à l’entreprise.
Vous évoquez l’accompagnement des jeunes « de l’idée à l’entreprise ». Quels mécanismes concrets envisagez-vous pour transformer les projets en startups viables ?
Transformer une idée en une entreprise viable nécessite un accompagnement structuré à chaque étape du parcours entrepreneurial. À l’UNIPOD de Mamou, nous allons mettre en place un dispositif complet allant de l’idéation jusqu’à la commercialisation des produits ou services développés.
Tout commence par l’identification des problèmes à résoudre et la génération d’idées innovantes à travers les méthodes de Design Thinking. Les porteurs de projets seront ensuite accompagnés dans la conception et le développement de prototypes grâce aux équipements et aux laboratoires de l’UNIPOD.
Une fois les prototypes réalisés, nous mettrons l’accent sur la validation du marché, l’élaboration du modèle économique, le renforcement des compétences entrepreneuriales et l’accompagnement à la création d’entreprise. Les projets les plus prometteurs bénéficieront de mentorat, de coaching technique et d’un accès à notre réseau de partenaires, d’investisseurs et d’entreprises.
À travers notre programme UNIPODBOOST, nous souhaitons notamment identifier les meilleurs projets étudiants et les accompagner progressivement vers la création de startups capables de générer de la valeur, de créer des emplois et d’attirer des financements.
Notre vision est simple : faire en sorte que les innovations développées à l’UNIPOD ne restent pas dans les laboratoires, mais deviennent des solutions concrètes, des entreprises performantes et des moteurs de développement pour la Guinée.
En Guinée, de nombreux étudiants réalisent des mémoires ou des projets de fin d’études qui restent inexploités. Comment l’UNIPOD peut-il contribuer à leur valorisation économique ?
L’UNIPOD peut jouer un rôle déterminant dans la valorisation économique des projets de fin d’études en les transformant en solutions concrètes répondant à des besoins réels du marché. Grâce à nos laboratoires, nos programmes d’incubation et notre accompagnement entrepreneurial, les étudiants pourront passer du simple mémoire académique à un prototype fonctionnel, puis à une startup ou une entreprise.
Notre objectif est de faire en sorte que les projets de recherche et d’innovation ne restent plus dans les bibliothèques, mais deviennent des opportunités de création de richesse, d’emplois et de développement pour la Guinée.
En tant qu’ingénieur informaticien, quel rôle les technologies numériques et l’intelligence artificielle peuvent-elles jouer dans le développement local et la création d’emplois ?
Les technologies numériques et l’intelligence artificielle constituent aujourd’hui de puissants leviers de développement économique et social. Elles offrent à nos jeunes la possibilité de créer des solutions innovantes dans des secteurs aussi variés que l’agriculture, la santé, l’éducation, l’administration publique, le commerce ou encore l’environnement.
En Guinée, l’intelligence artificielle peut par exemple contribuer à améliorer la productivité agricole, optimiser la gestion des entreprises, faciliter l’accès aux services publics et développer de nouveaux services numériques adaptés à nos réalités locales.
Au-delà de l’innovation, ces technologies représentent également une formidable opportunité de création d’emplois. Elles favorisent l’émergence de nouveaux métiers dans les domaines du développement logiciel, de l’analyse des données, de la cybersécurité, de la robotique, de l’automatisation et des services numériques.
À l’UNIPOD de Mamou, notre ambition est de préparer les jeunes à ces métiers d’avenir, mais aussi de les accompagner pour qu’ils deviennent des créateurs de solutions et d’entreprises technologiques capables de générer des emplois et de contribuer à la transformation économique de notre pays.
Comment comptez-vous associer les universités, les centres de recherche, le secteur privé et les collectivités locales à la dynamique de l’UNIPOD ?
L’UNIPOD ne peut atteindre ses objectifs qu’à travers une forte collaboration avec l’ensemble des acteurs de l’écosystème. Nous comptons établir des partenariats stratégiques avec les universités à travers la direction des Pôles de valorisation de l’innovation et de l’entrepreneuriat- (Pôles ViE) et centres de recherche pour valoriser les résultats de la recherche, avec le secteur privé pour identifier les besoins du marché et faciliter l’insertion des jeunes.
Les jeunes entrepreneurs sont souvent confrontés à des difficultés de financement. L’UNIPOD prévoit-il de faciliter leur accès aux investisseurs ou à des dispositifs d’accompagnement financier ?
Oui, c’est l’une de nos priorités. L’UNIPOD a vocation à servir de passerelle entre les jeunes innovateurs et les opportunités de financement. Nous travaillerons avec les institutions financières, les investisseurs, les programmes d’appui à l’entrepreneuriat, le PNUD et les partenaires techniques afin de faciliter l’accès des porteurs de projets aux financements, aux subventions, aux concours d’innovation et aux mécanismes d’accompagnement adaptés à leur niveau de maturité.
Notre rôle sera de préparer les projets à devenir crédibles, bancables et attractifs pour les investisseurs, afin d’augmenter leurs chances de succès et de croissance.
Quels sont, selon vous, les principaux freins à l’innovation et à l’entrepreneuriat en Guinée, et comment comptez-vous les surmonter à l’échelle de Mamou ?
Les principaux freins à l’innovation et à l’entrepreneuriat en Guinée sont notamment le manque d’information à des sources des financement ,l’insuffisance d’accompagnement technique, le faible accès aux infrastructures d’innovation, ainsi que le déficit de culture entrepreneuriale et d’innovation chez certains jeunes.
À l’échelle de Mamou, notre réponse consistera à créer un environnement favorable où les jeunes pourront être formés, accompagnés, mentorés et connectés aux opportunités de financement et aux partenaires. L’UNIPOD jouera ainsi un rôle de catalyseur en transformant les idées innovantes en projets viables et en renforçant les liens entre l’université, le secteur privé et les institutions de développement.
Quels indicateurs permettront d’évaluer le succès de votre mandat dans deux ou trois ans : nombre de startups créées, emplois générés, brevets déposés ou autres critères ?

Le succès de mon mandat ne se mesurera pas uniquement par le nombre de startups créées, mais par l’impact réel de l’UNIPOD sur l’écosystème d’innovation de la région.
Parmi les principaux indicateurs que nous suivrons figurent :
Le nombre de jeunes formés et accompagnés dans les programmes de l’UNIPOD ;
Le nombre de projets incubés et de prototypes développés ;
Le nombre de startups créées et effectivement opérationnelles ;
Les emplois directs et indirects générés par ces startups ;
Le nombre de partenariats stratégiques conclus avec les entreprises, institutions et partenaires techniques ;
Le nombre de projets de recherche valorisés et de technologies transférées vers le marché ;
Le nombre de brevets, modèles d’utilité ou autres formes de propriété intellectuelle enregistrés ;
Le volume de financements mobilisés au profit des porteurs de projets.
Dans deux ou trois ans, je souhaiterais surtout que l’on puisse constater que l’UNIPOD de Mamou est devenu un véritable vivier d’innovateurs, un centre de référence pour l’entrepreneuriat technologique et un acteur concret de création d’emplois et de solutions pour le développement de la Guinée.
Souhaitez-vous nouer des partenariats avec des acteurs nationaux et internationaux pour renforcer les capacités de l’UNIPOD de Mamou ? Si oui, lesquels ?
Absolument. Le développement de l’UNIPOD de Mamou repose en grande partie sur la qualité des partenariats que nous serons capables de construire aux niveaux national et international. L’innovation est avant tout un travail de réseau et de collaboration.
Au niveau national, nous souhaitons renforcer nos relations avec les universités et centres de recherche, les ministères sectoriels, les chambres consulaires, les entreprises privées, les institutions financières ainsi que les organisations d’appui à l’entrepreneuriat afin de créer davantage d’opportunités pour les jeunes innovateurs.
Au niveau international, nous comptons capitaliser sur le réseau timbuktoo et développer des collaborations avec le PNUD, les autres UniPods africains, les centres d’innovation, les incubateurs, les universités de référence, les investisseurs, les fondations et les acteurs technologiques qui partagent notre vision de l’innovation comme moteur de développement.
Notre objectif est de faire de l’UNIPOD de Mamou une plateforme ouverte sur le monde, capable de connecter les talents guinéens aux opportunités, aux expertises et aux marchés nationaux, africains et internationaux.
Quel message adressez-vous aux étudiants, aux jeunes diplômés et aux porteurs de projets qui hésitent encore à franchir le pas de l’entrepreneuriat ?
Mon message est simple : n’attendez pas que toutes les conditions soient réunies pour commencer. Toutes les grandes innovations et les grandes entreprises sont nées d’une idée, d’un rêve et surtout du courage d’agir.
Aux étudiants, aux jeunes diplômés et aux porteurs de projets, je voudrais dire que leurs idées ont de la valeur. N’ayez pas peur d’échouer, car chaque échec est une étape vers l’apprentissage et la réussite. Osez expérimenter, osez créer et osez entreprendre.
L’UNIPOD de Mamou est là pour vous accompagner, vous former, vous orienter et vous aider à transformer vos idées en solutions concrètes et en opportunités économiques. L’avenir n’appartient pas à ceux qui attendent, mais à ceux qui innovent, créent et passent à l’action.
Enfin, où imaginez-vous l’UNIPOD de Mamou à l’horizon 2030 ?
À l’horizon 2030, j’imagine l’UNIPOD de Mamou comme un véritable pôle d’excellence en innovation, en entrepreneuriat technologique et en transfert de technologies, reconnu non seulement en Guinée, mais également au sein du réseau africain timbuktoo.
Je souhaite voir un UNIPOD capable d’accompagner chaque année des centaines de jeunes innovateurs, de générer des startups à fort impact, de créer des emplois durables, de valoriser la recherche universitaire et de contribuer concrètement au développement économique et social de notre pays.
Mon ambition est également que l’UNIPOD de Mamou devienne un espace où se rencontrent étudiants, chercheurs, entrepreneurs, industriels, investisseurs et partenaires internationaux pour construire ensemble les solutions de demain.
Je profite de cette occasion pour adresser mes sincères remerciements au Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, à la Direction de l’Institut Supérieur de Technologie de Mamou ainsi qu’au Programme des Nations Unies pour le Développement pour leur vision et les efforts conjugués qu’ils déploient en faveur de la jeunesse, de l’entrepreneuriat, de l’innovation et de la transformation de notre système d’enseignement supérieur.
Si nous maintenons cette dynamique de collaboration et d’investissement dans le potentiel de notre jeunesse, je suis convaincu qu’en 2030 l’UNIPOD de Mamou sera une référence nationale et régionale, un incubateur de talents et un moteur de création de richesse au service de la Guinée et de l’Afrique.
Entretien réalisé par Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 21 juin 2026 16:42Nous vous proposons aussi
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