Django Cissé, « formateur » de Mory Djely : « Nous sommes les Malinkés de type A…”

CONAKRY- Après son décès en France à l’âge de 56 ans samedi dernier, l’artiste Mory Djely Deen Kouyaté a eu droit à un symposium qui a été organisé, ce dimanche 30 juin 2024 au palais du peuple.

A cette occasion, de grandes personnalités, amis du défunt, formateur et proches ont pris part à cette cérémonie du dernier adieu au « Bélébéléba » de la musique guinéenne.

Django Cissé, actuel président de la délégation spéciale de la mairie de Kindia a été l’un des formateurs de feu Mory Djely Deen. Il se souvient de leur passé:

 » J’ai eu la chance de former le défunt Mory Djely Deen Kouyaté. Nous sommes de tous de Siguiri. Nous sommes les Malinkés de type A, original. Nous sommes tous nés à Siguiri et avons grandi là-bas. Le modèle de société qui était là, engagé par la révolution, a fait qu’on n’a pas attribué seulement l’art à une classe. Tout le monde est encré à apporter quelque chose en artiste, chanson, c’est ce modèle qui a permis que je découvre le talent de ces ces jeunes comme feu Kaba, Mory Djely, Fousseyni Diallo et Sékouba Bambino. Je les ai vus très jeunes, les ai encadrés pour les mettre sur la voie, et j’ai compris qu’ils avaient leur destin maintenant dans le groupe”, a-t-il rappelé.

La particularité de Mory Djely, c’est d’abord son efficacité, il est original, les thèmes qu’il abordait, concernaient notre société, ajoute le doyen:

Tout ce qu’il donnait comme chanson avait un impact sur l’éducation des enfants, de la famille, ça mettait la joie et même temps ça mettait en garde contre la guerre et toute discorde. Il a développé beaucoup de thèmes dans ses chansons. Par exemple il a parlé de la projection sur l’avenir, il a conseillé aux uns et aux autres de toujours penser à l’avenir ”, a-t-il expliqué.

 

Monsieur Django Cissé appelle aux autorités à mettre en place un mécanisme pouvant faire bénéficier les familles ou proches de toutes ces anciennes gloires de la musique guinéenne, les retombées de leurs œuvres.

Beaucoup de cadres sont décédés. C’est le cas de Mafila Kanté, de Djely Fodé, de Lancinet Kanté de Horoya Bande et autres, ils ont tout donné à la Guinée mais aujourd’hui ils ne sont plus là. Alors, j’ai dit qu’il faut faire un répertoire, un retour en arrière au niveau du ministère de la culture pour pouvoir récupérer les après de ces artistes qui ont tout donné à la Guinée, pour qu’ils puissent avoir au moins une prime pour faire au moins vivre leur famille. Parce que c’est des gens qui ont tout donné à la Guinée”, a-t-il conclu.

Sayon Camara 

Pour Africaguinee.com

Créé le 30 juin 2024 16:14

Nous vous proposons aussi

TAGS

étiquettes: ,