Disparition mystérieuse de Mariama Bah : Témoignage “bouleversant” du Dr Amadou Wansan Bah
L’inquiétude et l’angoisse gagnent la famille Bah depuis la disparition mystérieuse de Mariama Bah domiciliée au quartier camp carrefour Nassouroulaye. Cette adolescente née en 2006 est portée disparue depuis le mardi 12 mai 2026, soit une semaine après la mort de son père biologique. Interrogé par Africaguinee.com, son oncle Dr Amadou Bah, médecin à Conakry, connu sous le nom de « Dr Wansan » a livré un témoignage bouleversant ce samedi 23 mai 2026, évoquant une affaire aux ramifications inquiétantes, mêlant déplacements transfrontaliers, réseaux clandestins et présumé trafic d’êtres humains entre la Guinée et la Sierra Leone.
Selon les explications du médecin, tout commence dans la matinée du 12 mai. Ce jour-là, Mariama Bah quitte le domicile familial très tôt, aux environs de 6 heures du matin, sans prévenir clairement ses proches. Alerté par la mère de la jeune fille, Dr Amadou Bah dit avoir immédiatement cherché à comprendre les circonstances exactes de cette sortie soudaine.
« Sa mère m’a expliqué qu’elle avait quitté la maison sous prétexte d’aller voir un marabout parce qu’elle souffrait de douleurs au ventre », raconte-t-il. D’après les dernières informations recueillies auprès de la famille, la jeune fille aurait même appelé pour rassurer ses proches en affirmant qu’elle était “en route pour rentrer”. Mais depuis cet échange, plus aucun signe de vie.
Face au silence prolongé de l’adolescente, l’inquiétude s’est rapidement transformée en panique. Dr Bah affirme avoir immédiatement saisi la Brigade de recherches. Une plainte officielle pour disparition (présumée) a alors été déposée.
Mais l’affaire prend rapidement une tournure encore plus alarmante. Les informations communiquées au médecin par les services de recherche, indiquent que le téléphone de Mariama aurait été localisé à Pamalap, à la frontière entre la Guinée et la Sierra Leone. Les enquêteurs auraient ensuite établi qu’elle avait embarqué dans un véhicule en direction de Makeni, une grande ville située au nord de la Sierra Leone.
Une révélation qui pousse le Dr Amadou Bah à entreprendre le déplacement vers ce pays voisin afin de retrouver la trace de sa nièce. Selon ses explications, la jeune fille était en contact régulier avec un jeune homme avant sa disparition. Les échanges téléphoniques se seraient poursuivis même après son arrivée supposée à Makeni.
Une fois sur place, le médecin guinéen affirme avoir mobilisé plusieurs contacts communautaires et administratifs. Il dit avoir été mis en relation avec des responsables de ressortissants guinéens vivant en Sierra Leone, notamment un chef de quartier du nom d’Amadou Sadjo, basé dans la région de Freetown, ainsi qu’avec Moussa Kourouma, présenté comme responsable des affaires sociales des ressortissants guinéens à Makeni. « Nous nous sommes rendus ensemble dans un commissariat appelé Mena Police Station afin de signaler officiellement la disparition de ma fille », explique Dr Bah.
Au fil des investigations, le médecin affirme avoir découvert l’existence d’un réseau présumé de trafic d’êtres humains opérant entre la Guinée et la Sierra Leone. Selon les informations qu’il dit avoir reçues de responsables communautaires et de certains contacts liés à l’ambassade de Guinée en Sierra Leone, plusieurs jeunes Guinéens seraient attirés vers Makeni sous de fausses promesses de voyage vers l’Europe, le Canada, les États-Unis ou encore l’Australie. « On leur fait croire qu’ils peuvent obtenir des papiers et voyager facilement. Une fois arrivés ici, certains se retrouvent piégés », dénonce-t-il.

Dr Bah évoque également l’existence d’une structure illégale qui se présenterait comme une prétendue représentation diplomatique guinéenne à Makeni. Derrière cette organisation se trouverait, selon ses déclarations, un homme nommé Moussa Dounou, présenté comme le cerveau principal du réseau. Le médecin affirme même que ce dernier ferait déjà l’objet de poursuites internationales.
Plus troublant encore, Dr Amadou Bah affirme que des opérations menées avec l’appui de la police locale à Makeni auraient permis de découvrir plusieurs ressortissants guinéens retenus dans une maison située dans la localité de Magburuka, non loin de Makeni. « Nous avons retrouvé plusieurs jeunes Guinéens qui auraient été détenus là-bas. Ils ont été remis à la police », soutient-il.
Dans cette affaire, la famille affirme également avoir reçu des appels de présumés ravisseurs réclamant une rançon de deux millions de francs CFA. Les interlocuteurs auraient utilisé un numéro commençant par l’indicatif +223, correspondant au Mali. Les ravisseurs auraient indiqué que Mariama se trouverait à Tombouctou. Une version que rejette catégoriquement Dr Bah. « Ma fille n’est pas à Tombouctou. Toutes les informations que nous avons (de la police) montrent qu’elle se trouve actuellement à Makeni », insiste-t-il.
Autre élément troublant : la disparition de Mariama Bah intervient seulement une semaine après le décès de son père biologique. Selon Dr Bah, la jeune fille avait quitté le domicile avec une somme de 650.000 francs guinéens correspondant à une contribution familiale liée au décès.
Aujourd’hui, la famille lance un appel pressant aux autorités guinéennes, notamment au ministère des Affaires étrangères, afin qu’une coopération sécuritaire et diplomatique soit engagée avec la Sierra Leone pour retrouver la jeune fille saine et sauve. « Nous demandons l’implication urgente des autorités. Il faut démanteler ces réseaux et sauver nos enfants », plaide Dr Amadou Bah.
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 23 mai 2026 20:43Nous vous proposons aussi
TAGS
étiquettes: Enlèvement









