Disparition de Foniké et Billo: Le cri du cœur de l’épouse d’Oumar Sylla

CONAKRY – Ce mercredi 9 juillet 2025 marque le premier anniversaire de la disparition de deux activistes de la société civile guinéenne, Mamadou Billo Bah et Oumar Sylla Foniké Mengué.

Dans une interview exclusive accordée à Africaguinee.com ce même jour, Madame Sylla Hawa Djan Doukouré, l’épouse d’Oumar Sylla, exprime sa douleur et son désarroi face à cette situation. Elle lance également un appel aux autorités de la transition.

AFRICAGUINEE.COM : 9 juillet 2024- 9 juillet 2025, cela fait un an jour pour jour depuis que votre mari et son ami Billo sont portés disparus. Comment vivez-vous ces moments ?

HAWA DJAN DOUKOURE : En effet, cela fait un an aujourd’hui que nous n’avons aucune nouvelle de mon mari et de son ami Billo Bah. C’est une situation pénible de réaliser que 360 jours se sont écoulés. Il est vraiment regrettable de constater que dans un pays comme la Guinée, après toutes ces années de lutte, ce genre de choses puisse arriver. Une personne peut disparaître ainsi, et on a l’impression qu’on fait les signes du singe : les oreilles bouchées, les yeux fermés, la bouche muette. On nous regarde sans rien pouvoir dire. C’est triste, mais il faut que chacun sache qu’aujourd’hui, ce qui nous arrive pourrait aussi arriver à d’autres (nous ne le souhaitons pas). Depuis le 9 juillet 2024, l’attente est insoutenable. Si quelque chose doit être fait, qu’on le fasse maintenant pour nous aider à retrouver nos maris.

Qu’avez-vous personnellement fait pour retrouver votre mari ?

Le silence des institutions est brutal face à toutes les demandes que nous avons déjà faites. Aujourd’hui, nous apprenons à vivre avec leur absence, mais personne ne peut vivre avec l’injustice. Nous essayons de progresser parce que c’est ce qu’il faut faire. Mais au fond, quand tout est calme, vous réalisez que rien n’est normal.

Nous vivons avec une douleur profonde, mais aussi une grande colère que je parviens à contenir face à mon impuissance. Cependant, je ne perds ni ma détermination ni mon courage. Oumar Sylla n’était pas une menace ; nous n’étions une menace pour personne. C’était un mari et un père aimant envers sa famille, ainsi qu’un citoyen engagé et avec beaucoup de convictions pour son pays.

Quel message avez-vous à adresser aux autorités ?

Aux autorités, je dirais qu’il est inutile de prolonger cette situation. Ce que je demande n’est pas un privilège, c’est un droit. Nous voulons des nouvelles. Nous demandons sa libération ainsi que celle de ses compagnons.

Propos recueillis par Mamadou Yaya Bah

Pour Africaguinee.com

Créé le 9 juillet 2025 12:57

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