Diouldé Sow, député de Pita : « Mon bilan et ma vision pour ma préfecture… »

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PITA-Fier de son bilan qu’il brandit avec beaucoup de joie, l’honorable Mamadou Diouldé Sow, le député uninominal de Pita a de nombreux projets en perspective pour les populations de sa localité. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, le parlementaire qui ambitionne de briguer une nouvelle mandature à la future Assemblée Nationale dresse son bilan et décline ses perspectives.


 

AFRICAGUINEE.COM : Les guinéens iront certainement aux urnes le 16 Février prochain pour élire leurs députés. Vous avez représenté les populations de Pita pendant 5 ans à l’Assemblée Nationale. Que peut-on retenir comme bilan de vos actions à Pita ? 

HONORABLE MAMADOU DIOULDE SOW : Pour parler de mon bilan, il faudra un peu de temps pour tout dire. Mais allons à l’essentiel pour parler des grandes lignes que nous avons pu faire avec l’aide des ressortissants bien-sûr.  

La grande mobilisation contre le virus est Ebola quand il s’est déclaré à Pita, nous avons réussi à être devant pour sauver Pita. Nous avions équipé toutes les mosquées de Pita, tous les marchés et les gares routières de kits de lavage de main  à la rentrée et à la sortie. Nous avons formé des personnes pour la sensibilisation, nous avons distribué du savon, du riz, de chlore avec la direction préfectorale de la santé qui est toujours en train de dire merci pour notre implication.  

Dans le cadre de l’autonomisation des jeunes, j’ai construit un atelier de soudure et je l’ai ’équipé. Un belge est venu pour former une vingtaine de jeunes avec des attestations qui ont sanctionné la fin de la formation et cet atelier est là. C’est plusieurs familles de Pita qui vivent de ces fruits et j’en suis fier. Toujours dans le cadre de l’accompagnement des jeunes, j’ai mis en place une équipe de football. Aujourd’hui ils sont devenus des grands garçons, je les entretiens. Ils se sont transformés en association, aujourd’hui  ils portent le nom du député Diouldé Sow, c’est mon équipe. Je continue encore les distributions d’équipements de football, de baskets et autres pour les jeunes de Pita.  

Pour le reboisement ou la restauration du couvert végétal, nous avons réussi à mettre sur pied une pépinière d’une capacité d’un million(1.000.000) de plants. Entre 2016, 2017 et 2018 nous avons donné 22 000 plants pour aider à  reboiser les lits des cours  d’eau et certaines zones publiques. Nous l’avons fait pour toutes les sous-préfectures y compris la commune urbaine. Nous sommes même allés au-delà  de notre juridiction pour octroyer des plants à Dalaba, à Mamou, à Dubreka, Kindia  même Koundara a eu 2 000 plants. Gaoual et Lelouma ont aussi bénéficié de nos pépinières. La dernière fois que j’allais à Dakar par la route, j’étais heureux, vous ne pouvez pas imaginer mon bonheur  quand j’ai vu que certains plants que j’ai offerts à Koundara ont poussé. 

Toujours dans l’appui des populations, nous avons mis en place une ONG pour aider à opérationnaliser, formaliser et à structurer beaucoup d’organisations de femmes qui évoluent dans la saponification et la teinture. Nous avons négocié avec la FINADEV des taux préférentiels sur la base   de l’ONG. Nous avons accompagné des femmes à faire de la pomme de terre et la teinture. Dans le cadre de la saponification, j’ai été jusqu’en Côte d’Ivoire pour acheter du matériel à hauteur de 2 tonnes pour aider les femmes à faire du savon. Nous l’avons fait en poudre et format kabakoudou (savon local). C’est cet appui que les femmes ont du député uninominal. J’en suis fier.

Dernièrement, nous avons pensé aux problèmes de santé qui touchent les populations. Comme le diabète, la tension. Suite à une longue réflexion, nous avons construit un centre de référence régionale pour les maladies non transmissibles. Nous avons signé une convention de partenariat avec le ministère de la santé et de l’hygiène publique. Ils sont même venus accompagner l’ouverture du centre. Nous ne vous dirons pas que nous sommes très équipés mais nous avons ce qu’il faut. Nous venons même d’acheter du matériel pour aider davantage les femmes en état de famille. Parmi le lot de matériels, il y a un lit ultra moderne, un gynéco-obstétrique moderne avec tous les appareils de chirurgie. Nous attendons le chirurgien qui vient du Maroc pour lancer le service. À cela, s’ajoute  le forage pour les populations de Guemé d’une capacité de 9 000 litres par jour. Je suis heureux que tout ce quartier soit approvisionné en eau.  

Et tout récemment avec les feux mystérieux survenus dans certaines localités de Pita, à Doghol, à Ley Miro à Ninguelandè, nous sommes intervenus pour venir en aide aux sinistrés. Donc, le député était là j’ai pu mobiliser pour Ninguelandè toute la diaspora, chacun a apporté sa contribution y compris les ressortissants installés à Conakry. 

Parlant des activités à l’Assemblée Nationale, que peut-on retenir de votre mandat parlementaire ?

Je suis de la commission des affaires étrangères, d’ailleurs le vice-président de la commission mais aussi président du groupe d’amitié de la Belgique, le Luxemburg, les Pays-Bas. Le Benelux en quelque sorte.  Dans le cadre de ce groupe d’amitié sur initiative du président Cellou Dalein, nous avons invité ici le Pr. Francis Delpérée qui est un éminent professeur reconnu mondialement. Il est président de l’académie internationale sur le droit constitutionnel. Le président Cellou m’a choisi comme chef de projet. Nous l’avons reçu à l’Assemblée Nationale après, nous avons organisé un atelier où nous avons eu la cour constitutionnelle, l’INDH, le ministère des droits de l’Homme et les trois groupes parlementaires, le RPG, l’alliance républicaine et les libéraux démocrates. Un bon cours sur la constitution a été suivi ainsi que sur les libertés publiques. J’ai pensé aussi qu’il fallait faire profiter les étudiants et les professeurs de droit en Guinée du passage du professeur Delpérée. Nous avons contacté l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia où le professeur est venu discuter avec les étudiants tout un après-midi. Nous avons choisi l’UNC (Université Nogo-Conakry, Ndlr) pour ce qui est des universités privées. Il y a eu un engouement total de la part des participants. J’ai fait aussi des prospections au niveau de plusieurs parlements en Europe notamment à Bruxelles. 

Au final, nous avons initié une coopération  entre l’Assemblée Nationale et le Parlement belge en matière d’échange, de voyage d’études entre parlementaires. Nous avons négocié l’appui des travailleurs parlementaires parce que pour un député il vient et il passe mais si les travailleurs parlementaires sont bien formés, n’importe quel élu qui vient, quel que soit son niveau, il a les éléments techniques pour lui permettre de faire bien son travail. 

Il  y a aussi une mission que nous avons effectuée à Saint Petersburg en 2017 avec le président de l’Assemblée nationale, à l’occasion de la conférence de  l’union interparlementaire internationale. En marge de la conférence, nous avons négocié avec le consul de Guinée pour voir une possibilité de faire bénéficier aux étudiants guinéens des formations sur des éléments pointus dans les domaines de la recherche scientifique et des nouvelles technologies pour leur permettre d’être qualifiés dans tous les domaines. Ce qui est aussi intéressant dans cette mission, c’est la possibilité des travailleurs guinéens notamment de la fonction publique d’aller faire des perfectionnements. Ça été une idée séduisante pour moi et à l’issu de toutes les discussions il y a eu une signature de protocole d’entente entre l’Assemblée Nationale à travers son président honorable Kory Kondiano et le consul de Guinée dans ce pays. 

Dernièrement aussi, nous avons fait une mission de haut niveau organisée par le secrétariat à la défense du Département d’Etat  à Washington DC où nous avons participé au premier forum parlementaire africain pour la sécurité. Il était question du rôle du parlementaire sur le système de défense d’un pays à travers le contrôle budgétaire et des orientations. A notre retour, nous avons fait une restitution pour nos collègues de l'Assemblée Nationale pour montrer tout le poids d’un parlementaire sur le secteur de la défense. 

La dernière mesure, c’était de voir dans quelle mesure nous allons aider l’Etat, le gouvernement guinéen à doter à la Guinée d’un plan national de sécurité parce que ça n’existe pas aujourd’hui. Dans ça, il faut voir le plan global de sécurité environnemental, alimentaire, sécuritaire. Donc nous sommes sur ça jusqu’à maintenant. 

Et dans le cadre aussi des guinéens de l’étranger, nous avons travaillé pour faciliter l’obtention des passeports pour les guinéens de la diaspora. Des démarches ont aussi été faites auprès du ministère des affaires étrangères afin qu’il mobilise les guinéens de la diaspora à travers un réseau comme au Mali, au Sénégal parce que la diaspora joue un rôle très important dans le cadre du développement du pays. Il y a des pays où la diaspora est l’élément numéro 1 du financement extérieur. Donc nous voulons que ça soit le cas en Guinée parce qu’il y a une forte concentration guinéenne à l’étranger. Dans la même lancée, nous avons pensé qu’il fallait commencer à discuter sur comment trouver un poste, deux voire trois pour les guinéens de l’étranger à l’Assemblée Nationale pour les représenter. Ce n’est pas acté pour le moment mais j’ai particulièrement mené la démarche comme dans tous les pays du monde, pour représenter les guinéens de l’étranger au moins sur la liste nationale.  

Quelles sont vos perspectives pour les populations de Pita si vous êtes réélu député à la future Assemblée ?

J’ai déjà beaucoup travaillé sur le Soft. Pour moi Pita est la préfecture la plus dynamique. En ressources humaines, si vous prenez la diaspora guinéenne à l’extérieur, l’essentiel vient de Pita. Ils ont la mobilité comme culture par excellence. On peut avoir au bas mot 500,000 personnes à travers le monde qui soient des gens actifs, qui travaillent et qui peuvent donner 1 dollar ou 1 euro. Mon idée est de mettre en place la CARPE (la coordination des associations des ressortissants de Pita à l’étranger). Nous avons déjà travaillé pour la formulation du projet en élaborant le règlement intérieur. Je travaille avec des personnes qui sont en Belgique, à Londres comme Alpha Souleymane où nous sommes très avancés pour faire à l’image de Télémélé. Pour le concrétiser, j’ai fait venir tous les élus de Pita ou les maires de Pita. Je voulais aussi que ça soit les deux maires UPR, j’ai envoyé l’ensemble des maires à Conakry pour faire leurs passeports. Mon idée c’est de faire un voyage d’étude avec eux au Sénégal, les contacts sont déjà pris. C’est les élections  qui avaient fait qu’on n’a pas effectué ce voyage. Nous partirons avec des plans d’action issus de leurs PDL (plan de développement local). Chacun ira échanger avec les associations des ressortissants de sa commune en vue d’intégrer les préoccupations des ressortissants vivant au Sénégal. Après, on va se retrouver tous dans un endroit pour que chaque commune rurale et son maire fassent le compte rendu de son plan d’action.  

Mon espoir et mon défi  c’est de pouvoir faire ça. Le parrain de ce projet sera Moussa Para qui va être un bel exemple pour nous à Pita. Il était d’accord à parrainer cette mission à Dakar. On allait inviter certains bureaux de ressortissants pour mettre en place la CARP pour en faire une école d’auto développement. Parce qu’il ne faut pas que nos maires soient des maires pour baptême ou de mariage, mais des maires pour le développement. Avec la visite au Sénégal, ils vont rencontrer d’autres maires qui ont à peu près les mêmes réalités qu’eux. Ils vont voir comment les gens là gèrent. Comment  ces derniers gèrent les communes, l’environnement, les aménagements du territoire et tout le reste. Voici en quelque sorte ma vision pour la prochaine législature.  

 

Propos recueillis par Alpha Ousmane Bah (AOB)

Pour Africaguinee.com

Tél. : (+224)664  93 45 45

Créé le 16 décembre 2019 10:22

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