Des « progrès réalisés » dans la conduite de la Transition en Guinée ? Aliou Bah répond à la Cédeao…

Aliou Bah, président du MoDeL

CONAKRY-Alors que la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) se félicite des « progrès réalisés » dans la conduite de la transition guinéenne, certains acteurs politiques guinéen soutiennent le contraire, affirmant qu’il s’agit d’une lecture « erronée » de la réalité. C’est le cas de Aliou Bah, leader du parti MoDel.

Pour cet acteur politique membre des forces vives, cette perception des leaders ouest-africains sur la transition en cours en Guinée, traduit « un réflexe de survie » et de « recherche de son dernier souffle » pour la Cedeao.

« Cette lecture erronée, parce que très éloignée de la réalité que vivent nos compatriotes, reflète plus un choix de comparaison entre le mal Guinéen et le pire des trois pays du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger) qui sont aussi en transition. D’ailleurs tout porte à croire que c’est la base du chantage que fait le CNRD à la CEDEAO et à certains pays étrangers. Toujours est-il que cette lecture n’est ni un progrès ni une raison de satisfaction pour les populations guinéennes dont le calvaire et l’incertitude caractérisent le quotidien et l’avenir », répond Aliou Bah qui s’est confié à Africaguuinee.com.

Lire aussi-Transition guinéenne : La Cédéao se félicite des “progrès réalisés” et exhorte les autorités à un dialogue inclusif…

Réunis ce dimanche 07 juillet à Abuja pour le 65ème sommet ordinaire de l’organisation, les dirigeants ouest-africains ont décerné une note “satisfaisante” au régime guinéen, demandant à la Commission de dépêcher une mission technique à Conakry pour approfondir davantage la collaboration avec la Guinée. La Cedeao a adouci le ton vis-à-vis de Conakry qui a réaffirmé son appartenance à la Communauté régionale.

Il n’y a rien de surprenant (à cela), selon Aliou Bah, d’autant plus que, selon lui, lorsque le CNRD avait annoncé avoir conclu un accord “dynamique” avec la CEDEAO, il savait que l’usage de l’expression n’était pas « fortuit ».

« C’était une façon de préparer les arguments pour rendre élastique la durée de la transition, donc que son prolongement soit à volonté. Heureusement que cela ne trompe aucune personne lucide car à l’époque de la combine, j’avais personnellement attiré l’attention de l’opinion publique sur la subtilité du jeu de mots qui démontre la mauvaise foi de la CEDEAO et du CNRD », fait observer ce responsable politique.

Aliou Bah pense que c’est d’ailleurs pour toutes ces raisons que la junte avait refusé un dialogue inclusif car, il était évident qu’aucun acteur politique et social sérieux n’aurait signé un « accord de trahison » contre les intérêts de la Guinée.

« Dans un contexte de crise profonde du multilatéralisme, le pouvoir des institutions et de la communauté internationales, se réduit aux déclarations et résolutions sans effets. Ceux qui ne le comprennent pas, l’apprendront à leurs dépens. Il appartient donc aux populations de décider de leur avenir, et d’agir en conséquence selon leur mentalité et leurs ambitions », prévient le Président du MoDel.

A suivre !

Africaguinee.com

Créé le 8 juillet 2024 10:51

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