Délaissement d’enfants : le TPI de Dixinn condamne plusieurs parents, deux prévenus relaxés »

Tribunal de première instance de Dixinn

CONAKRY- Le tribunal de première instance (TPI) de Dixinn a rendu sa décision ce mercredi dans le dossier impliquant plusieurs parents poursuivis pour « délaissement d’enfants hors d’état de se protéger ». Cette affaire fait suite à l’interpellation, par les forces de sécurité, de plusieurs mineurs retrouvés dehors après 22 heures dans différents quartiers de Conakry.

À l’issue des débats, le tribunal a ordonné la fin des poursuites contre Étienne et le journaliste Ibrahima Sory Camara, qui ont été remis en liberté.

Les cinq (5) autres prévenus ont, quant à eux, été condamnés à trois mois d’emprisonnement avec sursis et au paiement d’une amende de 500 000 francs guinéens chacun.

Pourtant, au cours de l’audience, le parquet avait requis trois mois de prison assortis de sursis ainsi qu’une amende de deux millions de francs guinéens contre chacun des prévenus.

Durant les débats, plusieurs parents ont tenté de convaincre le tribunal qu’ils n’avaient jamais abandonné leurs enfants, invoquant surtout des difficultés sociales et économiques.

À la barre, Ibrahima Sory Camara, journaliste de profession, s’était dit surpris par les poursuites engagées contre lui.

« J’ai été surpris. L’enfant était à une kermesse et il est rentré à 22 heures pour demander à manger avant de ressortir. Moi, j’étais à Mandiana pour la couverture médiatique des élections. Lorsque ma sœur m’a informé qu’elle avait été interpellée, j’ai pris sa place parce qu’elle est malade », avait-il expliqué.

Poursuivi pour délaissement d’enfants âgés de 13 à 16 ans, il avait soutenu que ses enfants n’étaient nullement abandonnés.

« C’est ma femme qui fait habituellement le commerce, mais elle a été victime d’un accident. Aujourd’hui, c’est ma fille qui la remplace. Lorsqu’il se fait tard, j’envoie mes enfants chercher leurs sœurs pour rentrer à la maison. C’est sur le chemin qu’un pick-up de la gendarmerie les a arrêtés. Mes enfants sont scolarisés. Ce n’est certes pas une bonne chose de laisser ses enfants dehors après 22 heures, mais ils ne sont pas abandonnés », avait-il insisté.

Le père d’une fillette de 9 ans avait lui aussi sollicité la clémence du tribunal.

« Je demande à l’État de me pardonner. Cette fille n’est pas ma fille biologique, mais elle est scolarisée. Elle était sortie avec d’autres enfants pour se rendre au mariage de mon oncle, au terrain de Lambandji. C’est là qu’elle a été interpellée. J’étais sous la douche lorsqu’on m’a annoncé son arrestation », avait-il déclaré.

De son côté, Saran, mère d’une adolescente de 16 ans, avait expliqué que sa fille l’aidait dans ses activités commerciales afin de soutenir la famille.

« Je fais du commerce et ma fille apprend la couture. Après l’atelier, elle vient souvent m’aider à vendre du pain. C’est dans ce contexte qu’elle a été interpellée aux environs de 22 heures. Mon mari est malade et reste à la maison. Je vends du pain pour subvenir aux besoins de la famille. Nous vivons même chez mon grand frère parce que nous n’avons pas les moyens », avait-elle confié.

Reconnaissant que les enfants ne devraient pas travailler tard dans la nuit, elle avait demandé l’indulgence du tribunal.

Cette affaire, suivie avec attention au TPI de Dixinn, remet au centre des débats la question de la protection des enfants, mais également les difficultés socio-économiques auxquelles sont confrontées de nombreuses familles à Conakry.

Yayè Aïcha Barry

Pour Africaguinee.com

Créé le 10 juin 2026 17:13

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